La ville aux cent saveurs

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lundi 14 novembre 2005

la ville aux cent saveurs

Radieux


La révolte persistante des jeunes de banlieue en France m’a surpris. Ils reprochent aux Français de ne pas les intégrer dans le monde du travail. Je ne réalisais pas que ce problème de société était si important dans le pays-défenseur par excellence des droits de l’homme. Cela m’a surpris parce qu’au Québec une telle situation n’existe pas. Par exemple, dans mon bureau d’ingénieurs, j’ai engagé non seulement des francophones mais aussi des Anglais, des Italiens, des Arabes, des Indiens, un Congolais, un Turc, un Arménien, un Juif hassidique et d’autres. Les musulmans qui voulaient faire leurs prières quotidiennes pouvaient aller dans un local à l’heure fixée par leur religion. Le seul critère de leur emploi était la compétence. C’est comme çà à Montréal.

 

Aujourd’hui, la métropole du Canada regroupe plus de cent nationalités venues de tous les continents de la planète. Depuis les années soixante-dix, suite à l’Expo 67, ces nouveaux arrivants se sont joints aux Montréalais et Montréalaises de souche. Ils sont aujourd’hui plus de 30% de la population du grand Montréal qui est devenu un centre urbain dynamique et inclusif où le partage, la diversité, la solidarité et l’originalité sont à l’honneur. La ville les accueille, les dirige vers des emplois, met à leur disposition toutes sortes de ressources et cherche à les intégrer le plus rapidement possible dans le tissu montréalais. Le maire réélu Gérald Tremblay vise même à leur accorder près de 40% des emplois municipaux (ils en sont à 11,5% aujourd’hui). 

 

La cité gagne sur tous les fronts avec cette population nouvelle et variée. Elle ajoute beaucoup à l’économie de Montréal. Son savoir, et ses compétences servent le bien commun. Elle crée un très grand nombre de nouvelles compagnies et de nouveaux commerces, et par conséquent de nouveaux emplois, et a favorisé la formation de plusieurs partenariats économiques qui sont profitables non seulement à Montréal, mais aussi à tout le Québec et le Canada. Ces différents groupes ethniques s’expriment sur la place publique par des festivals qu’ils organisent. Les Montréalais et Montréalaise apprécient leur culture, leurs couleurs, leur musique, leurs chants, leurs danses et leurs coutumes. Ils aiment les saveurs de leurs nouveaux voisins.

 

Parmi ceux-ci, des centaines de milliers viennent de milieux catholiques, ou autres, comme les latinos-américains et ont besoin de centres de culte. Alors que les catholiques de Montréal quittent leurs églises, plusieurs des nouveaux groupes ethniques les acquièrent et les utilisent, tout en les conservant. Le célèbre écrivain américain Mark Twain, de passage à Montréal et surpris d’y trouver un si grand nombre d’églises, la qualifia de « la ville aux cent clochers ». Témoins de notre histoire et gardiennes d’une architecture des époques passées, ces églises sont aujourd’hui menacées. " La ville aux cent clochers " sera peut être sauvée par " la ville aux cent saveurs ".

 

Claude Dupras