Allemagne

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Le peintre postimpressionniste britannique Walter Richard Sickert est né le 31 mai 1860 à Munich.

Son père, Oswald, est allemand et danois, et sa mère, Eleanor, est la fille illégitime de l'astronome Richard Sheepshanks. Il étudie à la King's College School de Wimbledon. Fils et petit-fils de peintre, il est d'abord acteur avant de peindre. Plus tard, il va à Paris et rencontre Edgar Degas, dont les innovations sur la composition de l'espace pictural et le style graphique l'influence. Sa vision personnelle favorise des coloris sombres donnant des effets surnaturels.

Sickert peint en atelier et travaille de mémoire d'après des croquis. Ses premières œuvres évoquent des scènes ambiguës de music-halls de Londres. L'orchestre, le public, les chanteurs et acteurs ne tendent vers personne et le public s'étire et contemple des choses non visibles dans l'espace pictural. Cette confusion et cette incommunicabilité sont un trait caractéristique de sa peinture. Il concentre aussi sur les motifs de papier peint, crée des arabesques décoratives abstraites, aplanit l'espace.

À cette époque, Sickert passe beaucoup de temps en France à Dieppe où sont sa maîtresse et son fils illégitime. Juste avant la première guerre mondiale, il fonde le Camden Town Group avec des peintres britanniques influencés par les nouvelles tendances mais qui se concentrent sur des scènes de la vie urbaine. Ses portraits de figures se situent dans la frontière entre respectabilité et pauvreté.

En 1907, Sickert s'intéresse à l'assassinat d'une prostituée. Il peint plusieurs versions d'une scène d'un homme costaud assis dans une pose désespérée sur un lit, une femme nue est étendue à ses côtés dont le titre est "What shall we do for the rent ?" Il joue sur des interprétations multiples de la même scène peintes en impasto et dans des tonalités restreintes et proches. Plusieurs de ses nus sont obèses et la chair des figures s'associe à l'épaisseur de la touche.

Son intérêt pour le genre narratif victorien influence aussi son œuvre la mieux connue, "Ennui", dans lequel un couple dans une pièce minable fixe le vide, montrant l'absence de communication.

Dans ses dernières œuvres, Sicker sort les scènes hors de leurs contexte et les peint comme des affiches où la narration et l'environnement spatial se dissolvent. Il nomma ces peintures ses « échos ». Il est considéré comme un représentant marginal de la transition entre l'impressionnisme et le modernisme et une influence importante du style de l'avant-garde britannique des années 1920.

Son ami lord Beaverbrook assemble la plus grande collection de peintures de Sickert dans le monde. Elles sont actuellement conservées à la Galerie d'art Beaverbrook de Fredericton, au Nouveau-Brunswick, Canada.

Walter Sickert peint "Jack the Ripper's Bedroom (vers 1907)". Il est intéressé par les crimes du tueur en série et croit avoir habité dans le même logement que lui, se basant sur les dires de sa propriétaire. Le tableau est conservé à la Manchester Art Gallery. En 1976, le livre de Stephen Knight, Jack the Ripper : The Final Solution, prétend que Sickert a été forcé de prendre part au meurtre. Plusieurs croient encore en cette thèse malgré l'opinion contraire des historiens.

Walter Sickert meurt le 22 janvier 1942 à Bath, Somerset, Angleterre.