Jean-Baptiste et Julienne

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Jean-Baptiste et Julienne

François-Xavier et son fils Jean-Baptiste travaillent chacun de leur côté comme laboureurs. Thérèse et lui se réjouissent du mariage de Jean-Baptiste avec Julienne Roy le 12 août 1822, à Saint-Benoît. François-Xavier vieillit et il est fatigué. Il décède le 20 mars 1830 à Saint-Benoît où il est inhumé.

Jean-Baptiste Duprat (le nom s’écrit dorénavant avec un « t »), représente la 5ième génération. Il aura sept enfants dont cinq garçons parmi lesquels on retrouvera Charles. Jean-Baptiste a grandi sur la terre et connaît le métier de cultivateur. Son père l’a initié jeune à la politique et, autour de la table de la cuisine, il a souvent participé aux discussions avec lui et les voisins. Il a peu d’éducation. Il préfère parler des problèmes de l’agriculture qui traverse des difficultés, de la baisse des exportations, de l’absence de spécialistes agricoles capables de les aider à améliorer leurs terres et leurs récoltes, des prix du marché et d’autres sujets de même nature. La pauvreté plane toujours sur la région et il craint pour sa famille. Sa préoccupation première est de travailler dur, car il sait que seul son travail peut la nourrir. Contrairement à son père, il cherche à ignorer tous les problèmes politiques qui tracassent ses compatriotes. Sa première responsabilité n’est-elle pas de veiller au bien-être et à l’avenir de sa famille ? 

Un premier signal radio est retransmis à Montréal. Avec ses nouveaux grands quais et ses silos, le port de Montréal est en plein essor. Il devient le plus grand port d’Amérique après New York. En 1825, l’ouverture d’un canal vers l’ouest, permettant aux navires d’éviter les rapides de Lachine, fait de Montréal une plaque tournante sur le plan économique. Les contours de la ville sont redéfinis et son architecture lui donne de nouvelles formes, plus classiques. Sont venus s’ajouter de vastes marchés intérieurs, un palais de justice, un système d’éclairage public, un aqueduc privé, une grande église, des temples, de nouvelles banques. C’est l’époque où l’on commence à paver les rues et à installer les premières machines dans les ateliers de fabrication. Le changement s’affiche partout, tout comme les signes précurseurs de la révolution industrielle. En 1833, Jacques Viger devient le premier maire de Montréal.

Louis-Joseph Papineau, avocat, député depuis 24 ans, puissant orateur et tribun populaire nationaliste, est élu chef du Parti Canadien, devenu le Parti Patriote. Il est élu en 1834, remportant 95% des suffrages. Il devient rapidement l’âme du mouvement d’émancipation des Canadiens. Il convoque les députés de l’Assemblée du Bas-Canada, exaspérés par dix ans de débats futiles et les atermoiements de Londres devant leur dénonciation des injustices flagrantes que subissent les Canadiens et leurs revendications pour remédier à la situation. Quatre-vingt douze résolutions sont adoptées qui résument leurs demandes. Elles ressemblent à celles qui avaient été soumises, il y a onze ans par le parti Canadien. Mais, cette fois, le ton des résolutions est ferme et sans équivoque. Papineau les remet au gouvernement britannique. La réponse officielle arrive, de Londres, trois ans plus tard. Les thèses du parti des Patriotes sont rejetées. De plus, le gouvernement autorise, à nouveau, le Gouverneur à utiliser les fonds publics sans l’autorisation de l’Assemblée, maintient les subsides si critiqués, confirme les privilèges de la British American Land Company et menace de réunir les deux Canada en un seul.

Pour Papineau et ses partisans, le choix devient clair : soumission ou rébellion. Monseigneur Lartigue, l’évêque de Montréal, dénonce l’insubordination possible des Patriotes et menace de refuser les sacrements à ceux qui font la promotion de la révolte. L’évêque de Québec fait de même. Mais l’Église a peu d’influence à cette époque.

Les discours de Papineau enflamment les Patriotes et les poussent à se rebeller contre les Anglais. Pour éviter les pertes de vie, Papineau suggère plutôt le boycottage des produits Anglais. Mais les Patriotes choisissent la rébellion armée et, mal organisés, attaquent l’armée anglaise à Saint-Denis, Saint-Charles et Saint-Eustache. La riposte est vive et les Anglais brûlent des villages, s’en prennent à la population incluant femmes et enfants et vident les maisons alors que l’hiver s’installe. Recherché, Papineau part en exil aux États-Unis. D’autres Patriotes le suivent et y trouvent refuge. Ils attaquent à nouveau les troupes anglaises, contre l’avis de Papineau, à Lacolle et à Odelltown, mais l’opération est un fiasco. Les Anglais répliquent en brûlant d’autres villages. Mille personnes sont arrêtées. Parmi celles-ci, 108 seront poursuivies devant les tribunaux, 60 seront déportées et 12 seront pendues à la prison du Pied du Courant à Montréal. La rébellion est matée.

Le Gouverneur dissout alors l’Assemblée, nomme un conseil pour administrer le Bas-Canada et mandate Lord Durham pour mener une enquête sur la rébellion et ses effets. Un an plus tard, Durham remet son rapport au gouvernement britannique. Il traite surtout de moyens pour restaurer la paix : assurer une majorité anglophone dans le pays, angliciser les Canadiens et rétablir la responsabilité ministérielle. Le gouvernement rejette sa proposition sur la question de la responsabilité et adopte l’Acte d’Union en 1840 pour réunir les deux Canada (dorénavant le Canada Est et le Canada Ouest) dans un seul Parlement, celui du Canada-Uni. Il fait de l’anglais la langue officielle du pays. Les Canadiens deviennent « Canadiens français ».

Montréal est la capitale du Canada-Uni et son Parlement loge au marché Sainte-Anne, au centre de la ville. Celle-ci connaît un développement économique rapide dû en large partie au dynamisme de sa population anglophone, devenue majoritaire.

En 1841, au Canada Est où habite la majorité des Canadiens français, la population atteint 600,000 habitants. On y compte 500,000 Canadiens français, incluant plus de 40,000 habitants à Montréal. Pour sa part, le Canada Ouest compte 450,000 habitants. 

Jean-Baptiste est furieux. Il mène « le diable par la queue », car son emploi lui procure à peine de quoi subvenir aux besoins les plus élémentaires de sa famille. Pour améliorer son sort et celui des siens et nonobstant sa décision passée de s’abstenir de toute action politique, il croit voir une solution en Papineau et participe sous le docteur André Chénier à la rébellion de Saint-Benoît. Ses rêves sont vite dissipés et il sort meurtri et humilié de cet affrontement. Il est révolté devant l’interdit qui frappe sa langue. Il s’indigne que le Canada Est et le Canada Ouest aient dorénavant le même nombre de députés et comprend vite que l’objectif visé par Londres est de donner une majorité parlementaire aux Anglais en attendant que les immigrations futures leur donnent une majorité réelle. Chaque Canada a 42 députés et les Anglais estiment être en mesure de faire élire 15 députés au Canada Est, ce qui donnerait 57 députés aux Anglais et 27 aux Canadiens français. Il comprend que l’immigration future sera anglaise et que sa famille amorce une existence de minoritaire dans son propre pays, même si les Canadiens français sont beaucoup plus nombreux. Il est choqué que les dettes des deux Canada soient mises en commun, car la dette de l’Ouest est de treize fois supérieure à celle de l’Est et cette injustice jouera en sa défaveur dans l’avenir.

Il n’en peut plus et, déçu de son expérience dans les Deux-Montagnes, il décide de quitter la région et de rechercher un endroit où sa famille pourrait prospérer. Il n’est guère facile d’avoir sa propre terre car les terres arables appartiennent aux domaines seigneuriaux et sont presque toutes en culture. Il apprend qu’un certain Augustin-Norbert Morin a acquis un vaste territoire au nord de Saint-Jérôme et s’est installé dans un emplacement, nommé aujourd’hui Saint-Adèle, où il a construit sa maison, une scierie, une minoterie et un moulin à carde. Il recherche de nouveaux colons pour ouvrir la région et a construit des routes pour les inciter à venir le rejoindre. Il apprend aussi que le gouvernement aide les nouveaux colons, par l’entremise de son agent des terres. Jean-Baptiste, se disant qu’il n’a rien à perdre, avec l’accord de Julienne, y amène sa famille avec armes, bêtes et bagages, sur une terre à bois qu’il obtient à de bonnes conditions, où se trouve aujourd’hui Mont-Rolland.

Il construit la maison familiale avec ses fils, Alexandre, Charles, Jean-Baptiste et les jumeaux Régis et Évangéliste. Ils coupent du bois pour la scierie et le chauffage, cultivent difficilement la terre qu’ils ont défrichée car elle n’est guère propice à la culture, s’achètent d’autres bêtes et les accouplent. La production est vendue dans les  alentours. C’est ainsi qu’ils prennent l’habitude de descendre à chaque semaine au marché de Saint-Jérôme. 

 Julienne est aussi très occupée, car en plus d’élever les enfants, elle fait l’entretien de la maison et aide à faire « le train », l’entretien quotidien des animaux. Elle trait les vaches et collabore aux travaux de la ferme. L’automne, elle prépare ses conserves de légumes, de fruits, de poulet. Le jour de « boucherie »,  dès que Jean-Baptiste a fini de saigner le verrat, elle prépare le boudin avec le sang de l’animal. Avec le moulin à viande accroché à sa table de cuisine, elle hache une partie du porc pour faire les saucisses. Elle saumure les parties restantes. Elle sépare la crème du lait et la baratte pour faire du beurre. Dès qu’elle termine quelque chose, elle remise le tout dans le haut-côté, cette partie de la maison qui n’est pas chauffée et qui demeure froide. Au marché, elle achète les pommes de terre qu’elle conserve sous le plancher de la cuisine, sur la terre de la cave. 

 Et le soir, fatiguée, avec Jean-Baptiste, à la lueur des chandelles, elle se repose doucement. Elle est heureuse et apprécie la félicité que procure à sa famille la vie rurale. Ils se couchent tôt car, le lendemain, un peu avant la lueur du jour, ils se lèvent pour entreprendre une autre journée de dur labeur.

 Monseigneur Bourget, l’évêque de Montréal, a l’ambition de faire renaître le catholicisme. Il veut en faire un instrument capable de marquer la société et de résister au pouvoir protestant. Il lance un programme de retraites paroissiales qui opèrent une véritable conversion en profondeur. Dans une étrange confusion des genres, il mélange religion et politique. Ce faisant, il se trouve à indisposer fidèles, hommes politiques et membres du Clergé pour qui prime la séparation de l’Église et de l’État et qui sont plus portés à rechercher le compromis.  Mais les critiques doivent vite se taire, car on assiste à un retour en force de la religion catholique. L’évêque encourage aussi les Canadiens français à se lancer à la conquête de l’Ouest du continent. Il affirme : « Le meilleur moyen pour un peuple de conserver sa foi est de la propager au loin ». C’est un authentique défenseur des Canadiens français.

Avec le retour de leur influence, les évêques du Québec deviennent impitoyables. Ils imposent une discipline très rigoureuse aux prêtres, aux fidèles et particulièrement aux femmes. Qu’on en juge par leurs lettres pastorales et le procès-verbaux des conciles de Québec: « L’Église a reçu de son fondateur autorité sur ses enfants pour maintenir l’ordre et l’unité », « …quelle que soit la capacité d’un prêtre, jamais il ne lui est permis de se substituer à ses supérieurs ecclésiastiques pour guider soit le Clergé, soit les fidèles, d’ériger, pour ainsi dire, chaire contre chaire, de critiquer, de censurer, de juger les actes ou les documents épiscopaux et d’accoutumer ainsi le peuple à en faire peu de cas, à les soumettre à son jugement privé »,  « à cette docilité filiale vous joindrez constamment le respect », «  le libéralisme catholique est l’ennemi le plus dangereux de la divine constitution de l’Église… il ne peut être permis en conscience d’être un libéral catholique », « Défiez-vous des candidats et des partis qui, par leurs chefs, leurs journaux, leurs amis, soutiennent des principes et des doctrines condamnés par l’Église et dangereux à la société », « qui vous répètent que le religion n’a rien à voir dans la politique……. Et prétendent au titre de catholiques », « souvenez-vous que Dieu jugera un jour vos élections ».

À l’usage, l’Acte d’Union se révèle moins néfaste qu’anticipé pour les Canadiens français. Alors que Londres avait cru que les députés anglophones des deux Canadas se regrouperaient pour avoir la majorité, ce sont les ex-patriotes réformistes du parti de Louis-Hippolyte Lafontaine et plusieurs anglophones sous Baldwin qui s’allient et forment une majorité à l’Assemblée. Lafontaine, le nouveau champion des Canadiens français, ex-compagnon loyal de Papineau jusqu’à la rébellion, est devenu un réformateur modéré et il a sa propre philosophie politique : les programmes des partis politiques doivent être basés sur les opinions et non sur l’origine de ceux qui les expriment. Il pense que la paix sociale et la prospérité arrivent d’elles-mêmes une fois les discriminations fondées sur l’origine éliminées de l’administration publique et que les institutions obtiennent leur liberté. Homme pragmatique, il dénonce les éléments discriminatoires de l’Acte d’Union, mais il a foi qu’un gouvernement responsable en émergera qui permettra de les éliminer. Très populaire, il invite ses compatriotes à s’engager en politique. Pour atteindre ses objectifs, il se fait ami avec son collègue, l’avocat Robert Baldwin, député du Canada Ouest, qui devient son précieux collaborateur. Baldwin, de caractère instable, est un homme sensible aux droits des Canadiens français. Il est atteint de dépression chronique, mais son amour de la poésie plus que de la politique en fait un personnage unique dans la politique canadienne. En 1842, Baldwin et Lafontaine deviennent conjointement « Premier ministre » du Canada-Uni. Ils démissionnent l’année suivante car le gouverneur Metcalfe s’oppose à l’implantation d’un gouvernement responsable.

En 1848, l’Angleterre est en pleine crise économique et décide, pour relancer son économie, de se livrer au libre-échange avec tous les pays au lieu de ne commercer qu’avec ses colonies. Londres, aux prises avec ses problèmes, devient moins préoccupée par le contrôle des colonies et accepte, finalement, pour la première fois depuis la conquête, la demande de Baldwin-Lafontaine, renommés Premier ministre, pour un gouvernement responsable au Canada-Uni. Le même jour, les réformistes rétablissent le français comme langue officielle et votent, entre autres, la loi d’indemnisation de toutes les victimes de la rébellion, en plus de créer l’Université Laval.

Mais le nouveau régime a ses détracteurs. Le parlement est incendié par des émeutiers « tories » qui refusent d’indemniser les victimes des rebelles de 1837. Montréal perd son statut de capitale canadienne.

La décision de Londres de délaisser le mercantilisme rend difficile pour le Canada-Uni la vente de ses produits à l’exportation et affecte son économie. Le gouvernement se tourne vers les États-Unis et les Maritimes et signe avec les Américains un traité de libre-échange pour dix ans. En contrepartie de cet accord, il concède des droits de pêche. Cette entente tire l’agriculture de son marasme et ouvre des marchés à la culture maraîchère et aux producteurs laitiers. L’activité forestière se trouve aussi très stimulée car les forêts américaines sont épuisées.

L’invention de la machine à vapeur ouvre l’ère industrielle. Le Canada Est se couvre d’usines. Ce sont les débuts de la production en série. La population des villes augmente, les Canadiens français quittent leurs campagnes et une nouvelle classe sociale se crée, la classe ouvrière. Par ailleurs, pour ajouter à la navigation sur le Saint-Laurent, de plus en plus achalandé, on ouvre des lignes de chemins de fer en direction Ouest. Le « Grand Tronc » réunit ainsi Sarnia, Rivière du Loup et les États-Unis. Le gouvernement crée les commissions scolaires et les communautés religieuses, qui offrent la meilleure éducation, ouvrent un très grand nombre de couvents et de collèges. 

En 1850, Québec, avec ses 42,000 habitants, demeure le plus gros port d’exportation de l’Amérique du Nord vers l’Europe. On y retrouve aussi d’importants chantiers navals. Pour sa part, Montréal est devenue la plaque tournante vers le Canada Ouest et les États-Unis et, avec ses 57,700 habitants à majorité anglophone, c’est la capitale financière du pays. En 1852, un incendie majeur détruit mille maisons et jette à la rue neuf milles personnes qui se retrouvent sans abri. Par la suite, on améliore le système de distribution d’eau et les règlements sont amendés pour interdire dorénavant l’utilisation de tout revêtement de bois pour la construction de maisons et d’entrepôts. Durant les trente années qui suivent, les Montréalais voient leur ville se transformer au rythme pressé de la révolution industrielle. De grands quartiers ouvriers prennent forme. Le pont Victoria est ouvert, des chemins de fer relient Montréal à tout le continent. Le port connaît un boom extraordinaire. L’adage se confirme. Quand le bâtiment va… Nouveaux magasins, entrepôts, vastes immeubles abritant les activités diverses des importateurs, grossistes et manufacturiers, se multiplient. Les magasins du centre-ville attirent les masses qui y viennent en tramways tirés par des chevaux. Les sièges sociaux de compagnies d’assurances et de banques s’installent. Un nouvel hôtel de ville est construit… Tout bouge…

Cependant, on retrouve très peu de Canadiens français dans le monde des affaires alors que s’amorce le développement industriel du Canada. L’argent et les entreprises sont entre les mains des Canadiens anglais et des Britanniques. Georges-Étienne Cartier est la plus notable exception. Il est homme à tout faire, avocat, homme d’affaires, promoteur de chemins de fer. Il a participé avec Papineau à la rébellion, à la suite de laquelle il a dû s’exiler au Vermont. Un an plus tard, il est gracié et il revient à Montréal pour pratiquer le droit. En 1848, il appuie Lafontaine sur la question du gouvernement responsable et se fait élire député sous l’étiquette libéral-réformateur.

Le Clergé encourage la formation de sociétés de colonisation qui ouvrent l’agriculture dans de nouvelles régions, la Mauricie, les Bois-Francs et le Saguenay, pour tâcher de résorber les effets du manque de travail, de l’immigration anglaise et de l’émigration des Canadiens français vers les filatures du Nord-Est des États-Unis. Déjà, des milliers de Canadiens français y sont partis et, durant les 100 ans qui suivront, ils seront près d’un million à y être entraînés et y fonderont de nouvelles familles. Cependant, le taux de fécondité élevé, conséquence de la rigidité de la position du clergé relativement au devoir conjugal et à la famille, permet au Canada Est de compenser largement les exils volontaires de ses enfants. La population doublera tous les 30 ans. En 1851, le Canada Est compte 890,000 habitants et le Canada Ouest, 952,000.

Jean-Baptiste est heureux du tour que prennent les évènements. Lui à qui son père a prêché le nationalisme applaudit Monseigneur Bourget, qu’il vénère. Enfin l’Église se réveille, pense-t-il, dans l’espoir de la voir user de son influence au soutien du meilleur intérêt des siens. Bien qu’il ait redouté le regroupement des deux Canada, il est désormais rassuré et même impressionné par sa classe politique qui a su obtenir la dualité du pouvoir au parlement du Canada Uni. C’est un partisan de Lafontaine. Il l’a vu et entendu à St Jérôme, lors d’une grande assemblée tenue pendant la campagne électorale de 1848. Il a été heureux de le voir accéder à la tête du gouvernement, conjointement avec Robert Baldwin. Depuis un certain temps, la vie est meilleure. Mais il doit toujours trimer dur pour faire vivre sa famille. 

 

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