Boisclair ?

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samedi 3 décembre 2005

Boisclair ?

Inquiet

 

Je veux féliciter André Boisclair d’avoir réussi à prendre la tête du parti Québécois. Ce n’est pas une mince réussite car ce parti est un grand parti démocratique, qui regroupe des partisans de toutes tendances dont plusieurs ne sont pas toujours tendres envers leur leader. J’ai de l’admiration pour son engagement personnel en politique car j’ai toujours cru que la politique est la plus importante activité et j’apprécie ceux qui y donnent leur temps et leur énergie, quelque soit le parti auquel ils adhèrent. Comme disait mon père :  « la politique est ce qu’il y a de plus important, elle influence nos vies et tout le monde devrait s’en occuper ». Même si je ne supporte pas de toute évidence les visions d’indépendance politique du parti Québécois, il faut reconnaître qu’il a apporté des réformes importantes pour le bien être des Québécois et qu’il est important pour l’équilibre politique au Québec

 

Comme la plus part des observateurs, j'avais prévu, suite à la course au leadership, que Boiclair gagnerait. Mais dès le début je ne le voyais comme un homme de la trempe des anciens PM qui ont dirigé le Québec. Je m’attendais à ce que le parti produise un candidat mieux préparé pour la tâche très difficile de premier ministre. J’ai été étonné d’apprendre que Boisclair n’avait pu compléter son baccalauréat, malgré qu’il se dise diplômé de Brébeuf. J'ai été surpris qu’après avoir laissé tomber son poste de député, le 17 août 2004, pour se dédier à un cours à Harvard, qu'il annonce, à peine dix mois plus tard, sa candidature à la direction du parti. Il soutient avoir obtenu durant ce temps un diplôme en administration publique (c’est vite fait et surprenant pour Harvard ! ).

 

Malgré qu’il parle beaucoup et bien, ce n’est pas un intellectuel et, même s’il est en politique depuis 16 ans, son bilan est pauvre en réalisations et en réformes importantes

 

Le dernier chef élu par un congrès du parti Québécois fut Pierre-Marc Johnson qui avait obtenu une majorité plus grande que celle de Boisclair. Deux ans plus tard, il avait dû démissionner à cause de la pression des purs et durs du parti même s’il était un homme fort qui avait du caractère. Ce sont les mêmes qui, avec l’ex PM Parizeau à leur tête, avaient obtenu celle de René Lévesque, l'idole du Québec. Ils ont aussi ébranlé l’ex PM Bouchard au point de le forcer à quitter prématurément son poste, et voté la défiance contre l’ex PM Landry lors du dernier congrès du parti.

 

Combien de temps durera Boisclair ? C’est à mon point de vue, une question pertinente à ce moment-ci. S’il est « un bon petit garçon » et suit diligemment la ligne du parti comme il l’a affirmé le soir de son élection (je crois que cette affirmation était un signe de faiblesse), il n’aura pas de problèmes internes mais perdra vite l’appui populaire. Par contre, s’il se tient debout et agit comme un vrai leader dans l’intérêt des Québécois, nonobstant la ligne du parti, comme certains de ses prédécesseurs, je crains pour lui. A-t-il l’étoffe d’un chef ? Seul l’avenir nous dévoilera qui est le vrai Boisclair ? Je ne suis pas très optimiste

 

Claude Dupras