le 9 septembre 2007


Cette conversation porte sur le président vénézuélien Hugo Chavez, son travail et ses relations combatives avec les USA.

Le 9 septembre 2007

Mon cher ami Claude

Voila des mois que nous n’avons pas rĂ©ellement discutĂ©
des grands problemes internationaux qui se déroulent
devant nos yeux.

Oui et cela me manque. Je suis débordé de travail avec la mise à jour constante de mon site Internet, mon blog et ma chronique mais nonobstant tout cela j’ai toujours aimé nos échanges et je compte qu’elles durent encore longtemps.

Mais ce soir j’ai vu sur France 24
heures un programme concernant la visite officielle
d’Hugo Chavez en Colombie. Et cela m’a amene a
t’Ă©crire ce message. Je ne crois pas que depuis le
fameux Bolivar qui voulait liberer toute l’amerique du
sud nous avons vu un homme d’etat de la stature de cet
individu qui est sorti du Venerzuella ( ce qui m’a
drollement etonne etant donne que le venezuella n’a
jamais joue un role imporant dans le passe de ce sous
continent a ce jour).

Oui, Chavez est vraiment exceptionnel. Je connais un peu ce pays y ayant séjourné, il y a quelques années, deux fois. J’y ai remarqué une pauvreté comme nulle part ailleurs. La différence entre les riches et les pauvres y est si grande qu’elle est choquante. Une pauvreté pas comme ailleurs. Une pauvreté agressive et épeurant. Dès l’arrivée à l’aéroport, de pauvres jeunes hommes se battaient littéralement pour savoir lequel prendrait ma valise. Dans la marina, bien gardé, il y avait là aussi des pauvres qui avec une insistance hors de l’ordinaire voulaient absolument se faire engager pour des travaux. Ils avaient faim. Ils étaient prêts à tout pour survivre. Dans Caracas, nous étions partout sollicités. Les étudiants le soir, faute de livres, écrivaient leurs devoirs sur les grandes vitrines des grands magasins. Les pauvres étaient amaigris, nerveux, sales, habillées de vêtements usés à la corde, etc.. Ils faisaient pitié. J’ai vite compris que la corruption était maîtresse au Venezuela et que les pauvres étaient laissés pour compte. Les favelas sur les collines des montagnes étaient une démonstration frappante du mode de vie de la majorité des gens de ce pays. Nous voulions les visiter mais les organisations de touristes nous le déconseillaient. Nous étions révoltés de cette situation. Je voyais en ville la statue de Simon Bolivar et je me demandais ce qu’il ferait dans la situation que je constatais. Eh bien! Je le sais maintenant, car le nouveau Bolivar est arrivé et à l’œuvre. C’est Hugo Chavez.

Mais ce qui m’a vraiment etonne
par Chavez c’est qu’il m’a rappele beaucoup le colonel
Boumedienne qui a tout d’abord chasse Ben bella qui
etait completement fou et qui a essaye pendant plus de
10 ans a construire un etat nouveau moderne en
algerie. Nous avons bien entendu vu les resultats de
tous ses efforts. Mais je crois tout de meme que
Chavez est un peu different de boumedienne bien qu’il
a au fond de lui meme les memes ambitions (Boumediene
voulait liberer tout les peuples sous developpes, et
Chavez veut maintenant liberer l’amerique du sud de la
domination americaine en particulier. ).

Oui, il est le nouveau libérateur. Et je le crois. Dès sa jeunesse il exprimait des sentiments de libération de son pays du joug économique imposé par le système américain. Il dénonçait les conditions des pauvres de son pays. Il avait, comme tu dis, les mêmes sentiments que Boumediene. Par contre, il semble vouloir prendre les bouchées trop grosses. Son pays demande tout son attention et de le voir s’éparpiller, dans une campagne anti-US afin d’aider tous les pays sous-développés de l’Amérique du Sud, m’inquiète car ce défi est trop grand et irréaliste. J’espère qu’il concentrera sur son peuple et par l’exemple saura montrer aux peuples voisins ce qui peut être fait pour réellement aider la masse.

D’abord Chavez
a une societe qui est apres tout bien plus developpee
culturellement que celle que boumedienne gerait. En
suite le Venezuella a deja une grande experience du
monde capitaliste.

Oui c’est vrai, mais tout cela est limité à une minorité et sous le poids de la puissance économique et politique américaine. On l’a bien vu lorsque les USA ont tout fait pour le faire renvoyer de son poste de président. Eux qui prêchent la démocratie ne peuvent endurer un homme élu démocratiquement et capable de remplir sa tache. Ils ne l’aiment pas car il reconnaît les racines du mal de son pays. Cela les touche et ils regimbent. Ils ont agi de la même façon partout dans le monde et le dernier exemple est l’élection démocratique du Hamas qu’il ne cesse de dénigrer.

MĂŞme Chavez croit d’une certaine manière aux lois du marche.

Oui, il connaît les lois du marché et reconnaît qu’il doit les respecter dans sa façon d’agir lors des nationalisations qu’il a entrepris pour redonner le contrôle des ressources naturelles aux Vénézuéliens. Je n’aime pas cependant sa façon de faire. Il a suspendu les pouvoirs des élus, du parlement et s’est fait donner tous les pouvoirs. Peut être est-ce la seule façon dans un tel pays de faire ce qu’il faut faire pour corriger radicalement la situation. Surtout, si on veut aller vite et profiter du courant de sympathie de la population. Mais c’est quand même choquant pour un observateur de l’extérieur et surtout un occidental de constater la démocratie ainsi foulée au pied d’un président qui devient pour un certain temps un dictateur «dans l’intérêt de son peuple», dit-il. Je me console en pensant au dicton «aux grands maux, les grands remèdes» tout en me disant c’est temporaire et, que dans ce cas, la fin justifie les moyens.

Ce qui m’etonne tout de meme c’est les succes que Chavez
a jusqu’a maintenant realise tout autour de son pays. Il est
vraiment difficile pour moi de voire un Chavez recu comme un
hero dans un pays comme la Colombie par exemple. Est ce que l’experience de Chavez va s’etendre a
traveres toute l’amerique du sud? Dieu seul peut nous
donner la reponse a cette question. Mais je lui rend
tout de meme homage pour son devouement a la
liberation de non seulement son pays mais de toute
l’amerique du sud.

Il a fait déjà beaucoup en redonnant à un grand nombre de Sud-Américains l’espoir d’avoir une voix au chapitre. Mais à ce jour, il n’a pas réussi à faire élire, à la tête de ces pays, les hommes dans lesquels il croyait. Certes, il y a des leaders de gauches et socialisants dans plusieurs pays mais ils ont été élus grâce un sentiment nouveau qui balaie le continent sud-américain. Je ne crois pas que ce sentiment soit l’effet Chavez, même si ce dernier fait tout pour l’alimenter, mais est simplement le retour du balancier politique dans ces régions qui en plus est influencer par le sentiment d’indépendance qui règne sur la planète et qui anime tellement ses habitants, quelque soit leur pays.

Tout va bien pour Chavez. Il se veut le nouveau Castro, et il le sera peut être dans son pays. Mais pas de la même façon puisqu’il n’ira pas aussi loin en imposant un système communiste car les Vénézuéliens ont, comme tu dis, une société culturellement développé qui connaît bien le capitaliste, et Chavez le sait.

Ce que je crains, c’est la balle d’un assassin. Chavez est unique. Il est intelligent, fort, capable, bon stratège mais a surtout la volonté profonde de faire ce qu’il pense doit être fait. Et cela à tout prix. S’il disparaissait, le parlement reprendrait ses pouvoirs, la bisbille parlementaire retrouverait ses galons, et qui sait ce qui arrivera à la prochaine élection. Chavez est l’homme de la situation. Sans lui, tout redevient normal pour nombreux groupes d’intérêts (incluant les USA) qui ont intérêt à ce que ce soit ainsi. Ils se foutent des pauvres, de la masse. Ils ne pensent qu’à leurs pouvoirs, leurs profits et font tout pour l’obtenir. C’est l’histoire de l’Amérique latine et ses racines de corruption sont bien implantées. Je m’attends, chaque matin, à apprendre que Chavez a été tué. Ce serait fort malheureux pour les Vénézuéliens et pour les gens de leur continent. J’espère que cela n’arrivera pas car, ce jour-là, la démocratie reculera, et je dis cela nonobstant le fait que Chavez s’est fait donné tous les pouvoirs.

Je suis tres content de voire que toi et
moi voyons tout de meme un meme individu de l’amerique
latine ressembler de plus en plus au plus grand hero
de cette hemisphere a savoir Simon Bolivar. Comme tu
dis dans ma grande inquietude vis a vis de
Chavez c’est qu’il commence a vouloir beaucoup plus
que ce qu’il peut vraiment digerer. Ce n’est pas la
premiere fois qu’un homme politique de l’amerique
latine a essaye de chasser les usa et leur influence
sur leurs societes ( il suffit de souvenir du
president Alliende du chili ou meme du president du
Nicaragua, qui ont tous mal fini d’une maniere ou
d’une autre).

Je suis entierement d’accord avec toi
que Chavez devrait se concentrer au maximum sur les
problemes des pauvres de son pays qui l’ont apres tout
non seuelement elu en tant que president mais qui
l’avaient libere des coups bas des usa. Je me souviens
des discusisons que j’avais avec mes amis en algerie
durant les annees 70.

Des le debut de l’envollee lyrique de boumedienne pour mobiliser
tout le tiers-monde contre le reste du monde je savais qu’il
n’allait pas pouvoir aller tres loin avec cette
vision, meme si au fond tout ce qu’il disait etait
vrai.

A l’ecole primaire ou on commence a connaitre
les fables de La Fontaine tout comme au plus hauts
sommets du pouvoir politique nous devons toujours nous
rappeler que la loi des plus forts est toujours la
meilleure du moins a court et moyen terme.

De vl’autre cote il faut reconnaitre que pour se
defendre contre les intentions ouvertes ou camouflees
des usa vis a vis de Chavez, ce dernier a peut etre
interet a construire tout de meme une barriere
diplomatique contre toute possibilite d’une
intervention militaire ou clandestine americaine pour
le relever du pouvoir au venezuela. Je t’avoue que je
n’ai pas de reponse pour ou contre une telle
initiative militante a travers toute l’amerique
latine, comme Chavez le fait depuis plus de deux ans
maintenant.

Ă  bientĂ´t

Mansou

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