Le vin nouveau, le vin primeur

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jeudi 16 novembre 2006

Le vin nouveau, le vin primeur

Heureux

 

À une minute après minuit, le troisième jeudi de chaque mois de novembre, des millions de bouteilles de Beaujolais « nouveau » du vin de l’année, quittent les chais des vignerons de cette région pour être distribuées dans le monde. Cette année, c’est le 16 novembre. Les autres vignerons de France se joignent aussi à cet événement et présentent leur vin « primeur ».  

 

À Montréal, il y a 20-25 ans, il y avait la ruée annuelle vers le Beaujolais « nouveau ». Le jour de son arrivée sur les tablettes de la société des alcools, il était vite vendu et tous les restaurants le proposaient à leur menu. Malheureusement, avec le temps, son prix grimpa au rythme de sa popularité et l’indice qualité-prix devint son ennemi. Les ventes baissèrent et la ferveur s’éteignît. Aujourd’hui, j’ai vu en France une annonce publicitaire pour le Beaujolais nouveau à 1,50 euros ($2,10 au Canada) pour une bouteille de 750 ml. On nous les vendait dans le temps à plus de $10,00. Éventuellement plusieurs autres producteurs français ou italiens proposèrent un vin « nouveau » ou « novello », mais, pour moi, le vin « nouveau » est le Beaujolais.

 

À Bordeaux, en Bourgogne et pour quelques Côtes-du-Rhône, il s’agit pour les châteaux ou les domaines de vendre une partie de leur récolte avant que le vin ne soit élevé et mis en bouteilles, en général deux ans plus tard pour les grands crus. C’est de là que vient le nom « primeur ».  Le propriétaire bénéficie d’une entrée de fonds immédiate et l'acheteur obtient un escompte (plus ou moins 30%) sur le prix futur du vin. C’est un marché en expansion. L’acheteur a peu de critères pour acheter. Il doit se fier à son vendeur (qui est toujours enthousiaste), aux experts-critiques et à la réputation du producteur et il arrive que malgré la ristourne le prix soit moins élevé lorsque le vin est à maturité car moins bon que prévu. Ce fut le cas, entre autres, lors du cauchemard 1997 pour un mauvais millésime vendu trop cher. Par contre beaucoup d’amateurs ont fait des affaires intéressantes en d’autres années.

Ce soir, je visiterai deux vignerons, producteurs à Rochefort du Gard, pour goûter le vin 2006, qu'ils appellent le  «primeur ». J’ai aussi l’intention durant le week-end de faire une tournée de dégustation en Provence puisque les vignerons et les caves de la région invitent. Un beau moment au milieu des vignes et un bon temps pour apprendre.

 

Claude Dupras