Québec

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La peintre canadienne Rita Letendre est née à Drummondville au Québec en 1928 d'un père de la nation algonquine Abenaki et d'une mère québécoise francaise. En 1941, des difficultés économiques poussent sa famille nombreuse à déménager à Montréal.

En 1948, elle entre à l’École des beaux-arts de Montréal. Malheureusement, elle n'aime pas l’accent mis sur la représentation figurative traditionnelle en faveur de modèles plus novateurs telle qu'elle a vus en 1949 à l’"Exposition des rebelles" des automatistes.

Elle s’associe au milieu naissant de l’art d’avant-garde de Montréal et découvre l’art surréaliste, automatiste et abstrait. Letendre s’inspire des intentions de Borduas qui encourage l’autodétermination et la création de nouveaux vocabulaires visuels. Dès 1950, elle expose de petites gouaches abstraites et sa participation à l’exposition des automatistes en 1954, "La matière chante", est un moment crucial dans sa carrière. Le mouvement abstrait est jusqu’ici négligé par les grandes institutions du Québec.

Mais elle s’oriente rapidement vers l’esthétique "hard-edge" (rigueur géométrique et la netteté des surfaces de couleurs en aplat) suivant laquelle elle développe son motif de prédilection : la flèche.

En 1955, elle expose au Musée des beaux-arts de Montréal. Son travail provoque la désapprobation de Borduas qui revint de New York pour voir cette exposition importante. Il critique ses tableaux parce qu’ils sont " trop géométriques et rationnels " et infidèles à ses idées. Puis, elle va vers un public international en exposant à New York et au Musée des beaux-arts du Canada.

Pour Letendre, son travail repose sur les métaphores de la lumière, de l’ombre et du mouvement dans un engagement permanent envers la découverte de soi-même. Elle suggère que, dans cette éternelle rencontre des forces, la lumière échappe au néant et ainsi survit. Cette approche découle de son patrimoine autochtone.

En Italie, elle rencontre le sculpteur Kosso Eloul, qu’elle épouse en 1966. Le couple voyage en France, Israel, Los Angeles avant de s’installer à Toronto en 1969. Durant les années 1970, Letendre délaisse l’abstraction géométrique et utilise l’aérographe pour créer des effets atmosphériques.

Au fil de nombreuses expositions individuelles et collectives, Letendre acquiert une renommée internationale qui lui vaut plusieurs commandes de murales extérieures et intérieures aux Etats-Unis et au Canada, entre 1965 et 1980.

Son œuvre est difficile de cerner avec des mots. Automatiste, coloriste, muraliste, graveure, elle a développé son propre style. Ses tableaux flamboyants sont de formidables déclarations d’amour et leur force et leur singularité ont rayonné à travers le monde, de galeries en musées. Fort heureusement, une partie de son corpus s’est posé au Musée des Beaux-Arts du Québec à qui elle a fait don de 101 œuvres.

"Toute cette terminologie importe peu. Ce qui importe, c’est le tableau. Quand on regarde un tableau, on regarde quelque chose de vrai et c’est ce qui compte" dit-elle.