Coluche, c'est ça que ça donne un humoriste !

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Le 23 juillet 2016

Coluche, c’est ça que ça donne un humoriste !

Coluche, le plus grand humoriste français, était un « philosophe et humaniste » qui dans sa salopette aimait dire ses quatre vérités. Il avait une tête politique capable d’aborder les grands problèmes de la société et démontrait qu’il était en avance sur son temps avec une liberté de ton et d’imagination qui scandalisait déjà à l’époque. Ses amis le voyaient comme « un personnage angoissé, d’une grande intelligence et très généreux, avec une réflexion forte sur la vie ».

Il revendiquait parfois la « grossièreté » mais « sans jamais être vulgaire ». On lui avait demandé si on pouvait tout se permettre, il avait répondu « oui, absolument tout, sauf ne pas faire rire ». Sans vulgarité.

Coluche défendait aussi les plus faibles et, malgré ses immenses succès sur scène, il a créé les « Restos du Cœur » pour leur servir des repas. Aujourd’hui, « 30 ans après sa mort, ils en servent de plus en plus pour subvenir aux 8 millions de français qui vivent sous le seuil de la pauvreté. L’an dernier seulement, ils en ont distribué 128 millions durant l’hiver ». C’est la plus grande œuvre et le vrai héritage de Coluche.

Coluche a même failli être candidat à la présidence française en 1981. Un sondage lui donna 16% d’appuis et a généré des pressions énormes du petit monde de la politique qui ont « fini par ne plus le faire rire ». Il lâcha prise. Mais son influence a persisté. Par exemple, le Parlement a voté à l’unanimité « l’amendement Coluche permettant aux contribuables de déduire de leurs impôts une partie de leurs dons aux associations ».

Il est mort happé sur sa moto en 1986, par un camion, sur une petite route du sud de la France. Les Français venaient de perdre leur amuseur public numéro 1 et ils se souviennent encore de son immense talent. Il conserve la faveur générale puisqu’il n’est pas rare de l’entendre fréquemment, encore aujourd’hui, à l’émission quotidienne de la radio française « Rires et Chansons » où on reprend ses sketchs moqueurs et satiriques, à la demande générale. C’est ainsi que je l’ai découvert depuis quelques années.

Les 30 ans de sa mort ont été marqués par la publication d’une littérature abondante, telle « Le Pavé Coluche », l’Almanach Coluche », « Chez Coluche »…

Il est un modèle pour les humoristes d’aujourd’hui.

 

 

Voici quelques phrases qui rappellent son humour tranchant sur les évènements de son pays :

Sur le racisme :

« La France est le seul pays arabe à ne pas être en guerre ».

 « Tous ces étrangers seraient bien mieux dans leur pays… La preuve : nous, on y va bien en vacances ».

 Sur les LGBT :

« Il était communiste et homosexuel. On l’appelait l’embrayage de gauche. Parce que c’est la pédale de gauche ».

« Les homosexuels ne se reproduisent pas entre eux et pourtant ils sont de plus en plus nombreux ».

Sur le capital et les syndicats :

« Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme ! Le syndicalisme c’est le contraire ».

« Les syndicats, c’est pour donner raison à des gens qui ont tort ».

Sur les associations juives :

« C’est un chanteur israélite, tellement il avait le pantalon moulé : non seulement on lui voyait le sexe, mais aussi on lui voyait la religion ».

« Drôle d’époque où ce sont les Allemands qui font des affaires et les juifs qui font la guerre ».

Sur le tour de France :

« Mettons que les sportifs arrêtent le doping. On aura l’air malin, nous, devant nos téléviseurs à attendre qu’ils battent les records hein ! Et puis le tour de France, pour arriver le 14 juillet, il faudra qu’il parte à Noël ».

Sur le pape :

« Dieu a dit : « Mangez, c’est mon corps ; buvez c’est mon sang ; touchez pas, c’est mon cul ».

C’est l’abbé Pierre qui présida à ses funérailles pour rappeler son aide aux plus dépourvus. Au cimetière de Montrouge à Paris, le gardien des lieux affirme que « la sépulture de Coluche est de loin celle que l’on nous demande, le plus souvent, presque tous les jours ». Le caveau de l’humoriste est constamment fleuri par les visiteurs qui laissent aussi leur message particulier. Et, au centre-ville de Montrouge, la ville a fait ériger une statue en bronze, sur la place de la Libération, qui consiste seulement en une salopette, le vêtement de spectacle de Coluche.

Cela démontre bien la qualité de ce grand homme et surtout le vide qu’il a laissé. C’est ça que ça peut donner un humoriste !

Claude Dupras

 

 

 

 

Sources : « Le Dauphin libéré », notes personnelles.