vendredi 26 mai 2006   
un mauvais film !
Triste


 

Il est désappointant de voir notre pays critiqué à l’étranger. Nous avons toujours maintenu l’image d’un pays progressif, d’avant-garde et respectueux des décisions des organismes mondiaux. Lorsque nous donnions notre parole nous la respections.

 

Le Canada a joué un rôle-moteur pour une action internationale en rapport avec la protection de l’environnement atmosphérique. Il fut l’initiateur et l’hôte du Protocole de Montréal en 1987 qui visait à tenir compte de l’appauvrissement de la couche d’ozone et accueillait à Toronto, l’année suivante, la première conférence scientifique sur le réchauffement climatique. Le PM Brian Mulroney amena les questions du réchauffement climatique, pour la première fois, à l’ordre du jour du G7 au sommet de Toronto en 1988 et à celui de Paris en 1989 où il fut appelé à rédiger la section environnement du communiqué final. Le Canada prit alors des engagements importants afin de réduire et de stabiliser les gaz à effets de serre en l’an 2000 au même niveau que 1990. Les Québécois ont contribué énormément à donner une importance à ce problème au sein du gouvernement fédéral puisque Lucien Bouchard et Jean Charest furent à tour de rôle ministre de l’Environnement et Arthur Campeau devint ambassadeur à l’environnement et au développement durable. Depuis, notre pays s’est doté de structures institutionnelles afin de répondre à ses politiques et à ses engagements internationaux. Le Canada a signé le Protocole de Kyoto en 1998 avec 160 autres pays. Si celui-ci n’entre pas en vigueur, faute de l’application par les parlements nationaux, cela se traduira par un retard dangereux dans l’application de mesures destinées à réduire l’amplitude des changements climatiques futurs et les risques qui y sont associés.

 

Malheureusement, il semble que le PM Harper ne veuille pas l’appliquer. Il exprime la crainte que cela affectera l’économie canadienne et les emplois. C’est le discours des grandes entreprises pétrolifères et des intérêts anti-environnementalistes. La nouvelle position du Canada sur Kyoto a vite fait le tour de la planète et nous fait mal. Hier, les groupes internationaux d’environnementalistes ont dénoncé notre pays, dans une conférence de presse tenue spécifiquement sur la nouvelle position canadienne.

 

Le Québec s’oppose à la direction que prend Harper et veut réunir les provinces pour faire pression sur le Premier ministre. La plupart le suivront, sauf évidemment l’Alberta, province du PM, dont les compagnies pétrolifères s’opposent au protocole.

 

Je crois que le débat canadien devrait porter sur les arguments du PM Harper. Les Canadiens méritent de mieux se faire expliquer et d’avoir l’opportunité de débattre sur les conséquences économiques de l’application du Protocole de Kyoto sur nos grandes entreprises, à cause des coûts faramineux qu’elles devront engager pour se conformer aux nouvelles normes, et les répercussions sur l’emploi au pays qui en découleront. Le problème du réchauffement de la planète est crucial. Il faut trouver le moyen de convaincre et d’aider les plus pollueurs à s’y soumettre. Il y a sûrement moyen.

 

«Lorsque je regarde ce qui se passe au Canada, je vois les politiques pro-compagnies pétrolières et anti-environnement de George W. Bush », a lancé hier Gary Cook, directeur des groupes environnementalistes CAN-USA. « J'ai l'impression de revoir un mauvais film pour la deuxième fois ».

 

Claude Dupras