Jours 9 à 12

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Jour 9 : Manang – Leder (4 200 m)

L’étape est relativement courte. Cela permet de marcher lentement afin de poursuivre notre acclimatation en toute tranquillité. Belle montée vers l’étonnant hameau de Leder, dominé par les neiges du Chulu (6 119 m). Nous longeons la barrière des Chulus. Nuit en lodge.

5 h 30 de marche.

Jour 10 : Leder – Thorung Phedi (4 500 m)

Là encore, l’étape est très courte. Inutile de courir au-devant du mal d’altitude… Les sommets qui encadrent le col du Thorung La se profilent à l’horizon. En fin d’étape, le chemin franchit la rivière et traverse une zone d’éboulis avant d’atteindre le fond de la vallée. Demain, passage du col, « veillée d’armes ». Nuit en lodge. C’est le dernier refuge avant le col.

3 h 30 de marche.

Jour 11 : Thorung Phedi – Col du Thorung La (5 416 m) – Muktinath (3 760 m)

Le Col du Thorung est dans le Damodar Himal, au nord de l'Annapurna Himal, dans le centre du Népal. Il relie la vallée de Manang à l'est, avec Muktinath (3 800 m) à l'ouest dans le district de Mustang. C'est le plus haut col du Népal accessible aux trekkeurs.

Il est dépourvu de neige, en règle générale de mai à octobre. Par beau temps, sa traversée ne présente aucune difficulté technique, la piste est large et bien tracée. Le vent peut être cependant violent après le lever du soleil et l'altitude élevée peut provoquer le mal d'altitude aigu. Il faut compter un minimum de 4 jours d'acclimatation au-dessus de 3000 m pour aborder le col en toute sécurité.

Le col est régulièrement utilisé par les commerçants locaux, depuis le XVe siècle pour passer au Tibet.

Un départ très matinal s’impose pour arriver à Muktinath dans l’après-midi. La montée s’effectue partiellement de nuit. Le chemin, régulier, s’élève doucement vers le col où nous attend une forêt de drapeaux à prières. Sur le versant opposé, le chemin plonge brutalement vers la vallée. Face à nous, le Dhaulagiri se dévoile au détour d’un lacet.

Le Dhaulagiri est le septième plus haut sommet du monde, dans la chaîne de l’Himalaya. C’est la plus haute montagne entièrement au Népal et elle est localisée dans le centre est du pays. Le nom Dhaulagiri vient des mots sanscrits « Dhavali giri » signifiant « Montagne blanche ». Après sa découverte par les Européens en 1808, il fut considéré pendant 30 ans comme le plus haut sommet du monde. Le nom de Dhaulagiri se rapporte aussi à cinq sommets satellites du point culminant de 8 167 mètres, s'étageant de 7 268 mètres d'altitude pour le Dhaulagiri VI à 7 751 mètres d'altitude pour le Dhaulagiri II. Massif très isolé, le Dhaulagiri fut survolé et photographié en 1949 par le géologue Arnold Heim alors que le Népal était interdit aux européens.

En arrivant à Muktinath, courte halte pour visiter le sanctuaire hindouiste attirant de nombreux pèlerins. C’est un petit village du Népal, dit comité de développement villageois, comme les autres, situé dans la zone Dhawalagiri dans le district de Mustang et qui compte 628 habitants. C’est un endroit sacré pour les hindous et les bouddhistes

Nuit en lodge. 9 heures de marche.

 

Jour 12 : Muktinath (3 710 m) – Lupra (2 780 m) – Jomosom (2 710 m)

Au départ, nous sommes dans la vallée de la Kali Gandaki, une des plus belles vallées du Népal, qui a été parcourue depuis toujours par les pèlerins et les marchands transportant du sel et les denrées indispensables à dos de mulets vers le Tibet. La gorge de la vallée sépare le Dhaulagiri, du côté ouest, de l’Annapurna, du côté est. Si on mesure la profondeur du canyon par la différence entre le niveau de l’eau de la rivière et celui des plus hauts sommets de chaque côté, la gorge est la plus profonde du monde.

 

 

 

La rivière prend sa source à la frontière Tibétaine où les eaux se partagent avec le Ganges. Elle coule vers le sud et traverse l’ancien royaume des Mustangs dans des canyons profonds, au sud de la capitale Lo Manthang du Mustang, et s’élargit près de l’endroit où les montagnes himalayennes approchent.

Les paysages arides s’ouvrent sur les plateaux tibétains et de hautes montagnes enneigées au sud dont le Nilgiri. Courte montée vers un col de 4 000 m pour une vue exceptionnelle sur le Dhaulagiri.

Descente vers Lupra où se trouve l’unique village bön de notre itinéraire. Il est dissimulé dans la vallée entre Jomosom et Kagbeni. Loin des sentiers de trekking, le village est parvenu à maintenir beaucoup de son charme intact aussi bien qu'une partie de sa croyance shamaniste pré-Bouddhiste, la religion Bön. C’est la religion tibétaine préexistante au bouddhisme qu’il est bon de rappeler ici car elle domine toute la région.

Selon les récits légendaires bönpo, dix-huit grands maîtres ayant atteint l’illumination apparaîtront dans notre monde. Le premier d’entre eux est le maître Tönpa Shenrab, fondateur de la religion Bön, apparu sur la terre mythique d’Olmo Lung Ring

D’après les bön, le monde est fait de trois parties : le ciel, la terre et les« régions basses ». Chacune est habitée d’esprits plus ou moins malicieux qui influent sur la vie des hommes. Ces esprits sont ceux des cinq éléments (l’espace, l’air, le feu, l’eau et la terre), des quatre saisons et de la nature (arbres, rochers, montagnes, rivières, plantes, ciel, soleil, lune, étoiles, nuages etc.).

Pour lutter contre les colères des dieux, les « prêtres-shamans » Bön, se livrent à des rituels et des cérémonies complexes. Ils servent de médium entre les esprits et les hommes. Les rites qu’ils accomplissent sont différents dans chacune des régions du Tibet, car chaque endroit est habité par un esprit particulier faisant partie intégrante de la vie quotidienne des habitants de la région, et à qui sont faits offrandes et sacrifices.

Il n'est pas facile de se rendre à ce village. Le chemin est instable et mal balisé mais son isolement fait partie de l’enchantement. Les touristes et même des gens du pays visitent rarement cet endroit. Nous nous rapprochons du village en marchant le long de la rivière. Un petit pont en bois et un stupa peint seront les repères de l’étape. Le village est un faisceau serré de maisons traditionnelles Thakali. Les murs sont faits d'adobes et de galets des rivières. Les enduits sont composés de terre pigmentée provenant de falaises proches. Il y a une parfaite harmonie entre l'habitat et l'environnement naturel. La vie rurale du village est très peu affectée par les agitations du monde moderne.

Le Nilgiri, parfois appelée Nilgiri Himal, est composé de trois pics près de l’Annapurna : le Nilgiri Nord (7 061 m), le Nilgiri Central (6 940 m) et le Nilgiri Sud (6 839 m). La première ascension du Nilgiri Nord a été effectuée par une expédition hollandaise en 1962 accompagné d’un guide français. Celles de Nilgiri Sud a été effectuée le 10 octobre 1978 et du Nilgiri Central le 30 avril 1979 par des alpinistes japonais. 

Descente à Jomosom, ville qui compte 1 370 habitants, située à 2 800 m dans le district de Mustang. C’est une importante ville de garnison dont la position stratégique privilégiée sur la vallée de la Kali Gandaki lui permettait jadis de contrôler tout passage entre les basses vallées du Népal et le plateau tibétain. D’ailleurs, son nom est une déformation d'un mot tibétain « dzong sum » qui signifie « les trois forteresses ». Située au pied du Nilgiri, la ville a depuis 1962 un petit aéroport.

Nuit en lodge. 6 heures de marche.

 

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