La nation canadienne française ou québécoise ?

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samedi 25 novembre 2006

La nation canadienne française ou québécoise ?

Surpris


 

Le PM canadien Stephen Harper est un homme surprenant. Même si je ne suis pas  d’accord avec lui sur certains sujets, comme ses politiques militaristes, je reconnais en lui un homme de vision et un bon stratège politique que je qualifierais de courageux. 

 

Il vient de proposer, à la Chambre des communes, une motion pour reconnaître officiellement que les Québécois forment une nation au pays. Il est le seul PM du Canada à avoir reconnu ce fait. Le dernier politicien canadien anglophone et d’envergure à se faire fut Robert Stanfield dans les années ’60. Il avait reconnu que le Canada avait deux nations fondatrices, la française et l’anglaise. Ce dernier était le nouveau chef du parti progressiste-conservateur du Canada et chef de l’opposition. Il fut défait aux élections générales.

 

Le PM Harper a bien déjoué les tactiques du Bloc Québécois, le parti des séparatistes au fédéral, qui proposait, afin d’embarrasser le gouvernement, une motion semblable. Dès le dépôt de la motion du PM, le Bloc se récusa et se montra contre. Perdant la face devant l’opinion publique, son chef Duceppe vient d’annoncer qu’il se ravise et que ses députés voteront pour. Un beau groupe de girouettes à la tête de tôle. 

 

Harper bénéficiera des retombées de cette motion, au Québec, lors des élections générales qui seront tenues d’ici un an. Un parti national ne peut gagner une majorité à la Chambre des Communes s’il n’a pas un grand nombre de députés de la belle province. Harper le sait et certains diront qu’il agit par opportunisme. C’est peut être vrai mais qu’importe que ce soit son motif si sa motion confirme l’existence de la nation québécoise et est votée à la majorité par la Chambre des Communes. Ce n’est pas évidemment un amendement à la constitution, mais c’est un geste important pour l’avenir.

 

Le courage de Harper est évident car il n’est pas sans connaître l’opposition virulente qui rejaillira de l’Alberta, des Prairies et de l’Ontario contre sa motion. Déjà, elle s’exprime dans les grands journaux de ces régions canadiennes. Par contre, le PM sera quelque peu soulagé par les réactions moins vives de la Colombie Britannique et des provinces de l’Atlantique.

 

Comme j’écrivais dans mon blog du 24 juin 2006, j’aurais préféré que la motion parle des Canadiens français et non des Québécois. Je crois que cela aurait été plus juste et tenu compte des réalités canadiennes. C’est comme si les francophones hors-Québec (ils sont plus d’un million) ne sont plus importants et sont assimilés à la masse anglophone. Ce n’est pas le cas. Ils ont les mêmes ascendances françaises que nous et bataillent toujours pour maintenir et défendre la langue et la culture française. Les anglophones du Québec sont inversement dans le même cas. Je ne crois pas qu'ils se sentent partie de la nation québécoise. Il ne faudrait pas que toutes les politiques de promotion du bilinguisme et du biculturalisme canadiens soient négligées sous prétexte que c’est au Québec uniquement que se trouve la nation canadienne-française. Si j’étais député, je chercherais à faire amender la proposition du PM dans ce sens.

 

Claude Dupras