le vice-président

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Le vice-président 

Durant sa dernière année à Poly, Claude, malgré ses études et sa vice-présidence de l’AGEUM participe à quelques activités de la Jeune Chambre et accepte d’être membre du comité de la campagne de recrutement.  Il aime la Jeune Chambre au point de rêver d’en devenir un jour le président national. En juin 1955, à la fin du mandat du président Bernard Janelle, le futur président Maurice Déry offre à Claude de siéger au conseil d’administration pour le mandat 55-56. Heureux de cette marque de confiance, Claude accepte et devient conseiller lorsque l’élection de l’équipe Déry est confirmée. Ce dernier est un homme d’affaires et agit comme représentant pour les produits de la compagnie Remington Rand qui fabrique les machines Univac, qu’elle nomme calculographe-classificateur, précurseurs des ordinateurs. Il réussit bien. C’est un homme ordonné, travailleur infatigable, qui met l’accent sur tous les détails, enthousiaste et profondément convaincu que la Jeune Chambre est une vraie école de chefs. Il sut en bénéficier et est un modèle pour les nouveaux membres. L’année de sa présidence est un grand succès et est marquée par toutes sortes d’initiatives. Seul son grand projet ne voit pas le jour. Déry mûrissait l’idée de réaliser l’ « édifice Jeune Commerce » pour loger l’association sur une base permanente et lui donner les outils pour son expansion future. Faute de ressources financières, il ne se décourage pas pour autant et compte sur le « fonds de réserve » pour recueillir les surplus annuels des mandats futurs et bien les administrer. Il espère, un jour pas trop lointain, voir le projet du siège social se réaliser et ne cessera jamais d’en faire la promotion. À la fin de son mandat, il passe les rênes à Laurent Gendron qui devient le président pour le mandat 56-57.  

Claude aime Laurent Gendron. Il apprécie sa sincérité, son énergie et son moto qu’il répète souvent lors des réunions du Jeune Commerce : « on ne doit pas compter les heures qu’on y consacre puisqu’on est remboursé au centuple ». Gendron reconnaît les talents d’organisation de Claude et lui confie la direction du congrès annuel qui a lieu du 2 au 5 septembre 1956, à Highgate Springs sur les rives du lac Champlain, dans l’état du Vermont. C’est un grand succès. Gendron le nomme au comité de direction comme vice-président responsable des comités d’action. Les autres membres sont le premier vice-président Claude Rouleau et les vice-présidents : le jeune courtier Jean-Louis Tassé, le comptable Marcel Girard et Paul Talbot. Gendron est un président sympathique, amical, travaillant et visionnaire. Il croit à l’égalité des femmes et fait changer la constitution de la Jeune Chambre pour leur en ouvrir l’accès.  

Claude accepte plusieurs tâches dont celle de l’organisation des deux « Semaine Jeune Commerce ». Une suite à la campagne de recrutement et l’autre en février. La première regroupe cinq activités dont une excursion de ski à Saint-Sauveur, une soirée de vaudeville chez Labatt’s, le conseil de ville modèle à l’hôtel de ville de Montréal en présence du maire, une conférence à l’amphithéâtre de l’U de M sur le voyage de l’Égaré II (un radeau qui traversa l’Atlantique avec trois Français à bord) et enfin une grande soirée canadienne au chalet du Mont-Royal.  

Le tournoi annuel de sécurité routière est organisé par le conseiller Gérard Auger sous la responsabilité de Claude. C’est une grosse organisation qui regroupe plus de trente personnes travaillant dans cinq comités. Le tournoi a lieu dans la cour de l’école supérieure le Plateau et consiste en une série de tests sur une piste à obstacles ayant rapport au code de la route. Il a été mis en place pour les jeunes de moins de vingt ans qui s’apprêtent à demander leur permis de conduire. Cette année, le concours est différent puisqu’il s’intègre au sein d’une activité de la Chambre de Commerce des Jeunes du Canada, le ROAD-E-O; il est pancanadien et doit se conformer aux règlements et directives nationaux. Les membres du comité visitent les collèges et les écoles supérieures de la région afin d’inciter le plus grand nombre possible d’élèves à prendre part au tournoi. Une conférence de presse à laquelle participent les autorités municipales annonce le concours. Une élimination se fait par institution et le jour de la compétition, plus de cent jeunes finalistes sont inscrits. Les deux meilleurs représenteront la Jeune Chambre au tournoi provincial qui se tiendra à Saint-Lambert. Un jeune Canadien anglais du nom de Moore remporte la première place et la deuxième va au jeune Jean-Paul Provost. Claude est satisfait du succès de l’activité et heureux que le hasard ait voulu que ce soit le fils d’un de ses clients, Paul Provost, président de Provost Cartage, qui se soit classé second.

Laurent Gendron n’aime pas la tradition de la Jeune Chambre qui consiste, avant chaque banquet ou dîner, à lever les verres à la santé de la reine Élizabeth II, souveraine du Royaume-Uni et du Canada. Lors du congrès annuel à la fin de son mandat, il propose aux personnes présentes au banquet d’ouverture de lever leur verre au… pape. C’est la première fois que Claude et les autres participants entendent une telle proposition. La première réaction est un court silence mais, dès que la surprise est passée, tous se mettent debout et lèvent leur verre avec enthousiasme à la santé de Sa Sainteté Pie XII. Claude ressent un vent de nationalisme émanant de la salle.

 

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