dimanche 5 mars 2006   
le "oui" de Montréal
Triste


 

Je viens de prendre connaissance de la position de la ville de Montréal sur le déménagement du Casino. Tout comme le maire, la ville dit « oui ». Mais à lire la liste de ses craintes la réponse de la ville aurait dû être « non » ou du moins « noui ».

 

C’est triste de constater son manque de courage et de vision.

 

La ville s’attarde à des coûts hors de l’ordinaire et affirme ne pouvoir les estimer et veut les refiler à Québec, aux promoteurs ou à d’autres. Elle craint que les revenus ne couvrent pas ses dépenses pour l’installation de systèmes municipaux et les services normaux que donne une ville. Qui va payer la décontamination du secteur industriel qu’est le bassin Peel ?  Et les risques de sécurité dus au transport ferroviaire (matières dangereuses) et maritime de la région? Quel sera l’impact de ce développement sur la valeur foncière des alentours et l’impact du déménagement du bureau-chef de Loto-Québec sur le centre-ville ?

 

Quant aux impacts sociaux, qui sont à mon point de vue primordiaux dans ce dossier, la ville se demande comment Loto-Québec travaillera avec le milieu avoisinant du complexe ? Elle admet qu’il y a là une population à risque, et s’interroge sur le nombre de machines vidéopokers qui y seront installées, et ajoute « Il faut aussi être sensible à l'image (et à la réalité) de l'implantation de cette richesse, axée sur des activités relatives au jeu, à proximité d'une population ayant un revenu moyen parmi les plus faibles à Montréal ». Comme si Loto-Québec, qui est en conflit d’intérêt, va décider de couper ses revenus pour protéger les pauvres de Montréal.          

 

La ville ne cite aucun avantage et pourtant elle dit « oui » et le maire proposait même la semaine dernière une ligne de tramway en surface entre le centre-ville et le bassin. Ce n’est pas sérieux !

 

 Au lieu d’attendre le rapport de recommandations du comité interministériel, présidé par Guy Coulombe (le maire ou son représentant n’a pas eu droit à une rencontre avec ce comité), la ville plonge sans savoir s’il y a de l’eau dans la piscine. Pourquoi? Pour plaire à qui?

 

Montréal est une ville pauvre comme l’indique Statistique Canada. En classant « les circonscriptions selon le revenu des ménages, parmi les 10 circonscriptions les moins fortunées du Canada, six sont au Québec, cinq à Montréal ». Une circonscription représente environ 70, 000 personnes. Cela fait beaucoup de monde. Il est clair que ce ne sont pas seulement les gens vivant à proximité du Casino qui sont en danger de subir encore plus les effets néfastes des activités ludiques du nouveau grand casino proposé.

 

Claude Dupras