L'autonomie

Accueil • Début
 

vendredi 27 janvier 2006

l'autonomie

Confiant

 

On se rappelle l’ex PM du Québec Maurice Duplessis par ses batailles pour l’autonomie provinciale. Pour lui, la constitution canadienne devait être respectée. Et comme sa province était responsable de l’éducation, de la santé, des ressources naturelles, de la voirie, du social, etc… elle devait pouvoir se financer elle-même pour rencontrer ses obligations. Ses batailles furent difficiles et mémorables car il refusa, entre autres, les subsides fédéraux offerts aux universités qui en avaient un grand besoin et ceux pour les travaux routiers qui étaient absolument nécessaires à cause du développement du Québec. La pression sur Duplessis augmentait d’année en année car le gouvernement d’Ottawa accumulait, dans un fonds spécial, les argents des subsides refusés en affirmant qu’ils étaient toujours disponibles, s’il acceptait leur approche. En 1954, Duplessis décida d’imposer unilatéralement un impôt de 15% aux particuliers. Cette décision fut applaudie par les nationalistes mais rejetée par les antiduplessistes tel que Lapalme, Lesage et autres. Quelques mois plus tard, après avoir affirmé qu’il ne le ferait jamais, le PM canadien Louis Stephen St-Laurent accepta de diminuer l’impôt fédéral pour compenser celui du Québec. La bataille était gagnée. Depuis, les gouvernements successifs du Québec se sont retirés de plans conjoints et ont obtenu des abattements d’impôt pour financer les régimes de santé et d’éducation québécois.

 

Mais depuis quelques années, le gouvernement libéral procède de plus en plus par ententes fédérales-provinciales pour accorder des subsides qui sont conditionnels à ce que les règles d’Ottawa soient suivies. Les gouvernements du Québec qui étaient coincés ont accepté difficilement cette approche. Seul le PM actuel du Québec, Jean Charest, a réussi à obtenir du PM Martin une reconnaissance que les subsides puissent être accordés asymétriquement, c’est à dire sans condition pour le Québec. Par exemple, des subsides dédiés à la santé peuvent être utilisés à d’autres fins. Malgré cela, ce n’est pas conforme au principe de l’autonomie du Québec car l’argent vient d’un autre gouvernement et les ententes sont renouvelables.  

 

La vraie autonomie est un Québec qui collecte tous les impôts dont il a besoin pour rencontrer ses obligations constitutionnelles.

 

Le seul parti provincial qui actuellement propose une telle politique est l’ADQ de Mario Dumont. Le Parti Québécois prône la séparation du Québec de l’ensemble canadien et le parti libéral accepte les subsides même s’il a réussi, et c’est une première, que certains le soient sans condition. Les séparatistes se moquent de la politique autonomiste de Dumont car ils la craignent, mais les fédéralistes devraient y porter une plus grande attention puisqu'il y a là une bonne solution à nos différents politiques.

 

Le temps est venu de défendre à nouveau l’autonomie du Québec. Le nouveau PM canadien Harper a promis de respecter les provinces et de reconnaître leurs droits. Il a aussi promis de régler la question du déséquilibre fiscal entre Ottawa qui collecte trop d’argent et le Québec qui en manque pour rencontrer ses obligations. La meilleure façon est par les points d’impôt. On baisse ceux d’Ottawa et on augmente ceux du Québec. Les Québécois ne paient pas plus et le gouvernement québécois perçoit plus d’argent directement et est en meilleure position pour rencontrer, comme il l’entend, ses obligations croissantes, et cela année après année.

 

Claude Dupras