l'année Rouleau

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L’année Rouleau 

Claude Rouleau est élu président de la Jeune Chambre de Montréal pour le mandat 57-58. Claude Dupras est réélu vice-président et élu premier vice-président par le conseil d’administration. 

À la première réunion du conseil, il est nommé président régional de Montréal à la Fédération provinciale, présidée par le dentiste Paul Lacoursière de la Jeune Chambre de Trois-Rivières. La région de Montréal ne comprend que la Jeune Chambre de Montréal contrairement aux autres régions qui regroupent plusieurs Jeunes Chambres. Claude est surpris, lors de la première réunion du conseil de la Fédération d’être choisi, avec Lacoursière, pour représenter le Québec au conseil d’administration des Jaycees du Canada. A-t-il été nommé parce qu’il représente la plus grande Jeune Chambre au Canada ou parce qu’il est bilingue? Il ne le sait pas. De toute façon, il est emballé d’avoir l’opportunité de siéger au niveau national auquel il rêve depuis ses premiers jours dans la Jeune Chambre.  

Au cours des premières réunions du conseil provincial, il remarque une certaine animosité envers lui et Montréal. Il entend quelques fois des commentaires en rapport avec ce qu’il propose, tel « on sait bien… eux autres à Montréal… ». Au lieu de s’opposer au fond de l’argumentation, certains en veulent au lieu d’origine de celui qui fait la proposition. Claude ne comprend pas ce sentiment qu’il constate pour la première fois. Ses amis lui expliquent que c’est comme ça dans la plupart des grandes organisations provinciales au Québec. Même s’il connaît la rivalité naturelle entre la ville de Québec et la ville de Montréal, il ne comprend pas ce sentiment qu’il qualifie d’infériorité et de jalousie envers quelqu’un de Montréal. Claude est déçu de constater ces agissements ridicules et bêtes. Heureusement, ce sentiment n’existe pas au niveau de la Jeune Chambre de Québec à cause de la présence de son président et vice-président national, Charles Blais qui est un jeune homme exceptionnel, intelligent et un gars affable, dévoué et ouvert. Il est un homme d’action.  

En novembre 1957, il y aura élection à Montréal pour le conseil municipal. La Jeune Chambre y est représentée par un conseiller municipal de la classe « C», conformément aux règlements de la ville. Le temps est venu de choisir son remplaçant. La décision est importante car, depuis trois ans, le débat est virulent et souvent mesquin au conseil municipal entre les conseillers du temps de Camilien et ceux de l’équipe de l’Action Civique de Drapeau. La Jeune Chambre espère qu’il devienne positif. Après une courte délibération, il est unanimement résolu de choisir l’ex président Maurice Déry pour le prochain terme. Claude vote pour lui. Il le croit réformateur et un homme droit qui ne trempera pas dans la magouille. Déry saura voter pour ce qui est bon pour Montréal, son avenir et faire la part des choses entre les arguments présentés par les deux partis en présence : l’Action Civique et le Ralliement du grand Montréal. Les ex présidents Maurice Custeau et Régent Desjardins, le conseiller sortant-de-charge, sont les prédécesseurs de Déry au conseil municipal.  

Claude dirige la visite du président national Douglas Fischer au Québec accompagné de Guy Portebois, secrétaire général de la Fédération et un pilier du mouvement au Québec (Il est un émigré français et Claude, qui l’aime bien, a souventes fois des échanges que l’on peut qualifier de musclés avec lui). Elle se termine à Montréal et le maire Fournier les accueille à l’hôtel de ville où ils sont invités à signer le livre d’or. C’est la première rencontre de Claude avec le nouveau maire Sarto Fournier.  

Claude coordonne l’organisation du banquet des Gouverneurs d’avril 1958. C’est l’événement social annuel le plus important où tous les membres s’unissent pour rendre un hommage mérité à une phalange d’hommes d’affaires importants du milieu montréalais qui ont accepté de devenir gouverneurs de la Jeune Chambre. Il souligne aussi l’apport des anciens présidents qui ont bâti le mouvement. Parmi les gouverneurs, on retrouve : MM. Ernest Savard, Charles J. Dupuis, Me Bernard Couvrette, l’hon. Juge T.-A. Fontaine, J.-René Ouimet, le brigadier Guy Gauvreau et une cinquantaine d’autres. Le banquet est aussi un genre de conventum où aiment se retrouver ceux qui jadis vouèrent une partie de leur jeunesse à la cause de la Jeune Chambre et qui lui sont reconnaissants de les avoir aidés dans la vie. C’est également l’occasion de rencontrer les autorités civiles et religieuses de la métropole qui, par leur présence, témoignent du bien accompli par la Jeune Chambre dans le milieu. Il y a toujours un conférencier invité, un excellent dîner servi dans une atmosphère de grande fête. La salle et les tables sont majestueusement décorées. Tous les hommes sont en tuxedo et les dames en robes cocktail. Le banquet a lieu à l’hôtel Windsor et c’est le party le plus fashionable à Montréal. Claude veut qu’il soit mémorable dans les annales de la Jeune Chambre et surveille les moindres détails. Comme ce fut le cas l’année précédente, il propose d’abaisser le prix du billet pour faciliter l’accès à tous les membres. C’est un grand succès sauf pour ce qui est de la prestation du célèbre maire de Granby, Horace Boivin, qui est le conférencier invité. Créateur du superbe Zoo de Granby, le maire qui a transformé sa petite ville des Cantons de l’Est en une ville industrielle importante, a choisi de parler des « Isotopes », un sujet qu’il ne connaît absolument pas. En un rien de temps, il réussit à endormir plusieurs invités en expliquant les différents types de noyaux atomiques d'un même élément. Il est vite mêlé dans ses neutrons, ses protons et ses électrons alors qu’il cherche à démontrer la conséquence de ces nouvelles connaissances sur la vie future. Heureusement, les accords d’un excellent orchestre viennent réveiller tous les invités et favoriser les plaisirs de la danse pour terminer la soirée en beauté.

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