Canada

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Le peintre canadien Georges Marie-Joseph Delfosse naît à Saint-Henri de Mascouche au Québec, dans un foyer de musiciens, en 1869. Dès son jeune âge, Georges Delfosse apprend la musique comme ses frères et sœurs mais il troque rapidement le piano pour la palette et le pinceau. En 1881, les Delfosse quittent Mascouche pour s'établir à Montréal. Georges y fréquente d'abord l'école Saint-Jacques, puis le collège Saint-Laurent. Dès lors, il couvre les marges de ses cahiers d'images qui émerveillent ses camarades. A l'âge de treize ans, il exécute son propre portrait. Devant son talent qui est évident, son oncle, le docteur Edmond Mount, le confie à l'abbé Chabert, fondateur de l'Institut national des Beaux-Arts de Montréal, qui l'initie à la peinture. En 1885, Georges Delfosse expose pour la première fois et quelques années plus tard, en 1888, la Galerie des arts située au square Philips accepte d'exposer ses œuvres. Tout en poursuivant ses études avec ses professeurs aussi prestigieux que les peintres Dyonnet et, plus tard à Paris, Bonnat et Harlamoff, Delfosse se passionne pour un projet d'urbanisme. Il trace les plans d'un boulevard qui devait relier la rue Saint-Denis au boulevard Saint-Laurent. À cette époque, il s'essaye aussi à l'illustration. En 1890, Georges Delfosse entame son impressionnante carrière de peintre religieux. Il est infatigable. Maintes églises du Québec, du Canada, et même des Etats-Unis, en témoignent encore par les chef-d'œuvres qu'il leur a laissés. Certains ouvrages sont particulièrement réussis: qu'on pense à la série des sept tableaux réalisés en partie lors de son long séjour à Paris, en 1908, qui décorent les bas-côtés de la cathédrale de Montréal. Lors d'un second séjour à Paris, écourté celui-là par la guerre de 1914, il fréquente les musées, les salons et les artistes, et visite de vieilles villes et de vieilles églises afin d'enrichir sa palette et de développer un goût de la couleur. A l'exposition provinciale de 1893, qui se tient sur l'avenue du Mont-Royal, trois peintures de Delfosse sont primées: une Eglise Bonsecours, un Fort Chambly et un portrait du Docteur Mount. Ce dernier tableau fait naître chez lui l'engouement pour les portraits? Des notables de la province lui en commandent. Il dessine en 1897, le portrait de Sir Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada qui est vu par des milliers de visiteurs, tant la ressemblance est saisissante. Il fonde en 1900 la Société canadienne de portraits et de tableaux à l'huile et continue de peindre jusqu'en 1937, deux ans avant sa mort. Il réalise près de 3 000 tableaux, dont un grand nombre sur commande. Même si ces portraits et ces peintures religieuses lui valent la faveur de ses compatriotes, ce sont ses nombreux tableaux historiques sur des sites ou des maisons et bâtiments du Montréal d'autrefois qui forment la troisième partie de son oeuvre. Ce patrimoine souvent disparu est là sous nos yeux, comme si le peintre s'était précipité avec son chevalet et ses pinceaux un peu avant la démolition ou l'incendie des bâtiments, afin d'immobiliser sur sa toile les vieilles pierres. Il parcourt la province de Québec, séjourne dans les Laurentides, l'île d'Orléans, la région de Montréal. Georges Delfosse était "notre peintre de la lumière". Il meurt le 22 décembre 1939 à l'aube de la 2e guerre mondiale.