L'écrivain malgré lui

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vendredi 23 septembre 2005

l'écrivain malgré lui

Espiègle

 

Bien écrire n’est pas facile, surtout pour un ingénieur. Non pas que je veuille dénigrer mes collègues mais ma profession ne favorise pas cet exercice. Et pourtant les nombreux rapports techniques que nous préparons méritent d’être précis et clairs.  Heureusement que les secrétaires sont là ! On dira avec raison que c’est injuste de généraliser de la sorte, car il y en a qui écrivent bien et j’accepte cette remarque. Mais, c’est l’exception. Par contre je me rappelle d’avoir appris le mot « nonobstant » à Polytechnique. Pas mal, non?

 

Les gens en général éprouvent des difficultés à écrire un texte simple en rapport avec la vie quotidienne. Or, l’écrit est terriblement nécessaire et parfois vital, dans la vie de tous les jours. Rédiger une lettre, répondre à une convocation, se défendre face à son propriétaire, son patron, demander des explications, postuler un emploi, adresser une plainte à une administration sont des situations où il est indispensable d’écrire.

 

Écrire ses mémoires n’est pas non plus facile. Non seulement faut-il revoir le passé mais il faut aussi s’assurer que l’on ne dérive pas dans les fantasmes. Il faut préciser les dates, les évènements, les noms. C’est un très long travail.  

 

Je viens de terminer le tome 1 de mes mémoires. Plus de 500 pages sur la période de 1932 à 1958. J’ai commencé il y a trois ans et à ce rythme il m'en faudra encore six pour les terminer. Je ne crois pas qu’il puisse être accéléré car il n’y a pas que ça à faire. Il y a du temps pour la famille, l’entretien des maisons, le divertissement, les amis, l’Internet, les mels, le blog, le site de photos, les voyages, les affaires personnelles… De plus, il y a ce site Internet que je prépare et qui sera, je l’espère, en onde le 1er janvier prochain et où j’afficherai, entre autres, mes mémoires pour les curieux.  Ce qui m’encourage, c’est que j’ai appris que les plus grands écrivains ont commencé par un livre autobiographique. Honnêtement je ne me vois pas écrire un roman… mais qui sait ?

 

J’ai entrepris mes écritures pour mes enfants, mes petits-enfants et leurs descendants car j’ai la conviction que pour comprendre où l’on va, il est bon de connaître d’où l’on vient. Je raconte l’histoire de mes ancêtres, de ma famille et des influences qu’ils ont subies pour que je devienne ce que je suis. Ce n’est pas un document pour les libraires mais un point de référence et de compréhension pour leur vie

 

Jusqu’à un certain point, j’ai appris le dur métier d’écrivain et acquis beaucoup de respect pour eux. Je comprends ceux qui expriment leur besoin d’une vie solitaire en des endroits calmes et beaux comme les montagnes, les fermes, la campagne, ou près de grandes étendues d’eau. Leur nécessité d’être serein me semble capital pour mieux concentrer, réfléchir, lire et faire leurs recherches. Je comprends  ceux qui préfèrent écrire le matin. Je comprends leur plaisir de se relire. Je les comprends aussi de vouloir momentanément échapper à cette vie d’ermite pour reprendre les exercices physiques qui leur manquent,  voyager, lire, faire du vélo, de la natation sur un lac ou en mer, faire la cuisine pour eux ou pour leurs amis. Ils n’ont pas la vie facile.

 

Je me demande souvent si j’aurais pu écrire mon texte sans Bill Gates. Son programme Word avec son correcteur d’orthographe et de grammaire, son programme Windows XP qui m’a permis d’intégrer à mon ordinateur le dictionnaire Larousse, un super dictionnaire de synonymes et un dictionnaire français-anglais-français, ont facilité énormément ma tâche, Thanks Bill ! Merci aussi à Google pour son exceptionnel moteur de recherches qui m’a permis de trouver l’introuvable à partir de ma table de travail. Mon père serait surpris. 

 

Je suis reconnaissant aux membres de ma famille et à mes amis qui ont bien voulu accepter de lire mes textes, de les commenter et de me suggérer des corrections. Ce travail d'équipe m'a réjouit. 

 

Claude Dupras