Un ministre qui doit partir

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lundi 21 août 2006

un ministre qui doit partir

Surpris


 

 

Le Secrétaire d’État aux Affaires Extérieures du Canada, Peter Mackay, est sûrement le plus faible que le Canada ait connu depuis longtemps. C’est son père Elmer Mackay, que j’ai bien connu, qui l’a motivé à faire de la politique. Ce dernier a fait une carrière exceptionnelle au sein du parti Progressiste Conservateur du Canada. Il a démontré sa compétence et sa dignité comme ministre du Développement Régional dans le gouvernement du PM Joe Clark et comme Solliciteur Général du Canada, ministre du Revenu National et des Travaux Publics sous le PM Brian Mulroney. Malheureusement, le fils démontre, jour après jour, qu’il n’est pas à la hauteur du père.

 

Lors de la formation du nouveau gouvernement, j’ai été surpris de la nomination de Peter Mackay au poste des affaires extérieures. C’était de toute évidence un remboursement de dette de la part du PM Harper parce qu’il avait pu le persuader, le 15 octobre 2003, de fusionner le parti PC, dont Mackay était le chef, avec son parti, l’Alliance canadienne, qui était alors l’opposition. Ses députés venaient surtout de l’ouest du pays. C’est ainsi que le nouveau parti conservateur est né et a pu être porté au pouvoir à la dernière élection fédérale.

 

Lors de la première visite canadienne de la Secrétaire d’État américain, Condileeza Rice, Mackay s’est ridiculisé en lui disant, à la conférence de presse, qu’elle était son idole. Il avait un air de « groupie ».  Dès le début de la guerre au Liban, il a répété presque mot à mot ceux de Mme Rice. De toute évidence, il n’a pas transmis l’orientation de son ministère au PM. D’un pays qui se concentrait sur le maintien de la paix, le Canada se tourne vers l’action militaire violente. Dans toutes ses déclarations publiques, Mackay défend la nouvelle orientation. Il n’a pas démontré de compassion sincère pour les victimes de cette guerre et lorsqu’il en parle on ressent que ce n’est que pour la forme.

 

Depuis que le fragile cessez-le-feu est en vigueur, il ne cesse de distribuer les blâmes. Sa rengaine à l’effet qu’Hizbollah a commencé la guerre n’est pas justifiable. On ne détruit pas les infrastructures d’un pays, ni 15,000 de ses logements, sans compter les innombrables bâtiments commerciaux et civils parce que deux soldats ont été pris en otage. Le manque de proportionnalité dans la riposte israélienne est si évident que Mackay se diminue davantage chaque fois qu’il se répète. Il oublie qu’il parle pour nous, les Canadiens, qui, en majorité, ne sommes pas de son avis. De plus, il vient d’affirmer, samedi dernier, que « Les Iraniens… ont une grande part de responsabilité et du sang sur les mains à cause de leurs actions » de financement du Hizbollah et d’aide dans ses activités contre Israël. Même si les relations du Canada et de l’Iran sont tendues, depuis qu’en 2003 une journaliste irano-canadienne a été tuée dans une geôle de Téhéran, je ne crois pas qu’il soit justifié pour notre Secrétaire d’État de proférer une insinuation aussi grotesque sur ce pays. Encore, il fait le jeu de l’administration américaine. Cela a entraîné une riposte de l’Iran « le Canada a du sang sur les mains à cause de son appui à Israël » dans cette guerre. Comme un tel commentaire se répand vite partout, la crédibilité du Canada dans le monde vient de baisser d’une autre coche.

 

Il me semble de plus en plus clair que Peter Mackay n’est pas à la hauteur de l’importante responsabilité que lui a confiée le Canada. Le temps n’est-il pas venu de le remplacer ? Je le crois.

 

Claude Dupras