La magouille politique

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dimanche 23 octobre 2005

la magouille politique

Triste


Marseille, la ville de Marius, de César et de Fanny est unique. Située sur la Méditerranée, elle a, depuis la découverte de son port naturel par les navigateurs grecs venus il y a des siècles de Phocée, été un centre d’affaires renommé et de rencontres. Aujourd’hui, par contre, elle semble vouloir s’autodétruire.  

 

Le dernier conflit syndical sur le port avec la SNCM (la société de ferries vers la Corse), lui a nui considérablement en paralysant toutes les compagnies faisant affaire avec le port et empêchant les visiteurs d’y débarquer. Les syndicats qui faisaient plus de politique que défendre le social ont finalement été défaits. En même temps, ils forcèrent des grèves contre la société du métro et réduisirent son service au compte goutte. Les Marseillais ont vécu un enfer. Non satisfaits du tort immense qu’ils ont causé à tous les Marseillais et aux Corses, ils récidivent maintenant en manifestant contre l’intrusion d’une entreprise privée dans la gestion du futur tramway marseillais. Alors que les citoyens veulent avant tout des services fiables, efficaces et à coûts raisonnables, les syndicats s’en foutent et font de la ville le champ français des affrontements idéologiques sur la privatisation des services publics.

 

Cela me fait penser au Québec. À mon avis, les syndicats qui bousculent le gouvernement du Québec dans les conflits actuels font comme leurs cousins français. Ils ne pensent qu’à eux. Si le gouvernement québécois n’avait pas accepté d’accorder de meilleures conditions aux demandes des syndiqués (je les considère réalistes), je serais le premier à le dénoncer. Mais les syndicats s’opposent à tout sur tous les fronts et ils sont bien organisés. Même au point de nuire personnellement au PM Charest qui ne fait que défendre l’intérêt général des Québécois. En plus, ils s’opposent à toute sous-traitance et à toute privatisation qui généreraient des économies financières importantes aux Québécois. Ils ne veulent rien savoir !

 

Pendant ce temps, le Parti Québécois, encourage les manifestations, les grèves et se dit d’accord avec les demandes ouvrières. Les séparatistes ont de toute évidence l’espoir que ce grand désenchantement se traduise pour eux par un appui massif  à la prochaine élection générale et à leur idée de « souveraineté » du Québec. Avec leurs combinaisons douteuses, ils croient que cette lutte d’influence est la clef pour leur retour au pouvoir. Comme toujours, les péquistes blâment Ottawa et son surplus budgétaire. Ils affirment que si Québec récupérait sa part de ce surplus, qu’ils appellent le « déséquilibre fiscal », les demandes des syndicats pourraient être rencontrées. Comme si les 2,75 milliards de dollars que cela représente combleraient toutes les demandes des syndicats. Ils oublient de dire que ces demandes représentent au total plus de 12 milliards de dollars. On ne peut qu’être révolté de constater ce manque d’honnêteté intellectuelle. Au lieu d’aider les citoyens par un assaut de fermeté contre des demandes exagérées, les péquistes s’accommodent des problèmes de relations ouvrières que vit notre gouvernement. C’est de la pure magouille et un manque frappant de responsabilité.

 

À plusieurs chapitres, la France nous démontre clairement ce qui advient lorsque les syndicats et les hommes politiques n’agissent pas de façon responsable. C’est à nous, Québécois, d’être plus lucides et de les mettre à leur place pour sauver notre peau. Réagissons !

 

Claude Dupras