24 juillet 2005

A toute action il y a une réaction

Inquiet


Mon ami Mansour m'a fait parvenir ce message aujourd’hui :

 

Cher ami,

Hier matin, quand j'ai appris que la police londonienne avait tué un innocent, ma première réaction a été que la victime était uniquement la conséquence de l'état d'esprit névrosé de toutes les forces de sécurités anglaises après tout ce qui s'est passe ses deux semaines. Et cela vient de ce faire confirme par le Scotland Yard lui même aujourd'hui avouant que la pauvre victime des réactions intempestives des forces de sécurités anglaises n'avait rien avoir avec les dernières actions de violence vis a vis de l'Angleterre. Si je t'en parle aujourd'hui c'est que je redoute que cet incident ne pourra que renforcer encore le mécontentement de toute la communauté musulmane en Angleterre.


Tony Blair peut crier a tue-tête tous les jours que l'Angleterre n'est pas contre toute la communauté musulmane anglaise mais les faits sur le terrain ne font que contredire ces propos. Déjà des dizaines de mosquées en Angleterre ont été agressés. De plus, une pauvre nigérienne a été la victime de la vindicte populaire anglaise.


Aujourd'hui les ghettos musulmans (arabes ou pakistanais) sont pratiquement sous occupation militaire des services de sécurité anglaise. Et cette présence renforcée des forces de sécurité ne fera qu'aggraver la colère des jeunes de ces ghettos. Je ne vois pas comment l'Angleterre pense justement séparer la majorité de la communauté musulmane anglaise de la petite minorité de fous de dieu avec une telle stratégie que nous avons connu pendant 8 ans en Algérie durant la guerre de libération connue sous le nom euphémique de pacification des populations par la force et la peur.

 

Mansour

 

Il y a beaucoup de vrai dans ce que dit Mansour. Un principe physique est quà toute action, il y a une réaction. La violence engendre la violence.

 

J’ai toujours crû que Bush avait mal réagi à l’attaque du 9 septembre 2001 en s’en prenant à l’Irak sans raison apparente (remarquer que je ne suis pas là pour défendre Saddam Hussein). Il a fait de même avec ses politiques partisanes sur la question palestinienne. Cela a engendré une réaction de violence à chaîne dans le monde musulman. Plusieurs pays en subissent depuis les contrecoups, dont: l’Espagne et l’Angleterrre (qui ont appuyé Bush en Irak), hier l’Égypte (avec son gouvernement fantoche soutenu financièrement par Bush), et hier deux haut-fonctionnaires algériens ont été kidnappés en Irak. Nonobstant tous les efforts, les guerres, les bombardements, les milliards de $ dépensés, les milliers de morts et de blessés, la situation s’envenime. Pendant ce temps-là, Ben Laden et le chef des Talibans  sont encore en liberté et les récentes attaques montrent bien que le centre nerveuxdu réseau Al Qaeda est toujours vivant et fort malgré que plusieurs de ses chefs aient été tués.

 

La solution réside, comme Mansour et moi avons écrit dans mes blogs précédents, dans la reconnaissance de la source du problème et en agissant pour le régler. Cela prendra des années mais au moins les gens concernés sauront que l’on s’adresse à leurs préoccupations. Cela ne pourra qu’avoir un effet bienfaiteur.

 

Par contre, je ne comprends pas mon ami de réagir comme il le fait face à la situation de Londres. Il me semble que la police britannique et Scotland Yard agissent de façon remarquable et avec beaucoup de retenue. La mort du jeune brésilien tué par la police est regrettable mais je ne crois pas que l’on puisse vraiment la blâmer car, malheureusement, de tels dérapages surviennent dans des situations d’intenses émotions. Je suis surpris qu’il n’y en ait pas eus davantage.

 

Quant aux paroles de Blair, il me semble dire ce qu’il faut dire. Je crois que c’est aux leaders musulmans anglais de prendre le leadership pour calmer les esprits dans leur communauté respective et de travailler en liaison étroite avec les autorités gouvernementales. Ces communautés sont si importantes en Angleterre qu’ils n’ont vraiment pas le choix car tout peut leur éclater en plein visage et, à ce moment-là, la situation deviendra incontrôlable.

 

À suivre...

 

Claude Dupras