France: Une élection présidentielle perdue d'avance pour la gauche ?

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France : Une élection présidentielle perdue d’avance pour la gauche ?

Il y a aura élection présidentielle en France cette année. Un moment important pour les Français. Après sept ans d’une administration qui n’était pas à la hauteur de la France, le pays a besoin d’un élan et le peuple français d’une bouffée d’air frais capable de lui remonter le moral. Il semble qu’il les découvre sur la droite.

Cette droite française vient de connaître une élection primaire et a choisi un candidat fort populaire avec une très forte majorité de 65%, en la personne de François Fillon, l’ex-premier ministre du mandat du président Nicolas Sarkozy. Ce nouveau porte-étendard est un homme neuf, calme, intelligent, blanc comme neige, qui n’a jamais eu d’accusations légales portées contre lui. Un homme de qualité, qui présente un programme clair, précis, difficile, pour répondre, dit-il, aux principaux problèmes de la France.

De son côté, le président socialiste François Hollande vient d’annoncer qu’il ne briguera pas les suffrages pour un renouvellement de son mandat. Rien de surprenant puisqu’il a calé dans la cave des sondages au fur et à mesure que son administration démontrait son incapacité à trouver de vraies solutions aux vrais problèmes de la France.

J’étais en France en 2012, durant la campagne électorale gagnée par Hollande contre le président sortant Nicolas Sarkozy. Ce fut une période excitante pour une personne qui aime la bataille politique. J’aimais Sarkozy. J’avais remarqué et bien apprécié sa gouverne durant son septennat, particulièrement la période de six mois où il a été président de l’Europe et durant laquelle il avait vraiment démontré ses qualités de chef. Il a su, alors, rassembler les dirigeants des pays Européens pour faire face à deux grandes crises : la guerre de Géorgie et les turbulences financières qui menaçaient l’Europe. Malgré que chaque pays ait le réflexe normal de bien défendre avant tout ses intérêts nationaux, Sarkozy a obtenu qu’ils surmontent leur division pour renforcer l’Union Européenne. Dans le conflit de la Russie avec la Géorgie, il s’est imposé comme un vrai négociateur efficace.  Dans la crise financière puis économique qui a frappé de plein fouet l’Europe, il a su coordonner les actions des États-membres pour réussir à traverser ce moment très difficile. De plus, trois des quatre priorités Françaises, de ce moment-là, ont fait l’objet de décisions positives au niveau de l’Europe, soient le pacte sur l’immigration et l’asile, la défense européenne et la politique agricole commune. La France ne pouvait demander mieux et je sais que plusieurs Français furent très impressionnés et fiers de leur président.

Malgré tout, ce chef politique qui venait de faire preuve d’un leadership hors de l’ordinaire a été défait par François Hollande, un candidat prêt à dire et promettre n’importe quoi pour gagner, tel « je vais imposer un impôt de 75% aux riches » et sa tirade mensongère « Moi, président » qui, ajoutés à une campagne sale de dénigrement de la personne de Sarkozy, l’ont porté jusqu’à l’Élysée. Aujourd’hui, son mandat achève, il n’a pas livré la marchandise et Hollande en sort avec la réputation du pire président français. Beau parleur mais petit faiseur.

Actuellement, les candidats pullulent à la gauche qui est de plus en plus divisée.  

Déjà, l’éternel candidat Jean Luc Mélenchon devient le porte-parole de la gauche de la gauche, la gauche radicale, et sera le candidat du Front de Gauche avec l’appui du parti communiste. Ancien trotskyste et professeur, il a été 30 ans dans le parti socialiste dont ministre. Il est un grand orateur, puissant et impressionnant, mais ce qu’il dit ne mène nulle part. Il est coloré, articulé, drôle, divertissant et intéressant à regarder et écouter, mais une perte de temps car il n’a aucune chance.

 

 

 

La gauche responsable et équilibrée cherche un candidat capable de relever une opinion publique littéralement écœurée de la néfaste administration socialiste de Hollande et le Parti socialiste organise une élection primaire à cet effet.

Manuel Valls, le premier ministre d’Hollande, vient de démissionner pour être candidat à la primaire qui aura lieu en fin de janvier prochain. Il a été candidat à la dernière primaire contre Hollande mais n’avait obtenu que 5% des votes à cette occasion. Son discours actuel est surprenant car il semble préconisé une gauche ancienne alors qu’avant il défendait « une gauche moderne nécessaire à l’équilibre démocratique ». Martine Aubry, l’âme du parti, vient d’affirmer : « Valls, ce n’est pas évident ».

Arnaud Montebourg, ex-ministre de l’économie, a déclaré qu’il sera candidat à la primaire. Avocat, bon orateur, renseigné, il a perdu, en 2014, son poste de ministre après avoir blâmé Hollande de positions trop pro-affaires. Depuis, il a suivi des cours de gérance des affaires dans une École de Commerce et se dit maintenant prêt et favorable à renforcir la France afin qu’elle se protège contre les intérêts étrangers. Il a des airs de Kennedy, sans l’être car il se montre trop satisfait de lui-même, mais pourrait gagner la primaire.

Benoit Hamon, a aussi fait part de son intention d’être candidat à la primaire socialiste. Il a été deux fois ministre dont celui de l’Éducation sous Hollande et chaque fois il a perdu sa « job ». À mon avis, il n’est pas de taille avec les autres.

Vincent Peillon, ex-ministre de l’Éducation, représente le courant central du Parti socialiste et deviendra le candidat-surprise de la primaire. Toujours loyal à Hollande, à ses décisions, à ses premiers ministres, il n’est pas l’homme des petites phrases assassines. Il a été à la base de la réforme de l’école primaire puis celle du collège. Ayant quitté tôt, on ne peut le blâmer de la totalité du quinquennat d’Hollande. Respecté et solide, il pourrait être l’homme de la situation.

 

 

 

Christiane Taubira, ex-ministre de la justice d’Hollande, vient de Cayenne de la Guinée Française. Une pétition, comprenant 70 000 noms, la supplie d’être candidate à la primaire socialiste. Vraiment de gauche, elle a quitté le cabinet d’Hollande en contestation des mesures de sécurité imposées suite aux attaques terroristes à Paris. Elle hésite à accepter d’être candidate à la primaire socialiste car elle n’a aucune chance de gagner. On peut prévoir que d’autres candidats de nature moins importante s’ajouteront à la liste.

Emmanuel Macron, attaché à aucun parti politique, a été un protégé de Hollande qui l’a nommé son ministre de l’économie. Jeune de 38 ans, très articulé, brillant, racé, il sait bien expliquer ses positions économiques et impressionne particulièrement la génération Y qui voit en lui, le seul homme politique qui parle son langage. Il a quitté avec fracas le cabinet d’Hollande, se disant de gauche et non socialiste. Il veut susciter une « révolution démocratique » contre un système politique français qui se retrouve, selon lui, dans le « vide ». Il vise à unir la gauche et la droite en une équipe centriste. Il refuse d’être de la primaire et organise son propre mouvement pour sa campagne.

Puis, il y a, à la droite de la droite, Marine LePen du Front National.  C’est du sérieux comme possibilité de gagner. Elle a su, avec les années, s’imposer grâce à son intelligence, ses connaissances et son supérieur caractère de combattante politique. Salie, moquée, insultée, ridiculisée et encore, elle continue néanmoins à grimper dans les sondages car elle frappe le clou sur la tête des problèmes qui confrontent ses compatriotes. Son discours contient du vrai, de la réalité et il résonne positivement dans la tête d’un très grand nombre de Français. Elle est impressionnante et dépasse de cent coudées la majorité des politiciens français. Mais son programme politique de droite de la droite fait peur à un grand nombre qui se rappelle le passé fasciste de l’Europe et qui l’attache exagérément à Marine LePen en la qualifiant de tous les mots et maux comme si elle était frappée de la peste.

On peut difficilement prédire les résultats d’une telle primaire ouverte où près de quatre millions de personnes viendront choisir leur candidat. Une surprise aussi grande que celle qu’a créée François Fillon peut en être le résultat. Je ne crois pas que se sera Valls, car il porte le blâme de l’impuissance d’une grande partie du régime Hollande. De plus, son discours démodé, son vocabulaire étourdissant, ses constantes leçons de morale, sans sourire, ne lui donnent plus un air d’authenticité.     

Aujourd’hui, il semble que les candidats principaux pour l’élection du prochain président de la France seront : François Fillon représentant la droite et son parti « Les républicains » ; Arnaud Montebourg ou Vincent Peillon que je qualifie de favoris pour gagner la primaire socialiste ; Emmanuel Macron pour son propre parti et Marine LePen pour le Front National.

L’élection d’un président français est à deux tours. Il est fortement probable que Fillon sera au deuxième tour avec Marine LePen car les Français rejetteront le Parti socialiste malgré tous ses efforts pour regagner leur confiance.  

Les Français auront alors un choix final entre un candidat de droite et un candidat de droite de la droite que plusieurs qualifient d’extrême-droite. Et, si on se fie au mouvement populiste qui s’empare du monde d’aujourd’hui, le résultat sera serré.

Claude Dupras