Politicien ou homme politique

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vendredi 25 août 2006

politicien ou homme politique

Confiant


 

Stephen Harper, le nouveau PM du Canada, se révèle un très bon stratège et un homme d’action aux idées claires et précises. On peut ne pas être en accord avec quelques unes de ces décisions mais il faut reconnaître qu’avec lui çà bouge. Il m’impressionne comme politicien, je devrais plutôt dire comme homme politique.

 

Il a fait une superbe campagne électorale qui sera citée en exemple et copiée longtemps dans le futur par des politiciens de tout parti à tout niveau politique. Une fois au pouvoir, il remplit ses promesses électorales et de plus passe à l’action sur les positions qu’il défendait comme chef de l’opposition à la Chambre des Communes. L’affaire du sang contaminé est un bon exemple.

 

Sa décision de faire approuver par les députés son entente du règlement sur le conflit avec les Américains sur le bois d’œuvre est surprenante. Devant l’opposition verbale de tous les partis, Harper veut faire voter l’entente au parlement et en faire une question de confiance. Donc, si le vote est négatif, le gouvernement sera renversé et une nouvelle élection devra être tenue. Harper sait que les partis d’opposition sont en mauvaise posture pour une telle éventualité. Tous ne veulent pas d’une élection générale à ce moment-ci. Seul le NDP est prêt à risquer. Le parti Libéral n’a pas de chef et le nouveau ne sera élu que dans quelques mois au terme de la course au leadership actuellement en cours. Le Bloc Québécois craint que le Parti Conservateur continue son envolée de la dernière élection, alors qu’il a gagné dix nouveaux comtés au Québec, et lui enlève un grand nombre de sièges au parlement d’Ottawa, une majorité possiblement, comme l’indique la tendance des sondages récents. De plus, face à une élection provinciale prochaine que le Parti Québécois veut  « référendaire », cela n’aidera pas la cause séparatiste si l’ensemble des Québécois votent pour le PC et rejettent le Bloc.

 

Par contre, nonobstant l’impopularité au Québec du règlement sur l’entente du bois d’œuvre, de ses décisions sur la guerre en Afghanistan et son appui unilatéral pour Israël dans la guerre au Liban, le PM Harper risque gros. Il peut voir évaporer, aussi rapidement qu’il l’a obtenu, l’appui dont il bénéficie depuis quelques mois. Sans le Québec, il n’y aura pas de majorité à la Chambre des Communes pour le PC et Harper peut revenir à la case de départ tout en perdant la face.

 

Homme politique ou politicien, voilà le moment où Harper se définira vraiment. Ce sera aussi l'occasion de voir si la sincérité des propos des députés et députées des partis de l'opposition est réelle.

 

Claude Dupras