La marée

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mardi 10 janvier 2006

La marée

Heureux


Depuis l’annonce surprise de la montée des conservateurs et de la possibilité d’un gouvernement minoritaire conservateur à Ottawa, les journalistes et les animateurs à la radio et à la télévision n’hésitent pas à dire que c’est une bonne chose, que c’est le temps que ça change et que Harper n’est pas si pire qu’ils voulaient bien le dire. Plusieurs, comme l’animateur péquiste Stéphane Gendron à FM 98,5, vont même jusqu’à affirmer publiquement qu’ils voteront conservateur au lieu du Bloc car il est important que le Québec soit représenté dans le parti qui prendra le pouvoir.

 

De son côté, Harper continue à montrer son habilité à bien contrôler sa campagne électorale. Au débat anglais télévisé d’hier soir, il a bien joué et n’a pas fait d’erreur. Il était ni spectaculaire, ni passionné mais a agi pour ne pas perdre de points. Il avait un air de premier ministre. À mon avis, c’est le PM Paul Martin qui a gagné ce débat. J’ai l’ai trouvé positif, clair, crédible et j’ai bien aimé la manière avec laquelle il a défendu les valeurs canadiennes. Mais cela ne change rien car les dés sont joués.

 

De plus, jour après jour, d’anciens scandales refont surfaces et accablent les candidats du parti libéral. Que les accusations lancées soient vraies ou fausses, peu importe, elles font  tous mal au parti de Martin. Celui-ci a eu beau être exonéré, avec les membres de son gouvernement, par le juge Gomery, cela ne compte plus. Malheureusement pour lui, c’est hors-Québec que cela fait mal car la notion que le parti libéral est un parti corrompu s’enracine de plus en plus et se traduit par un virement important des Canadiens vers le PC. Jusqu’où ira cette débandade? Vers un gouvernement majoritaire, comme certains le disent ? Je ne le crois pas car sans un nombre important de sièges au Québec, il me semble peu probable qu’Harper puisse gagner une majorité. Ce sera pour la prochaine élection. C’est la période Diefenbaker qui se répète… (après avoir obtenu l’élection de neuf députés québécois, Dief en gagna 50 à l’élection de l’année suivante). C’est à ce moment là que la vague d’aujourd’hui deviendra une marée importante. Même le Bloc pourrait être emporté.

 

Claude Dupras