New York

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New York

Charles-Émile et Antoinette aiment voyager et en 1949 ils amènent leurs garçons et leur fille visiter New York. La famille n’est pas plus riche qu’il ne faut et même si elle l’était, Charles-Émile aurait le même raisonnement : « il ne sert à rien d’aller dans les meilleurs hôtels puisque de toute façon on est dans la chambre que pour se coucher ». Il recherche donc des hôtels de qualité inférieure et des chambres sans salle de bains. Une salle de toilette commune dans le corridor fait bien l’affaire. Tout au plus, accepte-t-il de payer pour un lavabo dans la chambre. Antoinette est d’accord. Charles-Émile respecte ses principes « travail et économie ».

Ils invitent les Giguère à les accompagner. Leurs enfants Pauline, Denise G. Et Claude ainsi que la sœur de madame Giguère se joignent à eux. Les Giguère sont les propriétaires d’un triplex de la rue Rolland, de biais en arrière du 6401 et occupent le rez-de-chaussée. Ce sont des gens relativement à l’aise qui sont propriétaires depuis longtemps d’une petite épicerie sur la rue Wellington, dans le quartier no. 1. Comme la presque totalité des commerçants, ils ont commencé modestement et ont réussi avec beaucoup de peine, de sacrifices et de temps, à amasser des économies qui leur permettent maintenant de bien vivre. Ils possèdent un chalet à la Baie Missisiquoi, à Venise-en-Québec. Ils sont très près de leurs sous et c’est madame Giguère qui est responsable de l’argent car son époux est trop bon et trop généreux pour remplir une tache aussi importante. C’est un homme qui est toujours prêt à aider les familles dans le besoin, ses clientes, en leur faisant crédit ou en leur donnant ce dont elles ont besoin pour survivre. Il ne se montre pas très attaché aux biens de la terre. Son épouse n’aime pas cette attitude et ne pense qu’aux profits possibles à investir pour que sa famille vive le plus aisément possible. Elle a connu la misère dans le passé et craint toujours de revenir à la case de départ. Elle est plus économe que Charles-Émile. On dit même qu’elle est cheap.

Le voyage de sept jours à New York sera mémorable pour Claude.

Madame Giguère décide d’apporter le plus de nourriture possible pour éviter les restaurants. Antoinette n’est pas vraiment d’accord mais accepte et prépare ce qu’il faut pour sa famille. Vaisselle, tasses, nappes, napperons, ustensiles sont emballés avec le réchaud sterno, les condiments, le ketchup… sans oublier une caisse de bière et les grosses bouteilles de KIK, de Hires Root Beer, de Nectar Mousseux et de Cream Soda de Christin. Il faut penser aussi aux couvertures au cas où il ferait froid et aux serviettes de bains. L’auto est remplie « à craquer ». Il y a une boîte sur le banc arrière où sont assis les enfants et une petite valise sous les jambes d’Antoinette assise en avant du côté passager. Le départ a lieu très tôt car il faut traverser le fleuve par le vieux pont à péage Victoria qui n’a qu’un tablier à deux sens. Le bouchon créé par le trafic intense du matin (les aménagements pour la voie maritime ne sont pas encore faits) vers Montréal pourrait les retarder indûment. Charles-Émile « montrera » le chemin « jusqu’aux lignes » et Claude sera le co-pilote avec les cartes Shell pour l’État de New York.

Après le pont, ils empruntent la voie double vers Laprairie et les indications « Etats-Unis » les dirigent au poste de douanes de Champlain. Les formalités pour traverser d’un pays à l’autre sont simples et en moins de cinq minutes ils sont aux USA en direction de Plattsburgh sur une voie double (il n’y a pas encore d’autoroute dans le nord de l’État de New York). Claude et Pierre-Paul sont excités d’être dans un autre pays et en ont plein la vue. C’est leur première visite à l’étranger. Claude est si absorbé par ce qu’il voit qu’il oublie de lire les cartes et par deux fois Charles-Émile s’engage dans une mauvaise direction et roule quelques milles inutilement. « Ça coûte cher de gaz » rappelle madame Giguère. Il demande à Claude d’être plus attentif sinon il ne l’écoutera plus. Ils s’arrêtent à Plattsburgh et s’installent à une table de pique-nique à l’ombre de grands arbres dans un parc de la ville. C’est beau et ils sont heureux.

Ensuite, ils prennent la route vers Lake George situé à une centaine de milles. C’est là qu’ils veulent passer la nuit. Ils s’égarent à nouveau et se retrouvent près d’un long lac. Ils ont roulé inutilement sur plus de 20 milles et doivent retourner en arrière. Décidément, Claude n’est pas un très bon navigateur mais, dans ce cas-là, son père a pris cette mauvaise route au moment où Claude était assoupi. Madame Giguère le fusille des yeux. Denise G., qui a le même âge et un faible pour Claude, se moque amicalement de lui. Il est humilié et froissé que son père le taquine. Ils arrivent à Lake George fourbus, à la fin du jour, et se mettent à la recherche d’un motel. Charles-Émile en trouve un constitué de petits cabanons en bois et à un prix qui convient à madame Giguère. Il loue deux cabanons pour chaque famille. Au moment de lui remettre les clefs, le propriétaire, qui craint le feu, lui lance « no food ». Il ne bronche pas. Pour les Dupras, une cabane sera celle des parents et de Francine et l’autre pour Pierre-Paul et Claude. Ceux-ci sont « aux petits oiseaux » puisqu’ils auront chacun leur lit.

Tout le monde a faim. Madame Giguère et Antoinette préparent les repas et elles ont besoin d’eau pour faire la soupe. Mais comme les cabanes n’ont ni salles de bain, ni lavabos (ces services sont concentrés dans une cabane commune pour tous les clients du motel), c’est Pierre-Paul qui est choisi pour aller chercher deux pintes d’eau. Le propriétaire du motel, qui en a vu d’autres, devine vite ce qui se trame. Il vient frapper à la porte de la cabane de Charles-Émile en lui criant à nouveau  « I told you no food », « I understand » de répondre Charles-Émile. Il se retourne vers Antoinette et ajoute en sourdine « il va falloir manger rapidement ». La famille déguste avidement le repas car ils ont tous « l’estomac dans les talons ». Le propriétaire ne revient pas. Fatigué, chacun retrouve son lit. La nuit est fraîche et tous s’endorment en respirant le bon air des Adirondacks. Tôt le lendemain matin, ils se réveillent frais et dispos.

Bacon, œufs frits, toasts, confiture aux fraises sont vite avalés et ils reprennent la route vers Albany distante de 60 milles. Ils s’arrêtent pour de courtes visites à Glen’s Falls, Saratoga Springs et au centre-ville d’Albany avant de prendre le New York Freeway. Claude n’a jamais vu une autoroute (il n’y en a pas au Québec) et a tellement entendu parler de ce Freeway qu’il est tout excité lorsque l’auto s’y engage. Quelle magnifique route à quatre voies : des ponts de pierre pour les routes transversales, l’emprise de chemin très large qui cache toute maison et qui est parsemée de plantations d’arbres et de sapins de toutes sortes. Il est épaté et absorbe tout ce qu’il peut voir. Il est heureux qu’il y ait 150 milles à parcourir car cela prolonge son bonheur. Il est intrigué par les postes de péages qui accueillent simultanément cinq autos contrairement à ceux du pont Victoria où une seule auto à la fois est desservie par le préposé.

Ils arrivent en fin de journée à New York et c’est la recherche d’un hôtel pour quelques jours seulement car ils ont décidé de poursuivre leur voyage jusqu’à Atlantic City. Claude et Pierre-Paul sont émerveillés par les hauts bâtiments et sont stupéfaits en découvrant l’Empire State Building. Charles-Émile se rend vers le sud de Manhattan, hors du centre, près de la 23ième rue car madame Giguère lui dit qu’ils pouvaient trouver là des chambres moins chères. Il s’arrête devant un vieil hôtel de troisième classe, avec un grand lobby en marbre, qui semble bien tenu et propre. Il y a des disponibilités à moins de 12 $ la nuitée pour une chambre à lit double. Il retient 2 chambres pour chaque famille. Charles-Émile et Claude sont à compléter l’enregistrement, lorsqu’ils aperçoivent madame Giguère suivie à la queue leu leu par ses enfants, sa sœur, Antoinette avec Francine dans les bras et Pierre-Paul. Ils font leur entrée dans l’hôtel. Ils ont les bras chargés de valises, de sacs, de boîtes de nourriture, de grosses bouteilles de liqueurs douces, de boîtes de vaisselle, de linges, de couvertures. Ils transportent aux chambres tout ce qu’il y a dans les autos de crainte de se faire voler. Ils se regroupent devant les ascenseurs avec leur air débraillé, fatigué, leurs cheveux emmêlés, les bras pleins, ils ressemblent à une bande de gitans qui arrivent en ville. Surpris, le préposé à la réception, le concierge et le busboy se regardent et se demandent d’où vient ce groupe d’hurluberlus. Charles-Émile et Claude hésitent à montrer qu’ils les connaissent de crainte que l’hôtel n’annule leurs inscriptions. Le préposé à la réception a tout compris et l’avise qu’il est défendu de préparer de la nourriture dans les chambres. Charles-Émile fait un signe de la tête et remet les clefs au busboy pour qu’il guide nos « gens de voyage » vers leurs chambres. Puis avec monsieur Giguère, ils stationnent les autos pour la nuit et ramassent chacun le restant des bagages. Ils filent rapidement vers l’ascenseur en évitant de zieuter la réception de crainte de croiser le regard moqueur des employés de l’hôtel. Rendu à sa chambre, Charles-Émile s’asseoit et rit à pleine gorge en racontant à Antoinette l’impression qu’il a eue en les voyant tous entrer à l’hôtel. «  Une vrai gang de Wabos ! » dit-il, faisant allusion au personnage de la série « Les Belles histoires des pays d’en haut ». Antoinette dit qu’elle a eu honte et que jamais plus elle ne se fera prendre dans une telle situation. « C’est fini les voyages avec madame Giguère » lui annonce-t-elle.

Ils visitent New York durant trois jours. Les Giguère prennent tous les repas dans leurs chambres ou préparent des sandwichs pour le midi. Les Dupras mangent à l’occasion des hot dogs sur la rue et vont prendre des repas aux restaurants dont celui de Jack Dempsey sur l’avenue Broadway. Ce fameux restaurant appartient à l’ancien champion poids lourds de la boxe et porte son nom. Les boxeurs et leurs suites s’y retrouvent après leurs combats du vendredi soir au Madison Square Garden. Claude scrute les centaines de photographies autographiées fixées l’une contre l’autre sur les murs jusqu’au plafond. Ce sont celles des plus grands boxeurs de l’époque et des grandes vedettes américaines qu’on appelle les celebrities et qui sont venus manger au restaurant de Dempsey. Ils aiment aussi aller aux Automats où toute la nourriture est préparée d’avance et casée dans des « pigeonniers » qui couvrent les murs et s’ouvrent avec une pièce de monnaie. Claude et Pierre-Paul sont épatés par le préposé au change qui pige dans un grand plat rempli de monnaie et du revers de la main lance sur la table exactement le bon nombre de pièces pour le change demandé.

Claude est ravi de New York. Il ressent une joie profonde de ce voyage extraordinaire. Avec sa famille, il visite le fameux zoo du Bronx, un des plus beaux en Amérique et l’Empire State Building où il monte jusqu’à l’étage d’observation. Il est impressionné par toutes les enseignes lumineuses de Times Square, qu’il parcourt le jour et le soir et particulièrement par l’immense affiche de la compagnie de cigarettes Camel qui présente une tête géante d’un fumeur qui souffle une épaisse fumée blanche. En bateau, il se rend à la statue de la Liberté que lui et Pierre-Paul grimpent jusqu’au niveau de la couronne de la tête. Il fait le tour de l’île Manhattan par les voies navigables qui l’encerclent. Toujours avec Pierre-Paul, il est étonné par toutes les activités fluviales. Il aperçoit des centaines de tours à logements à prix modiques, d’immenses paquebots et le Brooklyn Bridge. Il trouve la ville New York très belle en dépit de l’eau sale de la rivière Hudson. Il entre dans le hall du musée Metropolitan et aperçoit des statues égyptiennes. Il va voir, en matinée, le spectacle de la chanteuse américaine Janis Paige sur Broadway. Il se promène dans les rues des quartiers chinois, italiens et celui des manufactures où il croise des jeunes qui poussent des supports sur roues, remplis de vêtements, d’une entreprise à l’autre. Il visite les grands magasins comme Macy’s. Il court dans Central Park le grand parc au centre de la ville qui est le poumon vert de New York. Il est surpris par le grand nombre de marchands juifs dans le quartier des diamants. Et pour couronner le tout Charles-Émile l’amène un soir en métro, avec Pierre-Paul, à Ebbetts Field voir jouer les Dodgers de Brooklyn où il revoit Jackie Robinson, qui a gradué des Royaux en 1947 après avoir joué une année à Montréal, Don Newcombe, Al Campanella et tous les autres joueurs noirs qui ont aussi joué avec les Royaux. Il aime New York. Il voit tellement de choses excitantes et nouvelles. Que c’est gros! Quel contraste avec Montréal !

La prochaine étape est Atlantic City et son renommé boardwalk (ce n’est pas encore une ville de casinos). Ils ont 125 milles à faire et Charles-Émile appréhende sortir de New York. M. Giguère ne s’occupe pas de ces problèmes, il suit. Claude voit le concierge de l’hôtel qui indique sur une carte de la ville la direction à prendre (il s’agit simplement de tourner à gauche au premier coin et de filer directement jusqu’au bord de l’eau) pour rejoindre une autoroute qui encercle la ville et qui débouche éventuellement sur le New Jersey Turnpike. En peu de temps, à la surprise de tous, ils y sont. C’est une nouvelle autoroute plus belle que le New York Freeway et très rapide. Rendus à Atlantic City, ils trouvent un motel abordable. Alors que les Giguère rêvent de marcher sur le fameux boardwalk, Charles-Émile et Antoinette préfèrent la baignade et se dirigent vers une belle plage pour s’étendre au soleil et profiter de la mer. Ce jour-là les vagues sont fortes et hautes. Claude voit des jeunes sur la crête d’une vague qui se laissent porter à pleine vitesse vers le rivage tout en restant à l’horizontal et cela sans planche. Lui et Pierre-Paul apprennent vite à déterminer le bon moment pour sauter sur la vague. Ils se lancent et les vagues les élèvent et les entraînent jusqu’à la rive. Ils font du body surf. Ils ont un plaisir fou tout l’après-midi et en fin de journée, après une bonne douche et tout endimanchés, ils se dirigent vers le boardwalk avec leurs parents.

Ils découvrent un endroit fabuleux. Tout en bois et large d’une centaine de pieds et même plus par endroits le boardwalk longe la mer. Du côté face à la mer on retrouve des commerces de toutes sortes, une salle de congrès, des restaurants, des carrousels et tout ce qui faut pour servir et intéresser les vacanciers. Il rejoint de nombreux piers (de longs quais) qui pointent vers la mer et qui sont aussi très larges et composés chacun de manèges, salles de danse et quoi encore. Il se poursuit jusqu’à Ocean City. Des noirs poussent de larges et hautes chaises de rotin montées sur roues. Elles ont la forme d’une coquille Saint-Jacques et peuvent asseoir confortablement jusqu’à trois personnes. Ils offrent pour un coût minimum, de pousser la chaise le long du boardwalk durant une heure sur une voie de bois spécialement construite pour eux. Charles Émile en loue deux, une pour lui et Antoinette et l’autre pour Claude, Pierre-Paul et Francine. Ils sont tous enchantés.

Parmi les commerces qui ont fenêtre sur le boardwalk il y a de nombreux salons d’encans où sont mis à prix des objets aussi rutilants que peu chers. Pour Claude, c’est une découverte. À la première session à laquelle il assiste, l’ « encanteur » l’impressionne par sa facilité à décrire l’objet mis à prix et à contrôler les offres qui viennent des spectateurs. Quelle aisance ! Quelle éloquence ! Quelle intelligence ! Il sait intéresser les 75 personnes dans la salle et les amener où il veut. Par contre, Claude ressent vite que tout n’est pas correct. Il lui semble qu’il y a de faux acheteurs dans la salle qui sont plantés là pour faire monter les enchères. Charles-Émile lui souffle que certaines offres dépassent la valeur réelle des objets. Alors que les acheteurs devraient payer moins cher que cette valeur, ils paient plus. Claude est intrigué par la technique employée pour persuader les gens à acheter des choses qu’ils ne veulent pas à des prix plus élevés que ceux du marché. Avec Charles-Émile et Pierre-Paul, ils visitent salon après salon et constatent partout le même scénario. Dans un des salons, Claude ose faire une offre sur un objet. Charles-Émile le regarde et lui dit à l’oreille de cesser ces « folleries » alors que Claude remarque toute l’attention soudaine qu’il reçoit de l’organisation de l’« encanteur ». Il se sent important. Une contre-proposition dépasse celle qu’il a faite. Charles-Émile respire mieux. On sollicite suavement Claude pour une offre plus élevée. Il résiste et Charles-Émile, ne voulant prendre aucune chance, l’entraîne hors du salon pour mettre fin à cette expérience. Il dit à son père qu’il ne voulait que s’amuser et reçoit un regard désapprobateur de Charles-Émile qui ajoute « et s’il n’y avait pas eu de surenchère, qu’aurais-tu fais? ».

Claude se retrouve avec Denise G. Et Pierre-Paul dans un autre salon. L’encanteur demande à l’assistance s’il y a un millionnaire dans la salle. Claude frondeur lève la main. L’« encanteur » le fait applaudir, lui demande son nom et devient très friendly avec lui. C’est Clodde par çi, Clodde par là… les encans commencent mais Claude n’intervient pas. Il a pris sa leçon avec son père. L’« encanteur » lui fait porter les objets mis à prix afin qu’il puisse les toucher, mieux les évaluer et se laisser tenter. Il les passe à Denise G. Et Pierre-Paul et les trois s’amusent comme des fous à être traités de cette façon. Claude se lève soudainement et fait un signe d’au revoir à l’« encanteur ». Celui-ci le supplie de rester car des pièces uniques seront mises à prix quelques minutes plus tard. Claude ne bronche pas, quitte le salon et Denise G. Et Pierre-Paul suivent. L’encanteur semble découragé comme s’il venait de manquer l’occasion de sa vie. Si seulement il savait…  

Le voyage se termine après une courte visite et une baignade à Ocean City, le lendemain matin; de là c’est le retour vers Verdun. On contourne New York. Les deux familles couchent à Saratoga Springs et le jour suivant retrouvent chacune la maison familiale. Les images, les impressions, les sensations et tout ce qui l’a marqué lors de ce voyage créent chez Claude une envie profonde de voyager et de connaître encore plus de pays.

 

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