Arbitre au hockey

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Arbitre au hockey  

Claude aime tous les sports et en pratique un grand nombre. Il aime la compétition, la camaraderie qui en ressort et le jeu d’équipe qu’il y retrouve. Il est frustré de ne pas être un joueur étoile dans aucun. Qu’il serait heureux de représenter Poly dans les compétitions universitaires et même l’université de Montréal sur le plan universitaire canadien ! Il admire ceux qui se rendent à ce niveau d’excellence. Ce sont des vedettes qu’il vénère, comme les frères Hotte de Poly. Claude Hotte de sa classe de 3ième année et son frère Jacques de 2ième année jouent pour le club de hockey « les Carabins ».

Le hockey demeure son sport préféré et, pour rester en contact activement avec le jeu, il est, depuis plusieurs années, un arbitre pour les matchs de jeunes hockeyeurs. Il a débuté au Mont-Saint-Louis, après avoir tenté de faire partie du club des Sweet Caps, le deuxième club du collège. C’est le frère Ubald qui décida qu’il n’avait pas les qualités pour aider l’équipe, mais connaissant son intérêt pour le sport, lui proposa d’arbitrer quelques parties. Ses débuts furent pénibles. Les gars n’acceptaient pas les décisions de Claude qui ne voulait rien laisser passer; son manque d’expérience lui en faisait prendre plusieurs qui étaient discutables. Nonobstant ces difficultés, il persévéra et le frère lui suggéra de s’inscrire à une école pour arbitres de ligue de jeunes de la Ville de Montréal. Il suivit ces cours avec grand intérêt et obtint le certificat d’arbitre officiel de la Ville de Montréal. Il poursuivit son activité au collège et à une occasion, arbitra sur la patinoire du Forum alors que le collège avait loué la glace quelques heures pour compléter les matchs de fin de saison de ses ligues internes parce que ses patinoires extérieures devenaient impraticables avec la venue du printemps. Durant ce match, qui sera suivi par une pratique du Canadien, il voit quelques joueurs du grand club qui arrivent au Forum, dont Maurice Richard et Elmer Lach et qui passent près de la bande de la patinoire pour se rendre au vestiaire du club. Par contre, Doug Harvey, Dollard Saint-Laurent et Bernard Geoffrion s’attardent près de la bande pour suivre le jeu. Claude connaît Saint-Laurent et Geoffrion. Saint-Laurent vit sur la rue Beatty à Verdun et Boom Boom a été un MSL. Claude est tellement impressionné par ses idoles qui le regardent arbitrer, qu’il perd contrôle de la partie et il entend Boom Boom crier « hey ! hey! Claude, c’est un hors-jeu » avec un grand rire pour lui « tirer la pipe » et le rappeler à l’ordre. Heureusement, ils ne restèrent que quelques instants. Encore une fois, Claude a été démesurément impressionné par des gens célèbres et cela lui a fait tourner la tête. Il ne comprend pas pourquoi il a toujours cette réaction dans une telle situation.

Alors qu’il est à Polytechnique, la Ville lui offre d’arbitrer dans les ligues juniors de la ville durant l’hiver, moyennant une rémunération de quelques dollars par partie. Il accepte et, durant deux hivers, arbitre sur les patinoires extérieures (les arénas sont rares dans ce temps-là) de la ville, particulièrement au parc Lafontaine et dans le quartier de Ville-Émard. Certains soirs sont vraiment pénibles car on joue à 0 °F et même en dessous. La cabane pour l’habillage et le chaussage des patins n’est pas bien chauffée et Claude voit les jeunes qui, après s’être donnés à plein durant toute la partie s’y retrouvent en sueurs. Ils grelottent en enlevant leurs accoutrements pour s’habiller et rentrer à la maison. Claude n’est pas surpris les semaines suivantes d’apprendre que quelques-uns de ces jeunes sont absents pour des raisons de rhume ou autre maladie. Quelques fois, il arbitre deux parties ou même trois lorsqu’aucun arbitre ne se présente. L’air froid canadien est bon et il apprécie patiner sur la glace vive. Il aime faire ce boulot et voir de près ces jeunes qui travaillent si fort pour gagner. Il est impressionné par leur talent. En plus, il apprécie se sentir respecter d’eux. Il a quelques fois des problèmes avec les coachs des équipes, mais c’est surtout les parents qui lui créent des ennuis. Il essuie des reproches, des cris et même des insultes lorsqu’il place leur enfant au banc des punitions ou siffle un « hors-jeu » alors que leur enfant a le puck et file seul vers le goal. Il considère qu’il a une responsabilité importante puisqu’il se doit d’être juste et équitable en tout temps et ne veut surtout pas se laisser intimider par les parents.  Il essaye toujours de faire de son mieux et réussit puisque la Ville le rappelle d’année en année. L’hiver 1953 sera sa dernière année comme arbitre, car il a maintenant beaucoup d’autres choses à faire.

Le Canadien remporte la coupe Stanley cette année-là en battant les Red Wings de Detroit en cinq parties. Claude est fier de son club et participe comme des milliers de personnes à la grande parade sur la rue Ste-Catherine. Il applaudit particulièrement Donnie Marshall, son copain des parties de rue, qui a joint le Canadien en ’52. 

Quant aux Carabins, Claude devient un de leurs chauds partisans et se retrouve à l’Auditorium de Verdun tous les samedis soirs pour les appuyer. Il a convaincu son groupe d’amis de le rejoindre avec leurs blondes et souventes fois, pour les persuader, il les invite chez lui au 6401, à dix minutes de l’aréna, pour un party après le match. Tous les amis aiment bien le sous-sol du 6401 auquel ils accèdent directement par le hall d’escalier avant, sans passer par la maison. Il est spacieux et le plancher est formidable pour danser. Ils y passent de nombreux bons moments. Antoinette aime bien recevoir les amis de Claude et s’entend bien avec toutes les blondes des gars et particulièrement avec celle de Claude. Elle prépare des plats de sandwichs, de crudités et plusieurs de ses bons desserts. Elle est là normalement pour servir, mais comme le samedi soir est réservé à la partie de cartes hebdomadaire avec son mari et leurs amis, elle arrive, ces soirs-là, après minuit et vient saluer tout le monde. Par contre, sans manquer, elle est toujours là à la fin de la soirée pour servir son café fort et s’assurer que chacun, surtout les garçons, le prennent avant de partir. Elle abhorre l’alcool et n’aime pas voir leur regard un peu hébété, conséquence d’avoir bu quelques verres de trop. Elle craint un accident et croit que le café les aidera à l’éviter (il n’y a alors aucun minimum légal pour la consommation d’alcool, ni de « balloune » à souffler). Charles-Émile toujours plus discret descend rarement.

Le nombre de supporteurs des Carabins augmente constamment et en fin d’année, l’auditorium de 5,000 sièges se remplit à chaque partie. Les parties contre le Varsity de Toronto, les Redmen de McGill et le Rouge et Or de l’université Laval de Québec sont des plus intéressantes. Claude Hotte est un de leurs meilleurs joueurs avec Bruno Quesnel de médecine et c’est du côté des partisans venant de Polytechnique que l’on constate le plus d’enthousiasme et de bruit. C’est Claude, l’ancien cheerleader, qui dirige la claque.

 

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