jeudi 15 juin 2006  
surprenant Charest
Inquiet


 

On peut dire que le PM du Québec, Jean Charest, est étonnant. Il agit comme s’il n’y aurait plus d’élections au Québec. Normalement, selon les us et coutumes politiques, un gouvernement si impopulaire dans les sondages lâche du lest pour se refaire une beauté. Pas Charest. Il vient de faire adopter par l’assemblée nationale en catastrophe, en utilisant le bâillon, quatre lois qui sont contestées par plusieurs groupes de citoyens. C’est pour le moins déroutant. Il est vrai que ces projets étaient en discussion depuis longtemps, que le parti d'opposition, le Parti Québécois, faisait une obstruction démagogique et systématique qui visait simplement à empêcher que les projets de lois soient étudiés puis adoptés et que l'action des libéraux peut être justifiée à cause de cette situation .

 

Après avoir fait voter, avant Noël dernier, la loi spéciale pour fixer les conditions de travail des employés de l’État grâce au bâillon, il vient de récidiver en imposant aux médecins spécialistes leurs conditions de travail et la privatisation partielle du parc national du Mont-Orford. De plus, il enlève tout recours  judiciaire aux milliers de citoyens vivant près d’un sentier de motoneiges et qui sont incommodés par le bruit de ces machines et dans une autre loi privatise les hippodromes du Québec.

 

Il y a une certaine logique dans les agissements des libéraux de Jean Charest et la rigueur avec laquelle il administre les finances publiques. Et elle vient d’être énoncée clairement aujourd’hui même par Moody’s, la firme new-yorkaise de cotation financière qui a haussé la cote du Québec de A1 à Aa3, ce qui favorisera un hausse des ventes d’obligations émises par la province car « ces placements sont de haute qualité avec un très faible risque de paiement ».

 

Mais, il ne faut pas oublier l’échéance de la prochaine élection durant laquelle le parti Québécois proposera un référendum sur la séparation du Québec, s’il prend le pouvoir. Il est important que Charest soit réélu si on ne veut pas d’un nouveau référendum. Ce n’est pas en prenant comme cible les salariés de l’état, les environnementalistes, les médecins spécialistes et plusieurs autres groupes importants et nombreux que le gouvernement s’attire les faveurs d’un large part de l’électorat qui a manifesté ouvertement contre ces projets de lois. On a vu dans le passé les fonctionnaires se retourner contre leur idole René Lévesque suite à des prises de positions semblables et assurer sa défaite électorale. Il y aussi la défaite de l’imbattable mais arrogante « équipe du tonnerre » de Jean Lesage, en 1966, par l’Union Nationale de Daniel Johnson.  Déjà au bas des sondages, Charest joue avec le feu alors que la prochaine élection est cruciale.

 

Claude Dupras