L'Union Nationale

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L’Union Nationale

Depuis son accession au poste de Premier Ministre du Canada en 1921, en tant que député de l’Île-du-Prince-Édouard, Mackenzie King a été battu en 1925, réélu en 1926 comme député de Saint-Albert (Saskatchewan) et défait encore en 1930. Il reprend finalement le pouvoir pour de bon à l’occasion d’une grande victoire électorale en 1935 à l’issue de laquelle son parti récolte 171 sièges, les conservateurs 40, les libéraux indépendants 8, le Crédit social 17, le CCF 7, deux autres candidats s’étant fait élire comme Indépendants. Son idéal de réforme sociale l’amènera à introduire au Canada un régime de pensions, l’assurance-chômage et les allocations familiales.

Pour sa part, Charles-Émile a appuyé les conservateurs. Mais il reprend confiance, car les échos de Québec sont très bons. Il remise aux oubliettes sa décision de ne pas faire de politique ouvertement. À Verdun, on est « bleu », c’est à dire conservateur, depuis 1923. Il décide de s’engager corps et âme dans la campagne électorale en faveur de Duplessis. Celui-ci le motive par ses positions autonomistes. Mais Duplessis est facilement défait par Taschereau. Ses Libéraux remportent 48 sièges et un nouveau parti, l’Action Libérale Nationale, en gagne 26, en formant une alliance stratégique avec les conservateurs de Duplessis. Ceux-ci récoltent d’ailleurs 16 comtés, dont justement celui de Montréal-Verdun avec le député Pierre-Auguste Lafleur, à la grande joie de Charles-Émile qui voit sa guigne de défaites électorales prendre fin. C’est la performance la plus faible des libéraux depuis 1892.

L’ALN est dirigée par Paul Gouin, un politicien nationaliste, poète à ses heures, qui a quitté le parti libéral en claquant la porte l’année précédente avec d’autres dissidents et qui jubile à l’idée d’appliquer son programme de restauration économique et sociale. Il entrevoit maintenant la possibilité de prendre le pouvoir dans un avenir rapproché. Conformément à l’entente entre les partenaires de l’alliance, Duplessis devient chef de l’opposition. Quelques mois plus tard, l’effet combiné du manque de leadership de Gouin et du manque de fonds permettent à Duplessis, qui manœuvre bien, de récupérer l’ALN et un grand nombre de ses partisans à la faveur d’une fusion. Duplessis crée un nouveau parti : l’Union Nationale.
 

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