samedi 25 mars 2006   
le joyau de Montréal
Frustré


 

Le Mont-Royal, notre belle montagne au centre de l'île de Montréal, est encore attaqué. Il l’était en 1986, l’année de ma candidature à la mairie. J’avais promis qu’aucune autre construction ne serait autorisée sur son territoire que je qualifiais alors, et je le pense encore aujourd’hui, « le joyau » des Montréalais. Je fus défait et le nouveau maire Doré autorisa l’université McGill à construire un centre sportif et céda une partie du Mont-Royal, au coin nord-ouest de l’avenue du Parc et des Pins. Je suis allé combattre le règlement proposé à l’hôtel de ville, lors de consultations publiques, mais Doré ne changea pas d’idée et le centre fut construit.  

 

Voilà que le club de football « Les Alouettes de Montréal » veut agrandir le stade Percival-Molson où il joue ses matchs et qui est situé aussi sur le Mont-Royal. Le propriétaire veut couper une centaine d’arbres matures et ériger de nouveaux gradins à 35 mètres de hauteur alors que le règlement en autorise 23. Il veut aussi installer un écran géant, un nouveau système de son plus fort et de nouveaux éclairages. Les gradins, l’écran et les structures d’éclairage masqueront davantage le Mont-Royal. Le stade rénové attirera encore plus de monde, plus de trafic, et générera du bruit additionnel et des inconvénients qui gêneront encore plus la population de ce quartier résidentiel, où les espaces de stationnement disponibles débordent déjà. Le maire Gérald Tremblay est d’accord, tout comme il l’était pour le projet de relocalisation du Casino qui fut finalement annulé grâce au gros bon sens de ceux qui l’ont contesté.  

 

Nous avons à Montréal le stade Olympique qui peut contenir plus de 50,000 personnes. Il est desservi par une station du métro Montréal qui couvre non seulement la ville mais aussi les municipalités de la rive-sud du Saint-Laurent et bientôt la ville Laval qui devient la deuxième ville en population du Québec. Le stade Percival-Molson est loin des bouches de métro. Le stade olympique a été dessiné avec des estrades mobiles qui peuvent être glissées sur les côtés pour une configuration du jeu de football américain. Tout cela est fonctionnel et opérationnel. Le parking du stade a la capacité pour répondre à la demande d’un tel équipement. Les loges pour les compagnies sont déjà là (le propriétaire des Alouettes veut en construire vingt dans son projet).  

 

Les assistances aux parties des Alouettes ont bien changé. Alors que durant ma jeunesse la majorité était anglophone, elle est aujourd’hui francophone, et une vaste partie de cette population vient des banlieues et de l’est de Montréal. Pour une majorité d’entre elles, le stade olympique est facilement accessible. Quant à ceux qui vivent dans l’ouest, il y a les autoroutes et le métro. Par contre, pour tout le monde, se rendre au stade Percival-Molson, situé au centre-ville, est très difficile. Je le sais car j’ai eu pendant quelques années des billets de saison pour les matchs des Alouettes. Il me semble évident que le choix devrait être le stade Olympique, qui est disponible.

 

Pour sauver notre Mont-Royal, il nous faut être continuellement aux aguets car les promoteurs ne cessent de l’agresser. Nous sommes encore une fois à la case de départ. J’aimerais bien que le maire Tremblay soit du bon bord. Celui de l’espace de verdure exceptionnel qu’est le Mont-Royal. Celui des Montréalais et des Montréalaises.

 

Claude Dupras