le Po de 1954

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Le Po de 1954

Le vendredi 9 avril 1954 se tient au Champlain room de l’hôtel Mont-Royal, le bal annuel des étudiants de Polytechnique au cours duquel les mérites « Po » de l’année sont dévoilés pour les trois catégories : or, argent, bronze.

Les récipiendaires pour les « Po » d’or dédiés aux diplômés et professeurs, sont  M. Georges Landreau, professeur de géométrie descriptive et acteur à la télévision, Ernest Cormier, diplômé de Polytechnique et architecte de renommée internationale et Louis. S. Parizeau, homme d’affaires spécialisé dans les assurances.

Les « Po » de bronze, pour les personnes étrangères à la profession d’ingénieur, sont remis à Mme Lorraine Mercille, l’abbé Paul Grégoire, aumônier des étudiants de l’Université de Montréal qui deviendra archevêque du diocèse de Montréal et sera élevé au cardinalat par le pape, M. Marcel Cloutier et M. Fernand Delhaes de l’Université de Montréal.

Les étudiants choisis pour recevoir les « Po » en argent sont Gilles E. Buteau, président de l’AEP, Marcel Leroux, Paul Major, Paul Beauchemin, Gérard Brazeau, l’éditeur de la revue Polytek, Maurice Provencher, Claude Lefebvre et Claude Dupras qui reçoit, à sa grande surprise, un « Po » spécial avec lauriers. C’est la première fois qu’un tel « Po » est remis.

Ce soir là, Claude n’a d’yeux que pour l’architecte Cormier qui est au sommet de sa gloire à 69 ans. Claude est en admiration devant ce grand architecte et réussit à lui adresser la parole pendant une dizaine de minutes. Il lui demande de lui expliquer l’importance de son cours d’ingénieur dans sa carrière d’architecte. Cormier lui parle des connaissances qu’il y a acquises à Poly et précise que le calcul et le design des charpentes, du chauffage, de l’électricité et de l’éclairage, du drainage et tout ce qui a rapport avec la construction de bâtiments, ont contribué à en faire un architecte au sens pratique. Claude est impressionné par cette explication car il sait que Cormier a la réputation d’être un homme de grande envergure au talent artistique unique.

A sa sortie de Polytechnique, en 1885, Ernest Cormier, s’inscrit aux beaux-arts de Paris d’où il obtient son diplôme d’architecte. Par la suite, il gagne la bourse du Royal Institute of British Architects en 1914 et reçoit la médaille Rome scolarship in Architecture. Jeune architecte, il conçoit plusieurs bâtiments en France avant d’être choisi architecte pour la réalisation du nouveau campus de l’Université de Montréal à être construit sur le versant nord du Mont-Royal. La construction commencée en 1928 et arrêtée à cause de la Grande Dépression est finalement parachevée en 1942. Cormier lui donne une silhouette qui s’adapte parfaitement au profil de la montagne. C’est son œuvre maîtresse, au style international, qui lui apporte une renommée mondiale. Il est aussi influencé par le courant artistique Art Déco et le style international. Parmi ses réalisations, on compte le dessin des portes de l’immeuble de l’Assemblée générale des Nations-Unies, l’édifice de la Cour suprême à Ottawa, sa résidence de l’avenue des Pins (qui deviendra plus tard la demeure de Pierre-Elliot Trudeau) et son studio sur la rue St-Urbain, au cœur de Montréal, la nouvelle annexe au palais de justice de Montréal, le Saint-Michael College à Toronto et plusieurs autres. Il a influencé le design architectural de l’ambassade de France à Ottawa. En général, il a un style sobre et utilise des matériaux nobles (notamment le marbre et le bronze) pour ses bâtiments. Ses services à la société sont reconnus par d’innombrables groupes dont l’Université de Montréal qui lui décerne un diplôme Honoris Causa et par le gouverneur-général du Canada qui le fait officier de l’Ordre du Canada. Il décèdera en 1980. 

                   

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