La cité de l'or

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vendredi 12 août 2005

la cité de l'or

Surpris

 

En 1923, un nouveau gisement d’or a été découvert en Abitibi. Des jeunes hommes sont partis de partout, même de la Russie et l’Ukraine, pour devenir mineurs dans une soixantaine de mines situées dans de nouvelles villes comme Rouyn-Noranda, Val-d’or, Malartic et Bourlamaque.

 

J’ai travaillé durant l’été 1953 en Abitibi pour le Service du Drainage et vu de près ces mineurs. J’ai toujours été intrigué par leur travail et curieux de voir une mine. Dans le temps, il était impensable d’y avoir accès. Depuis, le minerai a été complètement exploité dans plusieurs mines qui sont maintenant fermées. C’est le cas de la Lamaque à Val-d’or (Bourlamaque est fusionné depuis avec Val-d’or) qui ferma en 1985. Elle fut la plus riche au Québec pendant longtemps.

 

Alors que les autres mines inactives sont inondées et scellées, des citoyens de Val-d’or décidèrent de transformer la Lamaque en centre d’interprétation ouvert au public. Ils la nommèrent « la cité de l’or ». Il y a 10 ans, ce projet devint une réalité et offre, entre autres, une visite dans la mine à une profondeur de 85 mètres. Pour ce faire les visiteurs sont vêtus de réels costumes de mineurs, complets avec la lampe au casque protecteur. La visite comprend aussi un tour des installations de surface, particulièrement du laboratoire d’analyse où un vidéo et les renseignements fournis par le guide permettent de comprendre la méthodologie d’extraction de l’or du minerai du granit, du quartz et de la tourmaline où il se trouve caché.  Il y a aussi à voir le village minier composé de maisons en bois rond construites autour de la mine où logèrent les premiers mineurs avant le développement de la ville de Bourlamaque.

 

C’est le 8 août que j’y suis allé, avec mon fils, et j’ai trouvé l’expérience très enrichissante et surprenante. J’ai appris qu’il faut cinq tonnes de minerai pour obtenir une once d’or et que cette mine a plus de 250 km de galeries (au moins 6-7 mètres de large) et plonge à 1,200 mètres. Il est intéressant de s’y promener, de ressentir l’humidité, la température (5 degrés), la noirceur et d’imaginer le courage des mineurs qui y travaillaient par quarts de 8 heures  (il y avait trois quarts par jour) dans un bruit infernal où la poussière était générée par les machines, les explosifs et le danger qui les guettaient continuellement. Malgré que le travail fût bien structuré et que la sécurité se soit bien améliorée au fil des ans, il n’y avait rien de facile pour les mineurs qui y peinaient.

 

Ce fut une visite inoubliable. Si vous passez à Abitibi, le détour vaut la peine. C’est à ne pas manquer

 

Claude Dupras