la marche d'Armand Vignau

Accueil • Début • du 22 mai au 31 mai • du 1er juin au 17 juin • du 18 juin au 24 juin • du 25 juin au 11 juillet • du 12 juillet au 22 juillet • du 23 juillet au départ • La biographie d'Armand Vignau
 

 

 

 

Armand Vignau a fait son premier pèlerinage, à Saint Jacques de Compostelle, en 1987.

En mai 1999, il décide de prendre à nouveau la route pour un deuxième pèlerinage. Il a 75 ans. C'est en partie pour un ami montréalais qu'il s'engage dans cette nouvelle aventure. Ce camarade, André Malavoy, fut prisonnier des Allemands durant la deuxième guerre mondiale et avait promis de faire le pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle, s'il avait la vie sauve. Malavoy fut « miraculeusement sauvé » la veille du jour où il devait être fusillé.

Cette fois, Armand Vignau part à pied de Paris, France, pour se rendre à St-Jacques de Compostelle en Espagne. Il parcoure la via Turonensis sur un trajet de 1 695 km. Tous les jours, il écrit un court journal pour décrire la situation, ses difficultés, sa condition physique, la route, les gens rencontrés, les gites, le pays, ses dépenses, ses surprises, ses prières. Dès son arrivée à Saint Jacques, Armand envoie une carte à son ami André Malavoy pour lui dire « mission accomplie ».

C'est ce récit que je présente dans les pages qui suivent. On trouvera là, le caractère et les grandes qualités de cet homme à l'exemple de centaines de milliers d'autres personnes qui s'engagent annuellement dans cette aventure extraordinaire qu'est ce pèlerinage renommé. Le pèlerin Armand Vignau est un exemple de courage, de discipline et d'amour de la vie.

Il est mort, il y a trois ans. Son ami André Malavoy, français d'origine immigré au Québec tout comme Armand, résuma, devant sa tombe, la vie de son ami par les mots suivants qui résonnent encore chez ceux qui l'ont connu et aimé:  

"De même que le regard d’un vivant peut révéler une âme, le visage d’un défunt peut révéler une destinée. Le visage d’Armand était empreint d’une paix souveraine. J’ai même perçu un sourire qui planait sur lui.

Armand était un pur, un courageux, une âme noble. Sa vie témoigne de plusieurs réussites.

Réussite familiale avec le bonheur du couple qu’il formait avec son épouse ; avec les enfants et petits-enfants qui reflétaient sa clarté.

Bonheur professionnel, d’une longue carrière poursuivie avec succès sans aucune compromission.

Bonheur d’avoir su unir en soi, l’âme québécoise et l’âme française. Il fit partie de ces Français parfaitement intégré au Québec et qui lui ont vraiment apporté quelque chose. De même voulut-il rester profondément français, attaché à son pays natal, fidèle à ses traditions. Les compartimentages me semblent précieux pour entretenir la diversité et un attachement au plus profond. Ainsi était-il demeuré Basque, retenant la leçon particulière de ses fiers ancêtres.

Saluons aussi le combattant. La guerre est une horrible chose, mais convenons qu’elle peut révéler un homme. Ainsi révéla-t-elle, en Armand Vignau tout jeune, la volonté de servir et le courage de défendre son pays. Il s’engagea à 18 ans et mérita le titre rare de combattant des Forces Françaises Libres.

Une foi inébranlable soutint sa vie jusqu’à ses derniers jours. Il voulut même reprendre le pèlerinage à pied vers St-Jacques de Compostelle sur la trace de tant de nos ancêtres. Je lui disais un jour à quel point je regrettais de n’avoir pu faire ce pèlerinage, en action de grâce pour ma vie miraculeusement sauvée au fil de la guerre. Il me répondit alors : « Eh bien ! Je marcherai un jour pour vous, en priant à votre place». Il m’écrivit le soir une carte que je reçu comme un message et que je conserve comme un viatique.

Devant un cercueil, plus que jamais, il convient de dire : Adieu ! Cet homme qui vécut toute sa vie dans la lumière, nous le voyons maintenant entouré de cette Lumière Éternelle, en laquelle nous espérons tellement de le rejoindre."

Bravo Armand Vignau !

 

Claude Dupras,

le 24 mai 2008

 

ps. Armand Vignau, Français né au pays basque, s'engage, à 18 ans, en 1942 dans le « 9ième Régiment des Tirailleurs Algériens ». À Alger, il participe à la préparation du 1er débarquement des Alliés à Sidi Ferruch (30 km d'Alger). Il quitte l'Algérie en 1943 pour Liverpool puis Londres, et se joint aux « Forces Terrestres Françaises en Grande Bretagne ». Il devient sous-lieutenant. En 1945, il est en France, à Macon et donne des cours de maniement et de réparation d'armes. Il incorpore le « Corps Expéditionnaire Français d'Extrême Orient » et arrive à Saigon en Indochine (aujourd'hui le Viet-nam). Son action militaire lui mérite la croix de guerre avec étoile d'argent. En 1948, il quitte l'armée et le 2 juillet 1949, il immigre au Québec. Il se trouve un emploi chez la compagnie de chocolats Laura Secord, puis au poste de radar de Valdor en Abitibi. Il s'installe finalement à Longueuil et fonde une famille avec Liliane. Ils auront trois enfants: Anne, Pierre et Jacquie.

 

 

 

1er Pèlerinage à St-Jacques-de-Compostelle

Le premier pèlerinage d'Armand Vignau eut lieu en 1987 suite à sa retraite de la compagnie Pratt & Whitney, à Longueuil, Québec. Il avait alors 63 ans. Depuis longtemps, il rêvait de prendre ce chemin. Parti du Puy-en-Velay en France, sur la via Podeinsis, il entreprit, seul, cette longue randonnée de 1 530 km, la personne devant l’accompagner s’étant désistée.

Voici le crédenciale et le compostela de son premier pèlerinage à la cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle: