le vrai Karzaï

Accueil • Début
 

lundi 2 octobre 2006

le vrai Karzaï

En colère


 

Le 23 juin dernier, dans mon blog « Karzaï  a raison », je donnais raison au président Afghanistanais Hamid Karzaï qui réclamait une autre stratégie militaire par les Américains et la coalition qui font la guerre dans son pays. Il déplorait que « celle qui est suivie depuis un mois ne porte pas de fruit. Au contraire, la réaction se traduit par un nombre croissant d’attentats de la part des Talibans ». Le Canada en souffrait et je croyais qu’il était temps que nos soldats soient protégés.

 

Karzaï vient de rendre visite au Canada et aux USA. Dans une conférence de presse au côté du président Bush et en réponse à une question précise en rapport avec la nouvelle stratégie, il a nié qu’il y avait une nouvelle stratégie et a affirmé qu’elle n’était pas nécessaire car l’existante était réaliste, bien pensée, solide et apporterait les résultats escomptés. J’ai été abasourdi de l’entendre. J’ai compris qu’il avait accepté les directives de la Maison Blanche et qu’il mangeait dans la main du président américain. Il était comme manipulé par un ventriloque et ne faisait que répéter ce que les stratèges de l’administration américaine lui avaient dicté, alors qu’il pensait le contraire.  

 

Hier, un journaliste américain a révélé, avec multiples détails, comment l’ex secrétaire d’État américain Colin Powell a été amené insidieusement par le président Bush, à faire une présentation convaincante au conseil de sécurité de l’ONU, avec « preuves » à l’appui, que Saddam Hussein représentait un grand danger pour l’humanité puisqu’il possédait d’importants stocks de produits à destruction massive et même la possibilité de l’arme nucléaire. Powell qui avait la meilleure réputation et était le plus populaire de tous les membres du cabinet de Bush, incluant le président lui-même, a décidé de risquer le tout malgré les rapports du groupe d’inspection américain dirigé par David Kay qui avait passé huit mois en Irak à la recherche de ces armes et avait conclu qu’elles n’existaient pas et celui de l’agence de l’ONU pour le contrôle nucléaire qui est arrivé à la même conclusion. Powell a accepté la demande de son président et a fait une démonstration truffée d’inexactitudes et de faux renseignements. Il a contribué énormément à convaincre les Américains du bien-fondé de la guerre que voulait faire Bush en Irak et les a ainsi trompés car ce bien-fondé était fabriqué de toute pièce. 

 

Tout comme Powell, Karzaï a accepté de jouer le jeu de Bush. Il a d’un coup perdu toute crédibilité auprès de ceux qui s’y connaissent. On ne peut plus le croire. Dorénavant, sa prestance et sa belle rhétorique ne suffiront plus pour masquer la réalité qu’il n’est qu’un pion dans le jeu du président maudit.

 

Claude Dupras