jeudi 23 mars 2006   
la France souffre
Triste


 

La crise actuelle en France, rapportée par les médias, a rapport avec le CPE, le contrat première embauche contre le chômage des jeunes.  Wikipédia le décrit ainsi : « C’est un type de contrat de travail sans limitation de durée, à destination des moins de 26 ans. Il permet notamment aux employeurs de se séparer d'un salarié sans avoir à fournir de justification, pendant une période de deux ans. Le premier ministre Dominique de Villepin, qui a annoncé sa création le 16 janvier 2006 espère ainsi lutter contre le chômage des jeunes, dont le taux est supérieur au taux moyen de la population ».

 

Avant le CPE, l’employeur devait garder le jeune employé pour un minimum de deux ans. À cause de la sévérité de cette condition, plusieurs entreprises n’engageaient pas les jeunes et le chômage pour eux frise les 25%.

 

L’adoption du projet de loi créant le CPE a généré une levée de boucliers chez les jeunes qui taxent de « précaires », les emplois créés par le projet. Ils recherchent des garanties d’emplois dès leur première job, compétents ou non, bons employés ou non.

 

Le journaliste Louis-Bernard Robitaille a écrit pour La Presse un article intéressant qui donne le point de vue d’un Québécois sur la question. Je vous encourage à le lire. Voici le lien : Cyberpresse | Monde

 

J’ai transmis cet article à un ami français du milieu culturel que je respecte beaucoup. Il est un homme de gauche et un homme pratique. Il m’a écrit les commentaires suivants sur le sujet :

 

« Mon cher Jean Claude

 

Je reconnais là l’aiguillon d'ultra-libéraliste du journaliste. Intéressant de voir comment la presse québécoise voit les choses sauf que la rigidité ne vient pas des étudiants mais d'un ministre suicidaire qui, un 4 août devant une assemblée vide, fait passer la concrétisation d'un texte qu'il a concocté dans son coin et à coup d'un article "forcing" comme le précise le journaliste de "La Presse".

 

Il y a eu consensus sur l'assouplissement des règles mais pas sur la casse à la dynamite des droits fondamentaux.

 

OK pour un CPE avec motif justifié de licenciement (faute ou raison économique). OK pour un CPE sur une période de 6 à 12 mois. Mais enfin as-tu dans ta vie de boss jeté un collaborateur à la porte au bout de 2,6 ou 20 mois sans lui dire pourquoi et dans l'heure de ta décision ?As-tu attendu 20 mois pour t'apercevoir qu'un collaborateur est nul ou que ton entreprise passe un mauvais moment ? Réfléchis simplement à la conséquence morale sur l'individu que l'on laisse dans l'ignorance de sa faute (s'il y a faute)!

 

Sur l'image de la France décrite par ce journaliste, il y a du vrai, mais ça me rend sympathique mon pays qui a du caractère et qui résiste au troupeau mondial de l'ultra-libéralisme.

 

Autre chose, les jeunes qui quittent la France pour la GB, le Canada et autres, sont en général des diplômés (donc plus de 26 ans) ou des gens qui ont des métiers (expérience exigée dans ces pays d'accueils..) et puis on ne parle pas des retours pour cause d'échec et de galère.

 

Ton ami ».

 

À mon avis, le CPE est une question importante et vitale pour la France que nous aimons bien et qui souffre. Doit-elle être le bastion de la résistance au genre de libéralisme (en France, ce sont des politiques de droite) appliqué par d’autres pays européens et américains où les taux de chômage de jeunes sont beaucoup plus bas qu’en France ? Doit-elle accepter de modifier ses politiques bien ancrées dans le passé dans l’espoir de protéger les acquis des travailleurs, même si ces acquis nuisent à la France dans le monde compétitif d’aujourd’hui ?  C’est un débat fondamental pour ce pays et beaucoup d’autres. La réponse n’est pas facile.

 

Quant à moi, je vois un avantage évident pour l’ensemble des jeunes français dans le CPE car le chômage n’est définitivement pas dans leur intérêt. Le gouvernement Chirac pourrait probablement y apporter des ajustements mais l’idée de base est bonne.

 

Claude Dupras