La peau de chagrin

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samedi 7 octobre 2006

la peau de chagrin

Inquiet


 

Le Canada nage dans l’argent. La dernière année fiscale 2005-06 se termine avec un surplus de 13,2 billions $ et ce montant sera versé intégralement pour diminuer la dette nationale. Celle-ci a baissé de 81,4 billions $ depuis 1996-97. Elle se situe aujourd’hui à 481,5 milliards  $. Le pourcentage de la dette par rapport au revenu national brut est au plus bas niveau depuis 24 ans. Nous sommes le seul pays industrialisé dans cette situation très favorable.

 

Ce sont les coupures de l’ex PM Martin, alors qu’il était ministre des finances du gouvernement Chrétien, qui ont amené le Canada sur cette voie. De déficits record nous avons muté à des surplus record et nous faisons l’envie des pays du G8. Harper peut dire ce qu’il veut de Martin et Chrétien, mais il doit reconnaître qu’en ce qui concerne les finances canadiennes, ils ont fait un vrai bon boulot.

 

Malgré cela, le gouvernement Harper veut réduire davantage les dépenses gouvernementales et s’engage pour la prochaine année dans des coupures de l’ordre de un billion $. J’ai toujours été favorable à ce que le gouvernement coupe les dépenses, vive selon ses moyens et s’assure que les argents de nos taxes soient dépensés à bon escient. Mais couper pour couper n’est pas à mon avis nécessairement une bonne chose, surtout en période de surplus financier. Par exemple à ce moment-ci, réduire les programmes d’assistance aux musées ne me semble pas approprié, ni éliminer les programmes incitatifs pour Parcs Canada, ni le programme de la condition féminine, ni celui pour le centre canadien des armes à feu, ni les octrois aux Premières Nations, ni le financement pour l’amélioration du tourisme canadien, ni le programme pour la recherche sur la politique en matière de santé, ni la diminution des activités d’inspection des aliments, ni le programme de formation pour la prévention de la conduite avec facultés affaiblies par des drogues, ni l’élimination du soutien à l’initiative canadienne sur le bénévolat, ni l’élimination du programme de stages internationaux pour les jeunes, ni l’élimination des fonds destinés aux programmes d’économie sociale, ni la suppression du programme de remboursement de la TPS aux visiteurs qui achètent chez nous, etc. Cette description n’est qu’une mince tranche des coupures qui nous attendent.

 

Récemment le Canada a dépensé plus de 4 milliards $ en Afghanistan et ce n’est que le début. Il augmente le nombre des troupes canadiennes et fait l’achat d’équipements militaires forts coûteux : avions géants, hélicoptères à la US army, transporteurs capables de résister à des obus de canon, etc.. Il transforme l’action de notre armée de maintien de la paix à guerrière. Il l’entraîne et l’équipe en conséquence. Cela va coûter très cher et ces dépenses sont quasi incontrôlables comme nous le démontrent les USA. 

 

Les politiques des surplus financiers et de la diminution de la dette de notre pays sont essentielles pour l’avenir du Canada et celui de nos jeunes. Diminuer la dette aide énormément puisque les intérêts qui devaient être payés sur les diminutions sont économisés et s'ajoutent au surplus. Il en va de même pour les coûts des emprunts qui deviennent moins onéreux. Ces surplus sont aussi importants pour aider les provinces à rencontrer leurs besoins grandissants. Notre nouvelle approche guerrière met tout cela en risque. Je me demande pourquoi le gouvernement met la hache dans les programmes ? Le fait-il pour les bonnes raisons ?  Est-ce pour maintenir le surplus ou pour plaire aux anti-sociaux de son parti conservateur ou encore pour masquer les dépenses exceptionnelles actuelles et futures de notre armée ? Le temps nous le dira. Pour ma part, je crains que le surplus rétrécisse comme une « peau de chagrin ».

 

Claude Dupras