Lénine

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Lénine

Lénine naît en Russie, en 1870. Son père est inspecteur d’école. Dès son jeune âge, il est initié par son frère aux idées révolutionnaires et communistes de Karl Marx et de Friedrich Engels. Il devient actif dans des mouvements politiques, tout en continuant ses études. Il devient avocat en 1891. Cinq ans plus tard, il est arrêté et condamné à trois ans d’exil en Sibérie où il écrira « Le développement du capitalisme en Russie » et « Les tâches des sociaux-démocrates russes ». À son retour, il quitte la Russie. Il se rend à Genève où il crée un journal, Iskra, qui devient l’organe officiel du Parti Ouvrier Social Démocrate Russe, en vue « d’organiser les forces révolutionnaires, de les discipliner et de développer la technique de l’action révolutionnaire ». Il lui imprime une orientation nettement définie qu’il nomme « le marxisme ». Il y affirme, « la lutte des classes est le moteur de l’histoire et le projet de révolution socialiste et de réalisation du communisme s’inscrit dans cette perspective ».

 Dans un pamphlet rédigé en 1902, il propose l’idée d’un parti structuré « d’en haut » par des militants révolutionnaires professionnels, enracinés dans la classe ouvrière et capables de diffuser les idées révolutionnaires en son sein pour que la masse ouvrière obtienne « la liberté de réunion, la liberté de la presse ouvrière et la liberté politique complète de façon à pouvoir mener au grand jour la lutte pour la victoire du socialisme ». L’année suivante, il se rend au deuxième congrès du parti à Londres pour y défendre sa thèse. Elle est défaite, par 28 voix contre 23. Il refuse d’accepter ce vote, même s’il obtient la majorité sur plusieurs autres points. Il crée donc une nouvelle faction qu’il nomme les bolcheviques, « ceux de la majorité ». Parmi ses supporteurs se trouve Joseph Staline. Ses opposants, parmi lesquels figure Léon Trotsky, deviennent les mencheviques, « ceux de la minorité ». Ils refusent de jouer bourgeoisement le jeu de la démocratie et favorisent l’insurrection armée.

L’aristocratie et la bourgeoisie russes vivent grassement bien que la Russie soit l’un des pays les plus pauvres au monde lorsque les secousses révolutionnaires atteignent leur apogée en 1905. Lénine revient au pays, mais il a peu d’influence par rapport au groupe de Trotsky. Ce dernier a évolué. Il a créé des « soviets » (conseils d’ouvriers) et les anime pour lancer les « communes révolutionnaires ».

L’échec de la révolution favorise un rapprochement entre les deux factions sociales-démocrates. Le quatrième congrès du parti de 1906 scelle l’unité. De 1907 à 1911, une nouvelle vague de répression en Russie frappe la classe ouvrière. Le parti cesse d’exister en tant qu’organisation panrusse. Au sixième congrès du Parti en 1912, où les bolcheviques se retrouvent presque en exclusivité (seuls deux mencheviques y participent), Lénine le transforme en parti bolchevique.    

Après s’être exilé en France pour créer une école d’entraînement d’activistes, Lénine déménage d’abord en Autriche, puis en Suisse. Il s’oppose à la guerre de 1914, qu’il qualifie de « conflit impérialiste » et dénonce les socialistes qui appuient l’effort de guerre.

En Russie, la guerre a un impact désastreux sur l’économie. Les prix grimpent, les grèves éclatent et la violence s’installe. Le tsar Nicolas II ordonne la fermeture de la Duma (l’assemblée des députés), mais ses membres refusent et continuent de discuter de la situation. Ils proposent un nouveau gouvernement provisoire au tsar. Devant le silence de celui-ci, ils procèdent de leur seule initiative. Le tsar abdique et laisse le pays entre les mains du gouvernement provisoire. Lénine retourne en Russie avec 27 partisans bolcheviques. Il dénonce les bolcheviques locaux (Staline est du nombre) qui supportent le gouvernement provisoire et exige leur démission. Il les accuse en effet d’avoir « renié le socialisme ». En sa qualité de co-directeur de la Pravda, Staline a deux options : dénoncer Lénine et le défier à la direction du Parti, ou quitter le gouvernement provisoire et demeurer loyal à Lénine. Il laisse passer dix jours avant de prendre une décision.  Finalement, dans un article que publie la Pravda, il appuie la position de Lénine.

Le gouvernement provisoire ne veut pas mettre fin à la guerre. Plus de deux millions de soldats désertent. Ils rentrent avec leurs armes et s’emparent des biens de riches propriétaires. Le gouvernement est impuissant devant la crise qui se développe. Un ordre est émis pour l’arrestation de Lénine. Celui-ci se sauve en Finlande et organise le recrutement d’une milice de 25,000 hommes pour défendre Petrograd. Trotsky se rallie alors au parti de Lénine et exige le renversement du gouvernement provisoire. Les gardes rouges de Lénine occupent le Palais d’Hiver, où loge le gouvernement et arrêtent les ministres.

Le 26 octobre 1917, le pouvoir est aux mains du Soviet des Commissaires du Peuple. Lénine devient président de l’Union Soviétique. Trotsky est nommé aux affaires extérieures et Staline aux nationalités. Le Soviet abolit la propriété privée, distribue les terres aux paysans, nationalise les banques et introduit le concept du contrôle de la production des usines par les travailleurs. Il bannit les partis politiques et abolit l’assemblée des députés. Il démobilise l’armée et annonce qu’il veut la paix avec l’Allemagne. Il l’obtient à gros prix, en cédant l’Ukraine, la Finlande, les provinces baltes, le Caucase et la Pologne. Cette décision renforce l’opposition grandissante aux politiques du gouvernement de Lénine. Une guerre civile sanglante s’ensuit. Elle se terminera deux ans plus tard par la victoire des bolcheviques. La situation économique demeure désastreuse et crée d’innombrables problèmes sociaux. Lénine cherche des solutions. Les fermiers obtiennent le droit de vendre leurs produits et d’engager de l’aide. Les manufactures de moins de vingt employés sont dénationalisées et peuvent être reprises par leurs anciens propriétaires.

En 1918, il change le nom de son parti (ouvrier-social-démocrate-russe) pour Parti Communiste. Le 17 juillet, le tsar Nicholas II de la grande Russie, sa femme, son fils et ses quatre filles sont massacrés sur ordre du soviet local (et sans doute de Lénine lui-même) pour que se termine une fois pour toute la lignée des descendants royaux. Le 30 août, une femme, membre des « révolutionnaires socialistes », s’approche de Lénine et lui tire dessus, à bout portant. Elle juge qu’il a trahi la révolution. Il est atteint de deux projectiles que les médecins n’osent lui retirer. Sa santé dépérit peu à peu.

À la conférence du parti de 1922, Lénine, affaibli, suggère de créer le poste de Secrétaire général. Il y nomme Staline qui a toujours été loyal à ses politiques. Staline devient ainsi son porte-parole. Peu après, sa santé se détériore. Il est hospitalisé pour l’extraction d’une des balles, avec l’espoir de voir son état s’améliorer. Un accident cérébral durant l’opération le laisse paralysé.

 

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