mercredi 7 juin 2006   
ça sent mauvais !
Inquiet


 

Le gouvernement Harper annonce l’achat sans soumission de quatre avions porteurs géants Boeing C-17 pour le transport de troupes et de gros équipements militaires. De plus, le contrat d’achat inclurait l’entretien de ces appareils en sol américain pour 20 ans. C’est un investissement de trois milliards $.

 

C’est en invoquant l’urgence de mettre ces appareils au service de nos soldats canadiens à l’étranger que le gouvernement conservateur justifie l’achat sans soumission. Je crois que cet argument est faible et en cache un autre d’autant plus que le transport actuel se fait par des transporteurs loués de la Russie qui sont toujours disponibles. Je suis contre un tel achat sans soumission car je suis convaincu que nous pourrions faire des économies appréciables. J’ai toujours pensé qu’il faut acheter, au nom des payeurs de taxes, au meilleur prix. Je n’étais pas d’accord, pour les mêmes raisons, à ce que l’on accorde le contrat des rames du métro de Montréal à Bombardier sans soumissions, mais au moins ce fournisseur est Canadien et crée de l’emploi en sol québécois.

 

Par contre, les gros porteurs Boeing seront construits aux USA. De plus, l’entretien se fera là aussi, contrairement aux politiques passées canadiennes à l’effet que la maintenance des appareils militaires devait être faite en sol canadien. Ne serait-ce que pour des raisons d’économie et de création d’emploi, je crois que c’était fort justifiable. Mais il y a aussi la question très importante de la souveraineté du Canada. Il me semble que des bâtiments de guerre canadiens entretenus hors du sol canadien n’est pas une situation normale pour la sécurité du pays.

 

Quant aux autres équipements dont notre gouvernement national veut doter très bientôt l’armée canadienne, tels une quinzaine d’avions Hercules, trois navires, une quinzaine d’hélicoptères et de gros camions, invoquera-t-il la même raison pour les acheter sans soumissions. Si oui, je pense que l’on pourra commencer à dire « Ça sent mauvais ! ».

 

Claude Dupras