Une face de l'algérie

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jeudi 6 octobre 2005

Une face de l'Algérie

Triste


 

J’ai reçu hier un commentaire d’un ami algérien qui est à mes yeux un homme très crédible: 

 

J'ai passé plus d'un mois cet été en Algérie et, durant tout ce temps, je n'ai pas rencontré une seule personne, quelque soit son niveau social, qui est satisfaite de la situation de son pays.

 

En particulier sur le plan social. La vie devient de plus en plus difficile malgré la soit-disante manne du pétrole. Les logements sont inaccessibles, le coût de la vie devient de plus en plus cher, et les emplois rares. La seule activité économique florissante est la vente des produits importés. J'ai vu des femmes chinoises installer leurs stands de vente de pacotilles dans un grand marché public à Alger même. J'ai aussi trouvé un africain, probablement Malien, réparant les chaussures à l’entrée d’un appartement en plein centre de la ville.

 

Par ailleurs, j’ai eu l'occasion de discuter avec un maçon. Il n'a pas vu sa famille depuis plus de 6 mois. Il est de la région de Constantine où il a quelques arpents de terre mais est incapable de nourrir sa famille avec ses produits agricoles. Ne trouvant pas de travail dans sa région, il a décidé d'émigrer à Alger pour en chercher comme maçon. Il semble gagner sa vie mais vit dans des conditions inhumaines. Il dort à ciel ouvert dans les chantiers de construction afin d’épargner chaque sous pour permettre à sa famille de survivre l'hiver prochain. Un beau matin, il m’a admis qu’il ne demande à son pays que la permission d'émigrer n'importe où dans le monde, tellement il est fatigué de toutes les tracasseries de la vie en Algérie. Et pourtant cet individu ne sait lire ni écrire, et malgré ce handicap veut partir plutôt que de continuer à se battre pour sa survie dans son pays. Son histoire m'a vraiment fendu le coeur. Voilà un Algérien qui ne demande qu'à travailler et gagner sa vie honnêtement. Mais il n'a même pas cette chance, alors qu'il est un excellent maçon et très consciencieux dans son travail. Aujourd'hui, ce pauvre Larbi, c'est son nom, est obligé de faire plus de 600 km pour venir travailler à Alger et dormir à la belle étoile pour pouvoir subvenir modestement aux besoins de sa famille.

 

Tout, au moment où l'Algérie connaît une aisance financière sans pareille, puisque l'on estime ses réserves en devises à plus de 50 milliards de dollars.

 

Et pendant ce temps là, alors que les priorités du pays sont clairement ailleurs, le président Bouteflika a fait un référendum pour pardonner aux islamistes qui ont tués 150,000 Algériens durant les derniers vingt ans.  

 

Sur la question du référendum, voici ce que mon ami m’a écrit :

 

Durant mon séjour, j'ai constaté que peu de personnes défendaient ouvertement ce référendum. Nous avons un état policier et pourri plus que jamais. Les résultats du référendum sont décidés au plus haut sommet du pouvoir et personne n'est en mesure de contredire les résultats affichés par les autorités algériennes.

 

La pauvre Algérie n’en finira donc jamais de souffrir.

 

Claude Dupras