Québec

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Malgré que la peintre canadienne Kathleen Morris naît, le 2 décembre 1893, avec un trouble du système nerveux qui affecte son élocution et ses mouvements, elle a un enthousiasme pour la peinture. Elle suit les cours de l’"Art Association of Montreal" auprès de William Brymner et pendant les étés, elle fait aussi des excursions avec Robert Pilot pour réaliser des croquis en plein air.

En 1920, elle devient membre du Groupe Beaver Hall de Montréal. Elle y tisse des liens serrés avec les dix femmes peintres du groupe qui ont choisi de faire carrière dans les arts à une époque où cela est principalement le lot des hommes. Bien que le groupe ne dure qu’un an et demi, il aura une grande importance sur le développement des carrières de ses membres.

De 1923 à 1929, Morris habite à Ottawa au
moment où la Galerie nationale du Canada acquiert de ses œuvres. Durant cette période, elle réalise souvent des voyages en hiver dans les Laurentides, à Berthierville et dans la ville de Québec pour exécuter des croquis. En 1929, élue membre de l’Académie royale des arts du Canada, elle retourne vivre à Montréal où elle restera toute sa vie.

L’histoire de Kathleen Morris dépasse largement le cadre de la simple lutte contre les mœurs de l’époque. Plutôt que de succomber à son handicap, elle s’épanouie au milieu de l’amour et de l’encouragement de sa famille et peint avec tout son cœur. Son histoire n’est pas inhabituelle en soi. Comme Toulouse-Lautrec qui traînait son corps meurtri dans les bas-fonds de Paris, Morris décide d’accepter son sort et elle pratique son art avec toute la joie et l’ardeur d’une personne normale.

Kathleen Morris a le don de « toucher » les gens, laissant une impression impérissable à tous ceux et celles qu’elle rencontre, acheteurs ou amis, car elle leur insuffle force et inspiration. Son univers est marqué au coin de la vie rurale et de l’honnêteté de la nature.

"Je ne pouvais pas beaucoup marcher, alors on me transportait en traîneau jusqu’à l’endroit où je voulais aller peindre", dit-elle. "La neige était tellement épaisse que le seul endroit où je pouvais peindre était dans les traces laissées par le traîneau. Je portais un vieux manteau de fourrure avec un genre de tablier par-dessus et un chapeau de fourrure avec oreillettes".

Les villes de Montréal, de Québec et d’Ottawa, y compris leurs environs, lui fournissent une source d’inspiration infinie et elle trouve dans leur train-train quotidien une forme de rythme et de mélodie qui la guide dans ses explorations artistiques. Elle fait montre d’un style unique car elle transforme son environnement de manière intuitive, guidée davantage par la couleur qui l’emporte sur la forme. C'est une approche inhabituelle pour l'époque.

À 82 ans, même si elle a été grandement acclamée tout au long de sa carrière, Morris se sent oubliée par le nouveau monde artistique. Son époque de chariots tirés par des chevaux recouverts d’une couverture, d'élégantes flèches d’églises nouvelles... est révolue.

Elle meurt le 30 décembre 1986.