La cité du Vatican

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LA CITÉ DU VATICAN

Le Vatican n’est la résidence des papes que depuis 1377. Avant que la cour pontificale n’aille d’installer à Avignon de 1309 à 1377, le siège de la papauté était le Latran.

Depuis ce temps, les Papes ont contribué à accroitre la splendeur du Vatican afin de rendre ce lieu sacré toujours plus digne du Père suprême de l’Église catholique. 265 papes se sont succédés sans interruption.

Le 11 février 1929, le Saint-Siège et l’État italien ont constitué un état indépendant connu sous le nom d’État de la cité du Vatican.

Le rêve de Nicolas V

À l’époque romaine, le corps de Saint-Pierre fut enseveli près du cirque de Néron qui l’avait crucifié vers les années 64-67. C’est sur l’emplacement de cette tombe que Constantin érigea une basilique qui devint une merveille du monde. Pendant le temps où la papauté s’installa à Avignon, cette basilique fut laissée dans un tel abandon que sa restauration devint impossible. C’est Jules II (1503-1573) qui entreprit le rêve d’un de ses prédécesseurs, Nicolas V, de construire une nouvelle basilique. Bramante fut alors chargé de concevoir et lancer le projet. Cette grandiose entreprise architecturale dura 176 ans.

Au cours de toutes ces années, d’autres projets furent proposés par Raphaël et par d’autres architectes et artistes jusqu’à ce que Michel-Ange, presque septuagénaire, vienne y ajouter la merveilleuse coupole qui domine l’ensemble. C’est sous Paul V (1605-1621) que Maderno fit adopter son plan en forme de croix latine.

La place Saint-Pierre

De la place grandiose, on peut admirer la plus grande église de la chrétienté. La coupole est suggestive et Michel-Ange dut ressentir la sensation d’absolu et d’infini qui frappe l’âme et les sens de tous ceux qui la regardent. La colonnade, du génie Bernin, sert d’entrée solennelle à la place St-Pierre et au Vatican. Ses deux grands bras semblent embrasser toute l’humanité en un élan universel. Ils sont décorés de 140 statues de saints toutes exécutées avec l’aide d’élèves de l’école de Bernin. L’obélisque au centre de la Place St-Pierre, ornait autre fois le cirque de Néron. Sixte-Quint (1580-1590) demanda à Domenico Fontana de la relocaliser. Ce fut une entreprise délicate à cause des moyens du temps. Les deux fontaines, une de Carlo Maderno en 1613 et l’autre de Carlo Fontana en 1675, créent une harmonie parfaite de l’ensemble.

 

La Basilique

L’immense façade de la basilique est de Maderno et porte en inscription le nom de Paul V Borghèse.

Au-dessus de l’entrée principale, c’est de la « loggia des bénédictions » qu’est proclamée l’élection d’un nouveau pape. Au narthex, on peut apercevoir la célèbre mosaïque de la « Navicella » de Giotto. Le portique comprend cinq portes : la porte de la mort, la porte de bronze, la porte sainte (ouverte à tous les 25 ans), la porte du bien et du mal et la porte des sacrements.

Dès que l’on a franchi l’entrée du sanctuaire, nous sommes tout de suite frappés par l’impression de grandeur qui caractérise la basilique. Les chiffres sont étourdissants : longueur 211,5 mètres incluant le narthex, la hauteur de la coupole est à 199 mètres et son périmètre 71 mètres. Au fond de l’immense nef centrale, le baldaquin en bronze qui recouvre le maître-autel a 29 mètres en hauteur.  

En parcourant la basilique on retrouve des éléments significatifs : la roue royale disque de porphyre sur lequel Charlemagne fut couronné empereur, la statue en bronze de St-Pierre du 13e siècle, de nombreuses statues de saints et saintes comme celle de Sainte-Hélène mère de Constantin, des monuments comme celui de Clément XIII qui orne la nef gauche, des tableaux gigantesques et des chefs d’œuvres des grands artistes de tous les siècles comme la Confession de Maderno, des œuvres en bronze comme la chaire de St-Pierre et le fantastique baldaquin achevé en 1633, des sculptures célèbres comme la Pietà de Michel-Ange qu’il réalisa à l’âge de 24 ans.  

Le maître-autel, sous la coupole de Michel-Ange, s’élève au-dessus de la tombe de Saint-Pierre. Devant la tombe brûlent 99 lampes. Le baldaquin est soutenu par quatre colonnes torses réalisées à partir du bronze prélevé au Panthéon. Mais la vraie glorification de la tombe de l’humble pêcheur de Galilée est la majestueuse coupole qui s’élance vers le ciel.

Les grottes vaticanes

Le sous-sol de l’actuelle basilique correspond au niveau de la basilique primitive de Constantin. Il présente un grand intérêt. On y accède de l’intérieur de la basilique. C’est sous « la Confession » que Paul VI annonça, en 1968, l’importante découverte par ces mots : « les reliques de Saint-Pierre ont été identifiées d’une manière que l’on peut considérer comme convaincante ». 

Dans la galerie réaménagée, on trouve la tombe de Pie XII face à celle de Pierre et les monuments funéraires des lieux d’ensevelissements des papes dont Paul VI et Jean Paul II. Les pèlerins et les visiteurs s’attardent longuement face à la tombe de ce dernier. Ils se jettent sur leurs genoux, baissent les bras et silencieusement prient. On peut même apercevoir chez plusieurs des larmes qui coulent sur leur visage tellement ce pape a été aimé.

Il y a aussi les monuments d’un roi, deux reines et de nombreux cardinaux et évêques. Aussi, des précieuses œuvres d’art et des témoignages archéologiques de l’ancienne basilique.

La montée de la coupole

C’est du narthex que le visiteur peut monter jusqu’à la grande terrasse qui recouvre la nef centrale, en y montant à pied ou en ascenseur. De là, la vue est fascinante. On y aperçoit la place Saint-Pierre, les anses scintillantes du Tibre et au loin la ville qui forme un ensemble très harmonieux.

En examinant la coupole, on ne peut qu’être frappé par la tension qui se dégage des grosses nervures qui la parcourent jusqu’à la lanterne. De la galerie, tout autour du tambour, à 53 mètres du sol de la basilique, on aperçoit le baldaquin de Bernin qui, pourtant haut comme un immeuble, semble ici n’être qu’une maquette. 

Enfin, la montée continue entre les deux calottes superposées que constitue la coupole, entre des murs qui penchent de plus en plus au fur et à mesure que le sommet approche. Une fois en haut, le visiteur sort à l’extérieur pour admirer, d’un balcon panoramique circulaire, un spectacle inoubliable sur de ville éternelle.

LES MUSÉES DU VATICAN

Les palais et les collections du Vatican constituent un ensemble de musées d’une importance exceptionnelle pour la richesse et le prestige des chefs d’œuvre qui ont été réunis, grâce aux différents papes. Ils sont en montre dans de somptueuses pièces.

Les palais du Vatican constituent un ensemble grandiose d’édifices composés d’innombrables salles, salons, musées, galeries, bibliothèques, chapelles, couloirs, cours intérieures et jardins riches de trésors d’art en tout genre. À partir de la Renaissance, tous les grands artistes du monde y ont laissé une empreinte immortelle de leur génie.

Le musée Charamonti

Fondé par Pie VII (1800-1823), il comprend le corridor, la galerie Lapidaire et l’aile nouvelle, tous en style néoclassique.

Le corridor est bordé de statues, de bustes, de sarcophages, de scultures, etc… soit 800 œuvres gréco-romaines.

Dans la galerie Lapidaire sont exposées plus de 5 000 inscriptions païennes et chrétiennes.

C’est dans l’aile nouvelle que l’on peut admirer la statue d’Auguste, trouvée en 1863 sur la via Flaminia et placée ici par Pie IX. Après la bataille d’Actium, Auguste, en rentrant sur Rome, apporta avec lui  une immense quantité d’œuvres égyptiennes dont, entre autres, la sculpture du Nil.

Le musée Pio Clementino

Ce musée prend son nom de deux papes, Clement XIV et Pie VI qui régnèrent au 17e siècle et au 18e siècle. Le vestibule mène au cabinet de l’apoxyomenos où on trouve au centre l’athlète de Lysippe qui est une copie en marbre de l’original en bronze qu’Agrippa rapporta de Grèce.

Puis, c’est la cour intérieure où sont exposés quatre cabinets. Celui du Laocoon et sa sculpture, celui d’Apollon et sa statue, celui de Persée et sa tête de Méduse et deux pugilats Kreugante et Damoxène, celui d’Hermès et sa statue.

La salle des animaux contient des reproductions d’animaux de marbre et d’albâtre.

La galerie des statues de nombreuses œuvres montre l’Apollon Saurochtone et l’Ariane endormie de la période hellénistique.

La galerie des bustes présente celui d’Auguste qui est le joyau de cette galerie.

La galerie des masques permet d’admirer celui d’Aphrodite et de la célèbre Vénus de Snyde, la plus belle des statues grecques.

La salle des Muses est décorée de colonnes corinthiennes, de bustes et de statues de personnages mythologiques. Au centre la fameuse statue du Torse, premier siècle signée par l’Athénien Apollonos.

La salle ronde offre la magnifique vasque de porphyre de 4 mètres de diamètre, la plus somptueuse des musées du vatican. La mosaïque du sol fut trouvée à Otricoli et la statue colossale de Antinous provient de Palestrina.

La salle en croix grecque présente deux sarcophages de porphyre dont l’un contient le corps de Sainte Hélène et l’autre, celui de Sainte Constance, fille de Constantin.   

La bibliothèque

La bibliothèque vaticane est la première d’Europe sur le plan chronologique mais aussi pour la richesse de ses manuscrits et de ses rares pièces bibliographiques. Dans la riche salle sixtine sont exposés d’anciens documents comme le code de la Bible du 4e siècle, l’évangile selon Saint-Mathieu du 6e siècle, quatre exemplaires de Virgile du 3e au cinquième siècle, une grande partie du de Repubblica de Cicéron, le commentaire super psalmos de Saint Augustin du 7e et du 9e siècle.

Parmi toutes les fresques, il y a celles des noces aldobrandini réalisées à l’époque d’Auguste et qui représentent les préparatifs des noces d’Alexandre le Grand avec Roxane.

 

 

 

Les chambres de Raphaël

À peine arrivé à Rome, Raphaël fut présenté à Jules II par Bramante. Quelques chambres situées au-dessus des appartements Borgia avaient déjà été peintes par Pérugin, Sodome et autres peintres. Le Pape décida de les faire gratter pour faire exécuter de nouvelles fresques au jeune Raphaël.

La chambre Constantin représente la vie légendaire de cet empereur. Mais aucune des figures qui y paraissent n’ont été peintes par Raphaël qui n’en avait préparé que les dessins avant sa mort en 1520.

La chambre d’Héliodore fut peinte par Raphaël de 1511 à 1514 et se nomme le châtiment d’Héliodore. L’esprit des sujets de cette pièce contribue entièrement à la glorification de la papauté. Il y a le miracle de Bolsène, la libération de Sainte Pierre de sa prison, la rencontre d’Attila.

Dans la troisième chambre, on admire la dispute du saint-Sacrement, l’école d’Athènes, le Parnasse célèbre mont grec où les muses aimaient se rassembler.

La dernière pièce montre l’incendie du Borgo, peinte du temps de Léon X, représentant l’incendie qui éclata dans la cité léonine et qui fut miraculeusement éteint pat Léon IV en faisant un signe de croix, la victoire de Léon IV sur les Sarrasins.

LA CHAPELLE SIXTINE

La chapelle Sixtine fut réalisée de 1475 à 1483 par l’architecte Giovanni de Dolci. La décoration picturale, commencée en 1481, transforma cette chapelle très austère en précieuse pinacothèque de la Renaissance italienne.

C’est le pape Sixte IV qui chargea les plus grands peintres de l’époque, Pérugin, Botticelli, Ghirlandaio et Cosimo Rosselli de représenter les épisodes parallèles de l’Ancien et du Nouveau Testament qui se font face sur la bande centrale des deux murs. On y voit la vie de Moïse et de l’autre côté la vie du Christ. Il est donc intéressant de les comparer et de faire la visite de la chapelle en passant alternativement d’un côté à l’autre :

. Le passage de la mer rouge exalte les grandes victoires pontificales de Sixte IV sur les Napolitains, tandis que du côté opposé nous trouvons l’appel des premier apôtres de Ghirlandaio qui fut le maître de Michel-Ange.

  

. Dieu donne les tables de loi à Moïse et de l’autre côté, c’est le discours sur la montagne.

 

. Les tableaux de Botticelli présentent Coré, Dathan et Abiron face à la remise des clefs à Saint Pierre de Pérugin, maître de Raphaël.

 

. Le testament et la mort de Moïse et à droite Roselli a réalisé la dernière Cène.

 

. Au maître-autel, Signorelli peignit la querelle sur le corps de Moïse pour la série de l’ancien Testament et Ghirlandaio choisit pour la période évangélique de peindre la résurrection de Jésus.

 

La cantoria et la balaustra sont des œuvres de Mino da Fiesole et Giovanni Dalmata.

 

En 1508, Jules II donna l’ordre au jeune Michel-Ange de peindre le plafond de la chapelle Sixtine. De mai de cette année à 1512, Michel-Ange réalisa ce gigantesque travail à partir d’une base teintée de bleu avec des étoiles dorées. La surface à peindre était de 800 mètres carrés. Michel-Ange superposa à l’architecture réelle une architecture peinte où il plaça, en jouant d’effets tridimensionnels, les divers éléments figuratifs. Ce fut une invention révolutionnaire. Toutes les figures, prophètes et sybilles, sont des créations de cet artiste titanique qui sut mêler la peinture, la sculpture et l’architecture en exploitant la conception particulière de la voûte pour y insérer les imposants personnages dynamiques.

 

Dans cet ensemble complexe, Michel-Ange inséra une série de neuf fresques représentant les épisodes de la Genèse qui se suivent par ordre chronologique du maître-autel au mur d’entrée. Ce sont : la séparation de la lumière et des ténèbres, la création du soleil et de la lune, la création des arbres et des plantes, la création de l’homme, la création d’Ève, la chute de l’homme, la sacrifice de Noé, le déluge et l’ivresse de Noé.  

 

La partie de la fresque sur la création de l’homme est la scène centrale et, à elle seule, suffirait à immortaliser son auteur. La création est un acte sublime et est exprimé par un simple toucher du bout des doigts à travers lesquels semble passer une véritable force vitale entre le Créateur et Adam.

 

La fresque se termine par une note d’un pessimisme amer sur les misères de la nature humaine.

 

Vingt-trois ans s’écoulèrent après la décoration du plafond avant que Michel-Ange ne réalise, sur le maître-autel de la chapelle Sixtine, le Jugement dernier. Durant cette période, le monde chrétien fut transformé par la réforme luthérienne et Rome subit le sac le plus terrible de son histoire.

 

C’est une œuvre absolument unique, inimitable et grandiose qui conquiert et domine grâce à la splendide audace de son Créateur qui y mit toute sa force. Le « Jugement dernier » est le résumé de la Divine Comédie et l’explosion picturale du « Dies irae ». Michel-Ange le commença en 1535 à la demande de Paul III et son travail dura six ans. Trois cents personnages peuplent un dessin stupéfiant par sa cohérence et sa clarté, où l’espace est organisé selon une véritable architecture de figures.

 

La scène grandiose est dominée par le Christ, juge implacable, le bras droit élevé comme pour condamner. La sentence : « Allez vous-en, maudits ! » n’est écrite nulle part mais, il nous semble l’entendre. La Vierge, à son côté, constitue le lien toujours vivant entre le Christ et l’humanité.  Les autres personnages de la cour céleste sont les prophètes, les apôtres et les martyrs. À droite du Messie, les élus; à gauche les condamnés.

 

Dans le ciel, entre les lunettes, une foule d’anges portent les instruments de la Passion. En bas, à gauche, c’est la scène de la Résurrection des morts. Au centre, un groupe d’anges portent le livre du jugement, sonnent de la trompette, tandis que les morts soulèvent les couvercles de leurs tombeaux pour se retrouver dans la vallée de Josaphat. Et tandis que les anges montent au ciel, au milieu de la rage impuissante des démons, les méchants sont précipités dans l’abîme où les attendent Caron avec sa barque et Minos, juge des Enfers.

 

Constamment remplie de visiteurs, la chapelle Sixtine reste fermée au public lorsque s’y déroule un conclave convoqué après la mort d’un pape pour en élire un autre. C’est depuis la fin de la construction de la chapelle au 15e siècle qu’elle devint, grâce à sa structure compacte et fortifiée, le lieu particulièrement apte au secret de cette assemblée élective. Au 16e siècle, elle partagea ce privilège avec le palais Quirinal. Mais après la prise de Rome par les Italiens, en 1870, la chapelle Sixtine retrouva par le biais de la fumée émise par les bulletins brûlés après chaque tour de scrutin. Pour un vote négatif, la fumée est noire grâce à une substance qui est ajoutée aux bulletins. Au contraire, si le pape est élu, seuls les bulletins sont brûlés, ce qui produit une fumée blanche.

 

La chapelle papale fut dès le début le centre de la musique sacrée. On y fonda la musique de chambre dès le 16e siècle.

 

En 1980, un gigantesque travail de restauration des fresques a été réalisé et a duré douze ans. Cela a permis aux spécialistes de revoir la théorie selon laquelle Michel-Ange accordait davantage d’importance au dessin qu’à la couleur. Il y a eu aussi le débat entre ceux qui estiment que toute intervention de restauration doit tenir compte de la « 4e dimension » qu’est le temps, donc favorable au maintien de la patine perceptible et ceux qui considèrent que doit prévaloir l’exigence de restituer, lorsque c’est possible, l’œuvre d’art dans sa réalité originelle.

 

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