jeudi 22 juin 2006  
Le nouveau Mobutu
Frustré


 

On dit que c’est depuis sa première élection en 1999 que le président algérien Abdelaziz Bouteflika veut changer les clauses de la constitution qui limite un président à deux mandats. Il veut obtenir un nombre de mandats présidentiels illimités. C’est avec la pleine collaboration du FLN, l'ancien parti unique qui a géré le pays depuis la libération de 1962, que  Bouteflika va atteindre son but. Sans débat, les clauses seront soumises à un référendum national. Face à l’indifférence des Algériens, Bouteflika obtiendra sûrement une majorité qu’il interprètera comme étant « la volonté populaire ». Devant cette fatalité, un connaisseur affirme « Bouteflika est malade et veut mourir président ».

 

Bouteflika veut aussi assurer sa succession pour protéger son clan. Les changements constitutionnels institueront le poste de vice-président. Il sera nommé par le président et le remplacera en cas de décès (ceci n’est pas encore confirmé mais fort probable). Ainsi, nulle personne de son entourage, comme ses frères qui rôdent actuellement dans les affaires de l’État, ne sera poursuivie après sa mort pour des actes malhonnêtes.

 

Avec l’emprise que le président a sur les  partis politiques du pays et la menace qui plane sur la tête des journalistes qui l’attaqueraient trop sévèrement, Bouteflika continue d’être le maître de l’Algérie. Une vraie démocratie n’est pas prête à prendre racines dans ce pays qui en a tant besoin. C’est l’histoire de Mobutu, l’ex président à vie du Zaïre, qui se répète, avec la différence qu’en Algérie, c’est, comme dirait un blagueur, « la présidence à mort ».

 

Claude Dupras