Mademoiselle Thériault

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Mademoiselle Thériault

Jean-Claude a 6 ans et le temps de l’école est arrivé. La famille vit dans un nouveau quartier où il n’y a pas d’école. La commission scolaire loue une maison pour répondre temporairement aux besoins des enfants de ce secteur de Verdun, en plein
essor résidentiel. Les classes de 1ière et de 2ième année sont justement dans cette maison privée située sur le côté ouest de la rue Brault, face au terrain de la future église Notre-Dame-de-la-Garde.

À la rentrée scolaire de septembre 1938, Antoinette, à la fois fière et inquiète, amène Jean-Claude rencontrer Mademoiselle Thériault, celle qui sera sa « maîtresse » en 1ière année. Deux soeurs Thériault enseignent à l’école. Ce sont des femmes remarquables, très aimées par toutes les mères du quartier. Celle qui prend charge de Jean-Claude fait l’admiration et le bonheur d’Antoinette pour son sens de la pédagogie et son dévouement. Jean-Claude gardera d’ailleurs toujours d’excellents souvenirs de sa « maîtresse » de 1ière année et la considérera, tout au long de son éducation, comme la meilleure enseignante qu’il n’ait jamais eue. Elle inculque aux enfants les rudiments de l’écriture, de la lecture, du petit catéchisme, du dessin, de l’histoire sainte, de l’histoire de la patrie et de l’arithmétique; elle met beaucoup d’emphase sur la propreté et l’hygiène et chaque matin, les élèves doivent faire face à l’examen des mains, des ongles et des cheveux (pour les poux). La bienséance et les bonnes manières font aussi partie de l’enseignement quotidien.

Il y a aussi les cours d’anglais élémentaire que tous les élèves aiment bien car ils connaissent déjà la langue et la parlent, plus ou moins bien, à cause de leurs contacts quotidiens avec leurs petits copains anglophones. Le matin, vers 10:00, la commission scolaire offre à tous les enfants de ses classes élémentaires un « demiard » de lait frais en bouteille, fourni par la laiterie J.-J. Joubert, avec des petits biscuits « blanc-mange ». C’est un moment que Jean-Claude apprécie beaucoup car le lait est excellent. Il comprendra plus tard que cette collation est destinée particulièrement aux enfants qui n’ont pu manger chez eux le matin à cause de la précarité de la situation financière de leur famille, victime de la « Grande Dépression ». Jean-Claude ne comprend pas encore qu’il a la chance d’avoir des parents qui, sans être riches, lui donnent toujours au moins le minimum dont il a besoin et parfois même plus.
 

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