Le Mont-Royal, un joyau

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samedi 19 août 2006

le Mont-Royal, un joyau

Inquiet


 

Candidat à la mairie de Montréal en 1986, le premier point de mon programme électoral était la protection de la montagne située au milieu de la ville, le Mont-Royal. À ce moment là, l’envahissement de son territoire par les promoteurs et les institutions publiques était de plus en plus menaçant et allait, à mon avis, à l’encontre du meilleur intérêt des Montréalais. Le Mont-Royal est le poumon de la métropole et son plus grand parc. Il faut y être un dimanche pour apprécier les milliers de personnes qui vont y passer agréablement la journée en famille. Il fallait le protéger en empêchant tout empiètement additionnel et même l’agrandir en rachetant certaines parties aux mains du privé. Jean Doré, mon opposant, se disait d’accord avec ma position. Il fut élu et un de ses premiers gestes fut d’autoriser l’université McGill à construire un centre sportif sur le flanc du Mont-Royal tout en cédant, pour se faire, une partie des terrains de la montagne adjacents au giratoire de l’avenue des pins. J’ai participé aux débats publics qui ont précédé l’approbation du projet par le conseil municipal. Mais rien n’y fit car le maire avait déjà pris sa décision et ne voulait pas la reconsidérer.

 

Aujourd’hui, les propriétaires du club de football américain « les Alouettes de Montréal », veulent agrandir le stade Molson pour répondre à la popularité croissante du club, en ajoutant 5,000 sièges additionnels. Ce petit stade collégial s'est agrandi avec le temps. "Les Alouettes", qui avaient mis fin à leurs activités il y a plusieurs années, y sont revenues et le stade a contribué à relancer le football à Montréal à cause de son ambiance exceptionnelle et sa localisation au centre-ville. Pendant ce temps-là, le magnifique stade olympique dans l’est de Montréal est non utilisé. Déjà, le club a agrandi le stade Molson en cachant une partie du Mont-Royal et voilà qu’il revient à la charge avec un agrandissement et des améliorations encore plus importants. Le problème est que ses promoteurs ne tiennent pas compte du Mont-Royal et des inconvénients grandissants qu'ils causent aux résidents du quartier avoisinant.  

 

Il est important que la ville de Montréal n’approuve pas ce projet car la montagne doit être protégée, quelque soit le prix. Le maire et ses acolytes devraient tout faire pour convaincre le club à s’installer au stade Olympique et persuader les autorités de la régie Olympique d’apporter les modifications nécessaires dans cette enceinte pour la rendre « user friendly » aux amateurs de football. L’accès n’est pas un problème puisque le métro y est directement connecté et il est à peine à 15 minutes du centre-ville. De plus, la ville devrait faire démolir le stade Molson. Laissé à l’abandon durant de nombreuses années, il pourrait le devenir à nouveau si la popularité des Alouettes s’estompe comme elle l’a fait dans le passé (et cela arrivera sûrement un jour). La ville doit chercher à reprendre les terrains sur lesquels il est construit pour les rendre au Mont-Royal, le joyau des Montréalais. C’est la seule bonne décision à long terme.

 

Claude Dupras.