L'électoralisme

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mercredi 30 août 2006

L’électoralisme

Gêné


 

Le PM Harper remplit à nouveau une promesse de sa campagne électorale qui l’a porté au pouvoir. Suite à une crise à Toronto, durant la campagne, alors que des jeunes avaient tué des Torontois avec des armes à poing et pour répondre à cet incident ponctuel, le parti conservateur avait ajouté par opportunisme à son programme électoral de voter une loi musclée pour prévenir de tels crimes. C’est le projet de loi que vient de déposer le PM pour combattre la violence et le crime au Canada.

 

Au lieu de chercher à s’en prendre aux causes réelles de la criminalité, voilà que le premier ministre et son parti veulent imposer des peines minimales plus sévères à ceux qui perpètrent ces crimes. Alors que les experts et les mandarins de la fonction publique affirment que les recherches, les études et les statistiques ne démontrent pas que les peines minimales plus sévères sont plus dissuasives que les plus légères et que deux Canadiens sur trois privilégient la prévention du crime au lieu d’augmenter les forces policières et de durcir les peines, Harper choisit, à nouveau, l’approche du président américain qui croit qu’il y a un lien direct entre l’emprisonnement plus long et la diminution des crimes. Depuis la venue des républicains au pouvoir, les prisons américaines débordent au point qu’il y a maintenant deux détenus au lieu d’un dans une petite cellule de 6 pi. par 12 pi. Et que les gymnases sont convertis en dortoir pour les moins délinquants. Les warden de ces prisons se plaignent des difficultés qu’ils ont à gérer leurs établissements, à combattre les gangs qui s’y forment plus facilement et à appliquer les programmes d’aide et de redressement pour favoriser l'intégration de leurs pensionnaires à la société à leur sortie.  

 

Ce projet de loi coûtera cher aux contribuables. On estime le coût annuel à 250 millions $ pour incarcérer 350 prisonniers de plus. Ce qui m’inquiète, c’est que ces dépenses peuvent s’avérer inutiles. Il est difficile de comprendre pourquoi des élus qui ne s’y connaissent absolument pas en question de prévention de la criminalité ne suivent pas les recommandations de leurs hauts fonctionnaires et des experts du monde, dans un cas si spécialisé. C’est clairement de l’électoralisme.

 

Claude Dupras