Le conseil d'agglomération: c'est quoi çà ?

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jeudi 8 septembre 2005

le Conseil d'Agglomération: c'est quoi çà ?

Inquiet

 

Le Conseil d’Agglomération est la conséquence la plus importante des référendums sur la défusion du 20 juin dernier. C’est la nouvelle Communauté Urbaine de Montréal. Après avoir emprunté le nom « arrondissement » à la France, voilà maintenant que l’on récidive avec le nom « Conseil d’Agglomération » (sauf qu'en France il n'y a eu de fusion ou de défusion).

 

J’étais contre la fusion forcée de l’ex PM Bouchard car elle éloignait l’administration des villes des citoyens. Ce fut un geste antidémocratique qui alla à l’encontre des vœux clairement exprimés par les citoyens.  Je préconisais plutôt un élargissement des pouvoirs de la CUM et sa réorganisation pour favoriser un partage plus équitable des charges et une amélioration des services aux citoyens. Où il n’y avait pas de communauté urbaine comme sur la Rive-Sud, j’en voyais la création.

 

Devant le fait accompli, il fallait maintenant relever les manches et faire de Montréal la ville qu’elle peut être.  Mais « la sacré » politique encore une fois en a décidé autrement. Le PM Charest a permis la défusion.

 

On revient donc à la case de départ puisqu’il faut créer une nouvelle communauté urbaine après avoir éliminé la CUM. Ce sera le Conseil d’Agglomération de Montréal dont la structure et la réglementation sont à l’étude à Québec. Il doit exister.  Ce n’est qu’équitable car les citoyens des villes défusionnées bénéficient de tout ce que Montréal offre et doivent payer leur part.

 

Ce nouveau Conseil sera une structure politique et administrative additionnelle et sera ennuyeux pour les élus de la ville Montréal. Ses membres seront choisis parmi ceux des villes et n’auront donc pas été élu directement aux postes qu’ils y occuperont. Montréal sera majoritaire et le maire de Montréal deviendra son président. Le Conseil d’Agglomération prendra sous sa gouverne tout ce qui concerne l’eau, la police, les infrastructures collectives, l’environnement, le développement économique, le conseil des arts, le réseau des principales artères de circulation, le transport en commun, les équipements collectifs, l’évaluation foncière, etc… pour tout ce qui se trouve sur le territoire de l’ex ville fusionnée. En somme, la ville de Montréal qui depuis la fusion a travaillé durement pour bien intégrer tous ces services, doit maintenant se dépouiller de ses nombreuses responsabilités.  

 

Montréal ne sera pas la seule ville à vivre ce grand chambardement. Québec, Longueuil, et plusieurs petites villes maintenant défusionnées comme Sainte-Marguerite – Estérel auront aussi leur Conseil d’Agglomération et le partage des responsabilités ressemblera à ce qui se décide pour Montréal. Alors que les citoyens d’Estérel n’étaient pas représentés sur l’ex conseil de la ville fusionnée, ils auront droit maintenant à un seul représentant alors que ceux de Sainte-Marguerite en auront six sur le nouveau Conseil d’Agglomération Sainte-Marguerite Estérel. Ils recevront deux comptes de taxes et il est clair que le total pour les mêmes services sera beaucoup plus élevé qu’auparavant.

 

Je blâme, pour tous ces problèmes et les coûts énormes qui en découlent, l’ex PM Bouchard qui n’a pas écouté les citoyens et n’a pas cherché une solution alternative réaliste. Je blâme aussi le PM Charest qui, piégé par une promesse électorale irréfléchie, a permis la défusion et forcé les villes à revenir à la case de départ. Contrairement à plusieurs Québécois, je mets les deux dans le même panier.

 

Claude Dupras