30 juillet 2005

responsable, est le mot

Confiant

 

Suite au commentaire d'hier de mon ami Mansour, voici le mien:

 

 

Mon cher Mansour

 

Je regrette que tu aies des difficultés à répondre directement sur mon blog. Tu n’es pas le seul. Je vais contacter AOL pour m’enquérir des moyens pour régler ce problème. Merci de m’écrire directement, entre temps.

 

Nous avons discuté souventes fois de tes positions pro-syndicats. Sur le fond, je crois que nous sommes d'accord.  Cependant, je suis surpris de ton affirmation que pour moi « les mouvements ouvriers sont toujours là pour ruiner toutes initiatives économiques ». Je ne crois pas cela. Car un patron sans ouvrier motivé ne peut faire grand chose. J’ai eu, pendant quarante ans, de 50 à 100 employés annuellement et ce sont eux qui étaient l’épine dorsale de ma pratique d’ingénieur. Ils n’étaient pas syndiqués. Ils me faisaient confiance comme je leur faisais confiance. Ils étaient payés dans le décile supérieur de ce que mes compétiteurs payaient et la plupart du temps davantage. Plusieurs ont été mes employés durant plus de 25 ans et, encore aujourd’hui, ils sont toujours dans la firme depuis que le l’ai quittée. Ils comprenaient que la bonne santé de la firme nécessitait: une qualité de travail exceptionnelle pour bien servir nos client et tenir compte de mes responsabilités professionnelles; l'obtention de nombreux contrats à exécuter et la réalisation de profits d’opération raisonnables. S’ils avaient été syndiqués, ils auraient dû agir de la même façon sinon la firme ne serait plus là. J’ai connu plusieurs entreprises de Montréal qui ont dû fermer leurs portes à cause de demandes exagérées des syndicats. Le syndicat doit être responsable comme mes employés l’ont toujours été. Les patrons doivent avoir le même comportement.

 

Je ne partage pas ton affirmation qu’il « n'y a jamais réellement eu d'anges parfaits aussi bien du côté des ouvriers que du côté des patrons ». Je pense que le contraire est vrai dans la majorité des cas. On n’entend pas parler des entreprises où la bonne entente patron-syndicat règne.

 

Je ne crois pas qu’au Canada, qu'il y ait un assaut contre les acquis sociaux des ouvriers. C’est un problème croissant de manque d’argent et de baisse de productivité qui deviennent les problèmes pour assurer une bonne qualité de soins. Les USA n’ont pas de régime universel de santé et c’est triste de le constater quand on sait que près de 50 millions d’américains ne sont pas protégés contre la maladie. Heureusement, le Canada a un programme universel et le défend farouchement, nonobstant les critiques démagogiques que profèrent certains chefs syndicaux irresponsables. Autant à Ottawa qu’à Québec, les partis politiques reconnaissent l’importance de maintenir le programme et travaillent à solutionner les graves difficultés auxquelles il fait face. Par contre, les syndicats québécois combattent ces hommes politiques qui proposent des solutions. Par exemple, ils refusent d’accepter la participation du privé pour les soins aux patients. Ils qualifient cela de médecine à deux vitesses, d’injustice pour les pauvres, d’avantages pour les riches, etc… Pourtant en France, où se trouve le meilleur système de santé au monde, les soins sont aussi donnés par le privé. Hôpitaux, cliniques, laboratoires, services de radiologie sont offerts par le privé et « tout va très bien madame la Marquise ». Un malade français peut décider de se faire traiter soit à l’hôpital public, soit dans une clinique privée et ses frais sont payés directement à l’institution par l’État quelque soit son choix. En Suisse et en Allemagne, les systèmes de santé sont aussi universels. C’est le privé qui possède tous les établissements de santé et les frais des patients sont payés directement par l’État. Tous les médecins et les employés oeuvrent avec les propriétaires de ces établissements spécialisés. Au Québec, les syndicats refusent de discuter de quoi que ce soit si le gouvernement veut impliquer le privé, même si c’est une solution au problème. Ils ont refusé de signer le rapport Ménard pour cette raison. Pourquoi agissent-ils ainsi? La rumeur veut qu’ils ne veulent pas perdre le contrôle des hôpitaux et craignent des diminutions de cotisations syndicales. Je crois que c’est probablement vrai.

 

Je suis d’accord avec toi que le « gap » entre les classes moyennes et les riches s’élargit. Je crois que les gouvernements doivent agir pour équilibrer un peu mieux la richesse. Mais il ne faut pas, ce faisant, affecter la motivation chez les entrepreneurs, comme ce fut le cas en France, car cela devient négatif et nuit à la création d’emploi. Ce ne sont pas les syndicats qui créent des emplois, mais les entrepreneurs. Que ceux-ci réussissent et jouissent de leur profit me semble raisonnable, car il ne faut pas oublier qu’ils ont pris les risques nécessaires à leur succès et souventes fois investi tous leurs avoirs.

 

Il est vrai qu’aujourd’hui, comme dans le passé d’ailleurs, avec la mondialisation que les patrons résistent aux demandes syndicales. Il leur faut trouver le juste milieu car la compétition est féroce et les marges de profits sont minces. Par contre, je ne suis pas d’accord avec les entreprises comme Wal-Mart, Leclerc et Auchan en France, et des centaines d’autres qui offrent des salaires de crève-faim à leurs employés sous prétexte que c’est la communauté et surtout ses plus pauvres qui bénéficient des bas prix et qui profitent des chômeurs. Quelques dollars de l’heure de plus aideraient beaucoup ces pauvres employés et affecteraient à peine les prix. Cette situation est totalement différente de celle des syndicats qui contestent le gouvernement du Québec. Leur leader, Henri Massé veut empêcher le gouvernement du Québec de bouger s’il ne va pas dans leur direction. Pour moi, Massé, par son intransigeance et son égoïsme, devient l’ennemi no.1 du Québec.

 

Je suis d’accord avec le principe de grève. Mais elle doit être légale et raisonnable, non pas une grève hold-up qui cherche à mettre le gouvernement au mur. Les cheminots de la SNCF, en France, ont fait quatre jours complets de grève avant même que les négociations commencent. Trouves-tu cela normal? Ils ont nui à la France en agissant de façon irresponsable. Au Québec, c’est grève sur grève (ils appellent cela des manifestations) et les syndicats utilisent la méthode de négociation Do or die. Il ne doit pas y avoir de massacre de la Saint Valentin au Québec. J’espère que le PM Charest tiendra devant ces menaces car il y va de l’intérêt du Québec. J’ai l’impression, du moins j'espère, qu’à la longue une majorité de québécois comprendront qu’il a raison.

 

Au Canada, le gouvernement subventionne beaucoup d’entreprises, comme Bombardier pour ne prendre qu’un exemple, et permet à celles-ci de s’implanter sérieusement dans leur sphère d’activité, de faire un marketing solide et d’engager des milliers de nouveaux employés. Quand tu dis que cela « ne profite qu'aux propriétaires des capitaux de ces entreprises » tu te trompes. Au Canada, n’eussent été ces appuis financiers, plusieurs grosses compagnies n’existeraient pas car elles n’auraient pu obtenir d’importantes commandes internationales. Il y a sûrement des exceptions, comme ce fut le cas de Papiers Gaspesia Ltée. Là, ce ne fut pas les méchants propriétaires de capitaux qui en profitèrent mais le syndicat de la FTQ. Et parmi les perdants, on a compté les contribuables, les fonds de pensions des ouvriers de la FTQ, les entreprises nationales comme la SGF et les banques.

 

En somme, les syndicats doivent agir de façon responsable et les patrons aussi. Tous doivent tenir compte de l’intérêt de la nation et de sa population.  

 

Claude