vendredi 12 mai 2006   
Boisclair coincé !
Surpris


 

Pour une fois que je suis en accord avec Marc Brière et ses amis séparatistes, voilà que le chef péquiste André Boisclair rejette du revers de la main leur récent Manifeste qui me semble pourtant très réaliste. Anciens gros canons de la cause, les Boivin, Jasmin, Beauchemin, Lachapelle, Milner et plusieurs autres qui ont œuvré cœur et âme pour la séparation du Québec dans le passé, reconnaissent enfin que la règle du « 50% plus une voix » pour l’accession à la souveraineté rend « la position du Québec… fragile et que le résultat du référendum serait si ouvert à la contestation que la situation pourrait être intenable et insoutenable pour une majorité de Québécois ». Il y a longtemps que je pense cela et je suis heureux de voir que des hommes d’expérience qui ont toujours démontré leur sincérité, viennent sur la place publique exprimer leur crainte à leurs concitoyens. Ils s’ajoutent aux Michel Tremblay et Michel Lepage qui ont récemment montré leur vraie pensée.

 

Boisclair ne cesse de dire, depuis la campagne au leadership qu’il a gagnée, qu’il n’a aucunement l’intention de modifier le programme actuel du Parti Québécois. Avec la défaveur que connaît l’option séparatiste dans l’opinion publique, les signataires du Manifeste savent que Boisclair s’en va directement à « l’abattoir » s’il propose un référendum « sine qua non » lors la prochaine campagne électorale du Québec. Ils lui offrent une voie de sortie pour cette promesse irréaliste, mais Boisclair ne semble pas vouloir la prendre. Je demeure cependant convaincu, que le temps venu, réalisant que le peuple québécois n’est pas favorable à un autre référendum et à la cause séparatiste, il corrigera son tir dans la plateforme électorale du parti qui sera à l’encontre de l’orientation du programme. Ce jour-là, il sera attaqué de front par les « purs et durs » de son parti et ce ne sera pas drôle. Il est coincé. 

 

Claude Dupras