À chacun son métier et les "pays" seront bien gardés

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samedi 18 novembre 2006

à chacun son métier et les "pays" seront bien gardés

Gêné


 

Le gouvernement canadien Harper trébuche sur le plan international. Ses discours anti-Kyoto et la faiblesse de sa ministre de l’environnement Rona Ambrose font rougir les Canadiens.

 

Le discours de la ministre devant la Conférence des Nations Unies sur le réchauffement climatique à Nairobi a été une vraie honte. Elle est venue étaler devant les pays du monde les problèmes internes du Canada. Pour justifier les propos anti-Kyoto du PM Harper, elle a blâmé l'ancien gouvernement. De plus, elle a accusé les opposants canadiens (gouvernement provinciaux, environnementalistes, etc…) à sa politique sur l’environnement de vouloir faire de la politique avec ce débat. Quelle conne ! Elle ne sait même pas que l’on ne fait pas état des disputes internes canadiennes sur le plan international. Au lieu d’écouter, de comprendre l’importance du problème que pose le réchauffement de la planète et de constater l’unanimité qui se fait de plus en plus par tous les pays sur ce problème, qui sera le plus grand que l’humanité aura connu, elle est venue à cette importante tribune faire de la petite politique. Quelle différence avec la prestation de Stéphane Dion, alors ministre de l’environnement du Canada, lors de la conférence précédente tenue à Montréal. Il l'avait présidée et en était sorti avec les éloges de toutes les Nations. Aujourd’hui, c’est exactement le contraire qui se passe.

 

En plus, hier, à cette même conférence, la ministre française de l’écologie, Nelly Olin, est venue critiquer la position du Canada sur Kyoto et applaudir « la politique et le courage du Québec qui engage une politique extrêmement forte ». Cette incartade diplomatique m’a choqué. Je n’accepte pas que la France, où un autre pays, vienne se mêler des débats sur les politiques de notre pays. Nous n’avons pas besoin d’eux pour régler nos affaires. C’est vrai que Québec fait bien et donne l’exemple, mais même si nous sommes en désaccord avec le PM Harper sur sa position anti-Kyoto nous savons que l’on finira par lui faire comprendre le bon sens ou que l’on le mettra simplement à la porte. J’aurais le goût de dire à la ministre française : « Wooh... Nelly ! ».

 

À propos de la France, la politique anti-Kyoto du Canada nous fait mal dans l’opinion publique française. Hier soir, j’ai rencontré trois couples français et quelle a été ma surprise de les entendre s’indigner que le Canada n’ait pas signé le protocole de Kyoto. Ils ne comprenaient pas que le Canada, si grand, si beau, avec un environnement unique, de l’eau en abondance et des richesses forestières sans pareilles, puisse poser un tel geste. J’ai eu de la peine à les convaincre que nous avons effectivement signé le protocole. J’ai fait le tour de la situation en expliquant le tournant que voulait donner le PM Harper à notre politique sur ce sujet. J’ai compris alors le tort qu’il fait subir à la réputation de pays exemplaire et de leader de bonnes causes que le Canada a dans le monde.

 

Il est temps que le PM Harper se ressaisisse. Il doit changer ses ministres. Le Secrétaire d’État aux Affaires Extérieures, le ministre Peter Mackay, doit être remplacé (voir mes blogs du 21 août 2006 et du 28 octobre 2006 ). La décision devient de plus en plus importante car les journaux du Canada reconnaissent maintenant qu’il est « vert et sans expérience et qu’il n’écoute pas les hauts fonctionnaires et diplomates de son ministère ».  Quant à la démission de la ministre de l’environnement Rona Ambrose, celle-ci a fait la preuve cette semaine de cette nécessité.

 

Claude Dupras