lundi 10 avril 2006   
vox populi
Surpris


 

En France, le peuple parle, manifeste et le gouvernement réagit. Le président Jacques Chirac a décidé ce matin de retirer le projet du contrat de première embauche, le CPE, qui a créé tant de remous partout dans son pays.

 

Cela est surprenant pour les Américains du nord. Premièrement, parce que nous ne comprenions pas la raison qui motivait ceux qui s’opposaient au CPE, qui nous semblait la chose à faire pour atténuer le chômage des jeunes (ne correspondait-il pas à ce qui se fait chez nous ?) et deuxièmement, nous voyons rarement, de notre côté de l’Atlantique, un gouvernement baisser l’échine suite à des manifestations. Pour sortir de l’impasse, Chirac propose un « dispositif en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes en difficulté ». Ouais !

 

Le PM de Villepin qui dit avoir voulu « un meilleur équilibre entre plus de souplesse pour les entreprises et plus de sécurité pour les salariés… » a perdu des plumes politiques dans cette crise profonde. Pourtant, il avait raison mais il n’a pas été compris.

 

Il est clair que la France n’est pas prête à faire des changements similaires aux autres pays occidentaux pour faire face aux réalités du monde d’aujourd’hui. Elle a sa façon de voir les choses. Et, à bien y penser, c’est peut être la bonne face à l’autre façon qui est de plus en plus à l’américaine. Le temps est peut être venu de repenser nos convictions des dernières années. Nous avons été obsédés par la globalisation et la mondialisation. Nos gouvernements n’ont pas écouté les altier-mondialistes qui sont venus sur les places publiques du monde contester le libre échange, en prédire les conséquences, donner leur point de vue et proposer une autre façon de voir.

 

Aujourd’hui, on ressent les conséquences de l’élimination des frontières : des fermetures  de grandes compagnies de fabrication industrielle et manufacturière, des mises à pieds en masse de travailleurs expérimentés, la diminution des salaires (le salaire minimum aux USA n’a pas été changé depuis 1997), le non-respect des systèmes de pensions auxquels les ouvriers ont contribué toute leur vie, et cætera. Malgré que les statistiques montrent une accélération de l’économie, le nombre de bons emplois bien rémunérés diminuent et la classe moyenne souffre de plus en plus. Nos entreprises se retrouvent en compétition avec des pays où on ne respecte pas les droits de la personne ni les règles du jeu. Par contre, le consommateur (nous tous) en profite à cause des bas prix de fabrication des produits dont il a besoin.  

 

Est-ce un bon  équilibre ? Je commence à en douter !

 

Que faire ? Doit-on continuer dans la même voie ou ajuster notre tir ? Les Français nous indiquent qu’ils veulent protéger leurs valeurs passées. Comme me disait un ami français dans un récent blog : "La France reste un laboratoire de la démocratie".  Ce ne peut qu’être sain pour notre système politique et notre avenir.

 

Claude Dupras