Le contrat du siècle

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jeudi 26 octobre 2006

le contrat du siècle

Heureux


 

La compagnie montréalaise Bombardier vient tout juste de décrocher de la SNCF, la Société Nationale des Chemins de Fer de France, un contrat mirobolant de plus de quatre milliards d’euros (près de six milliards de dollars canadiens) pour le remplacement des trains de la banlieue parisienne sur une période de dix ans. Les Français qui qualifient ce marché de contrat du siècle ne manquent pas de dénoncer cette compagnie nationale française d’avoir choisi une compagnie étrangère au lieu de son compétiteur français Alstom. La décision est vertement critiquée par les auditeurs des lignes ouvertes de la radio française qui soulignent que le marché au Canada est fermé à Alstom et aux compagnies étrangères car on y procède par des négociations de gré à gré pour accorder les contrats à Bombardier. C’est ce que l’on a fait récemment pour le métro de Toronto et celui de Montréal (voir mon blog du 7 juin 2006).

 

La différence principale entre les deux situations est que Bombardier a des usines en France pour réaliser ce contrat alors qu’Alstom n’en a pas au Canada. Plus de 85 % des wagons seront construits en France et le reste en Europe ou ailleurs. Le Canada bénéficiera du know-how qui résultera des recherches pour cet immense projet, ce qui est fort important pour l’avenir au moment où la mondialisation enveloppe la planète. Par contre, Bombardier octroiera une part très significative (on dit qu’elle dépassera 35%) du marché à Alstom.

 

Je ne suis pas en accord avec les Français qui critiquent le mode d’octroi de tels contrats car je continue à penser que les demandes de soumissions publiques demeurent le meilleur moyen pour choisir un fournisseur. Il force les compétiteurs à user de leur imagination et de leur compétence pour faire la meilleure proposition possible autant du point de vue technique que monétaire. Par exemple, Bombardier a offert des wagons plus grands dans sa proposition à la SNCF, tout en proposant un prix plus attractif. Je considère que le Québec a pris un risque en modifiant ses conditions d’attribution normales pour aider une compagnie de chez nous car si la France avait décidé de procéder de la même façon, Bombardier n’aurait pas obtenu le contrat du siècle. Heureusement, tout a bien tourné pour ce constructeur. Peut être qu’Alstom pensera maintenant à s’installer dans notre pays pour obtenir des marchés ou la Communauté Européenne agira pour faire ouvrir celui du Canada aux fabricants européens dans le domaine du transport.

 

Claude Dupras