Les vendeurs de tapis

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dimanche 28 août 2005

les vendeurs de tapis

Triste


La semaine dernière, Paul Arcand, l’intervieweur expert à la radio, recevait l’ex ministre André Boisclair. Ce dernier est actuellement le favori pour remporter la course à la chefferie du Parti Québécois.  Ce fut une rencontre intéressante et Boisclair démontra bien ses qualités de communicateur. Il a, évidemment, comme tous les candidats à la direction d’un parti, une réponse à chaque question et pour chaque situation.  Mais Arcand n’est pas le dernier venu et il a vite coincé le jeune candidat dans un coin. La réponse n’ayant pas de rapport direct à la question, Arcand insista en la reformulant. On sentit bien que Boisclair ne s’en sortirait pas. Mais non, il n’était pas au bout de sa corde. D’un ton des plus sérieux, mais qui me semblait manquer d’un peu de conviction, il affirma que la solution : c’est la souveraineté. Le même argument que ses collègues nous servent à toutes les sauces. A l’entendre l’expliquer, quand elle sera au rendez-vous tout ira comme dans le meilleur des mondes au Québec car nous nous serons débarrassés de la source de nos problèmes, le fédéralisme. Avec elle: l’argent coulera à flot (il a sûrement lu les prévisions, du budget de l’an 1 de la souveraineté, de son ex collègue Legault mais n’a pas lu les répliques d’experts sérieux qui ont été publiés), les demandes des Québécois seront financées, ils seront davantage au courant de tout, participeront dans les affaires de leur état, les politiciens seront plus efficients, la rigueur et la vigueur seront de mises, le gouvernement plus près des gens, les discussions terminées et tout se fera dans la plus grande honnêteté et intégrité … car nous serons maîtres chez nous. Merlin avec sa baguette magique ne pourra faire mieux. De tels propos rêveurs et irréalistes sont irresponsables au point d’en être triste.  

 

Je ne veux pas ici m’impliquer dans la course à la chefferie ni dans un débat sur la souveraineté. Cette noble idée mérite un grand débat public et non un énoncé de conneries comme ceux que j’ai entendus il y a quelques jours. Que l’on soit pour ou contre, c’est le droit de chacun et il doit être respecté. Il y a de bons arguments de chaque côté et par deux fois les Québécois se sont prononcés suite à des débats sérieux et mémorables. Cette occasion viendra probablement encore et les Québécois en toute connaissance de cause décideront à nouveau. D’ici là, il ne faudrait pas que mes compatriotes se laissent berner par des vendeurs de tapis.

 

Claude Dupras